En signant une prolongation de contrat de huit ans, qui lui rapportera 56 millions $, le défenseur Marc-Édouard Vlasic s'est pratiquement assuré de terminer sa carrière à San Jose.

Vlasic, Sharks pour toujours

Pièce maîtresse de la brigade défensive des Sharks de San Jose avec Brent Burns, Marc-Édouard Vlasic a accepté samedi une prolongation de contrat de huit ans d'une valeur de 56 millions $, qui devrait lui permettre de terminer sa carrière avec la formation qui l'a repêché.
Ce nouveau pacte survient un an avant que ne prenne fin l'entente de cinq ans évaluée à 21 millions $ qui liait le défenseur d'origine montréalaise à l'organisation californienne depuis 2012.
«Tout l'aspect contrat, ça s'est fait rapidement. Les deux bords étaient satisfaits d'où on était rendus dans notre association. De mon côté, je voulais signer à long terme et ça m'amène jusqu'à 39 ans. Rendu à ce point-là, je pourrai prendre ma retraite ou jouer encore quelques années. On verra. Ça me fera 20 ans avec la même équipe, une équipe compétitive, avec de très bons joueurs», a raconté l'ancienne étoile des Remparts de Québec.
N'ayant jamais exploré le marché des agents libres, Vlasic s'est tout de même questionné - quoique très peu longtemps! - sur ce qui attendait les Sharks dans les années à venir, avant d'apposer sa signature sur ce nouveau contrat.
«À San Jose, on n'a pas gagné encore, mais on est compétitifs chaque année. Si je prenais la chance d'aller ailleurs, est-ce que ça aurait été mieux? Pas nécessairement. Et puis à San Jose, je suis établi. J'ai ma place. J'ai un gros rôle. Est-ce que j'aurais pris la chance que ça ne fonctionne pas ailleurs? Ou est-ce que je reste avec une équipe compétitive pour les huit prochaines années? Je connais la ville, l'organisation, les joueurs, le coach. Je suis très bien traité. Tous ces aspects-là ont fait que j'ai décidé de rester à San Jose», a-t-il exposé.
En lui consentant cette prolongation, les Sharks envoient de leur côté le signal que Vlasic fera encore longtemps partie du noyau de l'équipe.
«Nous sommes emballés de nous être entendus tôt sur les termes de cette extension et de nous être assurés que l'un des meilleurs défenseurs de la ligue puisse demeurer à San Jose pour de nombreuses années. Marc-Édouard et [le propriétaire] Hasso Plattner ont été proactifs pour que cette entente se concrétise maintenant, ce qui nous permet de solidifier notre ligne bleue pour des années à venir», a commenté le directeur général Doug Wilson.
Marque de confiance
Il s'agit pour Vlasic, qui bénéficiera d'un salaire annuel moyen de 7 millions $, d'une belle marque de confiance de la part de ses patrons, qui ont également alloué une prolongation de contrat de six ans estimée à 34,5 millions $ au gardien de but Martin Jones.
«C'est un beau message qu'ils me donnent en me signant huit ans. Et c'est un beau message qu'il me donne en me signant pour la quatrième fois un an avant que mon contrat ne finisse. Ils veulent que je reste à San Jose. Et moi, je voulais rester. [Pour ce qui est des termes de l'entente], je voulais faire partie des meilleurs défenseurs de la ligue, pas juste avec mon jeu, mais avec mon contrat aussi. Et c'est ça que ça donne.»
Marc-Édouard Vlasic était par ailleurs curieux de voir samedi ce qu'il adviendrait de ses coéquipiers Joe Thornton et Patrick Marleau, tous deux joueurs autonomes, lors de l'ouverture du marché. «Jumbo Joe» s'est finalement entendu sur un contrat estimé à plus de 6 millions $ pour un an avec les Sharks.
«Marleau a une femme, quatre enfants. Il va prendre le temps de penser à ses affaires. Il y a six ou sept équipes intéressées. Ça se peut aussi qu'il revienne à San Jose et toutes ces spéculations-là n'auront servi à rien. Pour nous autres, la saison n'est pas encore commencée, alors peu importe. On est prêts à ce qu'il soit avec nous, ou qu'il quitte. Parce que d'ici cinq ans, il va quitter de toute façon. Un moment donné, il faut passer à autre chose...»
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Confiant de pouvoir aller aux JO
Même si les dirigeants de la LNH se sont positionnés à l'encontre d'une participation aux prochains Jeux olympiques, Marc-Édouard Vlasic croit qu'il est toujours possible que les joueurs du circuit Bettman défendent les couleurs de leurs pays respectifs à PyeongChang, en février.
«Avec la Ligue nationale, c'est toujours un peu la même chose. Rien ne se dit et tout peut changer assez rapidement. Le calendrier est sorti et les arénas sont réservés. Mais ont-ils prévu un autre calendrier avec une pause olympique? C'est un peu comme lorsque les Thrashers d'Atlanta ont déménagé à Winnipeg. Ça s'est fait du jour au lendemain. Ce sera peut-être la même chose», a estimé d'entrée de jeu le défenseur des Sharks de San Jose, qui croit néanmoins qu'une décision finale devra être prise avant le mois d'octobre.
Le bras de fer qui persiste entre la Ligue nationale de hockey et ses interlocuteurs du Comité international olympique (CIO) bénéficiera éventuellement à la première, croit Vlasic.
«C'est peut-être un levier pour négocier, peut-être qu'ils vont dire "On ne vient pas en 2018" pour que les Olympiques les supplient de venir en 2022. Là, c'est la Ligue nationale qui aurait le gros bout du bâton... Je ne sais pas. Mais si moi je suis le président du CIO, je les barre à vie! Tu ne viens pas en 2018, tu ne reviens plus jamais!» lance-t-il, sans nuance.
Un partisan d'abord
Se décrivant d'abord comme un amateur de hockey, Vlasic s'oppose vigoureusement à l'absence des joueurs de la LNH aux prochains JO, dont le tournoi de hockey masculin est l'une des épreuves phares.
«Tout le monde pense que je veux y aller parce que je suis un joueur. Mais je pense aussi comme fan de hockey, comme un fan des Olympiques. [...] Je parle donc pour tout le monde. Je trouve qu'il y a beaucoup d'aspects qui font en sorte qu'on devrait y aller. Et je ne trouve pas de raison assez mauvaise pour ne pas y aller», a soutenu le médaillé d'or aux Jeux de Sotchi, en 2014.