Classée 13e aux États-Unis, l'équipe masculine de volleyball de l'Université Harvard est à Québec pour affronter le Rouge et Or afin de peaufiner sa préparation pour la saison à venir. L' entraîneur Brian Baise espère que briser la routine de son équipe l'aidera à se rendre au championnat national de la NCAA.

Volleyball: l'aura de l'Université Harvard

L'équipe masculine de volleyball de Harvard est débarquée à Québec avec un alignement réduit à 13 joueurs. Pas à cause des blessures. Pas que le Crimson ne prenne pas le Rouge et Or au sérieux. C'est juste comme ça, à Harvard. Le recrutement est ardu.
On croirait que l'une des universités les plus prestigieuses au monde n'a pas de difficulté à attirer les meilleurs athlètes. Faux. Les critères d'admission sont tellement élevés que les refus de la part de l'institution ne sont pas rares.
«Pour un entraîneur, c'est tout un défi!» admet d'emblée Brian Baise, coach en chef du volley masculin du Crimson pour une sixième saison. «La question scolaire est la première chose que j'aborde. Le plus difficile, c'est de les faire entrer.»
D'autres joueurs n'osent même pas tenter leur chance, trop peur de s'y casser les dents. «Parfois, c'est moi qui dois les convaincre. S'ils ont la volonté de travailler, s'ils allient des intérêts intellectuels et sportifs, ce que nous offrons est unique! Et je leur explique aussi ce que d'avoir un diplôme de Harvard signifie», fait valoir ce Californien diplômé de Princeton, grande rivale située au New Jersey.
Au lieu d'aligner 15 athlètes, Baise n'en a donc que 13. «On les garde en santé!» assure le patron, déplorant un «manque de profondeur» par rapport à ses adversaires. Le Crimson n'a quand même perdu qu'un seul de ses six partants de l'an passé, alors qu'il s'était incliné en finale de ligue contre Penn State. Le nouveau passeur partant, Nick Bendell, est l'une des trois recrues.
«Nos joueurs sont fiers d'enfiler l'uniforme de Harvard, mais on ne parle pas trop du prestige rattaché au nom. Au coup de sifflet, il y a deux équipes qui veulent gagner. Ça revient à ça», résume le coach.
Dépaysés à Québec
Les résidants de Boston sont venus trouver du dépaysement, à Québec, mercredi et jeudi. Rien à voir avec les grandes étendues de neige, l'Europe en Amérique ou le Château Frontenac.
Les sept heures et demie d'autocar de mardi servent à placer les joueurs dans des situations nouvelles, inhabituelles. «Notre but est de gagner notre championnat de ligue et d'aller au championnat national», explique Baise. «Venir à l'Université Laval nous donne l'occasion de jouer dans un endroit différent, contre une équipe qu'on ne connaît pas, ce qu'il faudra faire si on veut se rendre au bout. Ça brise notre routine. Tu ne dors pas dans ton lit et tu dois performer quand même.»
Classé 13e aux États-Unis, le Crimson amorce sa saison régulière de 25 matchs le 24 janvier, contre Lewis (8e). Il arrive d'un tournoi en Californie, où il a perdu 3-1 contre Long Beach State (1er). Baise estime le niveau de jeu du Rouge et Or comparable aux meilleures formations de la NCAA.
La dernière visite des volleyeurs de Harvard au Canada remonte au milieu des années 80, selon Baise. Le passeur recrue Samuel Murphy vient de Winnipeg. Deux Torontois ont aussi porté le chandail du Crimson au cours des dernières années.
Le Rouge et Or est champion canadien universitaire en titre et sixième au Canada. Il ne s'est pas laissé intimidé par l'aura de Harvard, s'inclinant néanmoins 3-2 (21-25, 25-21, 18-25, 27-25 et 15-12) dans le premier match amical. En l'absence de l'attaquant étoile Tommy Bélisle, blessé au dos, Olivier Jannini a pris les rênes offensives avec 28 attaques marquantes, un record d'équipe cette saison.