Vladimir Guerrero Jr, qui avait seulement quatre ans lorsque son père a quitté Montréal pour signer un contrat à Anaheim, s’est dit heureux que les Blue Jays l’aient gardé dans la formation pour qu’il puisse jouer au Stade olympique.

Vladimir Guerrero Jr se souvient peu de Montréal

Quand on lui demande ce dont il se souvient le plus du Stade olympique alors qu'il y passait le plus clair de son temps pendant que son père faisait la pluie et le beau temps sur les losanges, Vladimir Guerrero fils n'hésite pas une seconde : «La machine à crème glacée!»

Cette réponse spontanée a semé l'hilarité parmi les nombreux journalistes sur place pour le match entre les Blue Jays et les Cardinals, lundi. «J'étais un peu déçu qu'elle n'y soit plus, je comptais un peu là-dessus! À toutes les fois que je venais ici, avant et pendant les matchs, je mangeais de la crème glacée!» a-t-il ajouté avec l’aide de son traducteur Josué Peley, un ancien des Capitales de Québec.

Le jeune homme a dû manger de la crème glacée à Anaheim également. Contrairement à son père, plutôt maigrichon à son arrivée dans les majeures, le troisième-but de 19 ans est plutôt bien en chair. D'ailleurs, ses souvenirs de Montréal sont décidément culinaires. À son arrivée dimanche soir, c'est une poutine qu'il s'est offert comme premier repas! De quoi faire rager l'équipe haute performance des Jays...

Si Guerrero n'a pas beaucoup de souvenirs de Montréal et de ses années passées ici — il avait quatre ans quand son père a signé comme joueur autonome à Anaheim —, il a affirmé que dès qu'il a mis les pieds dans le vestiaire, il s'est senti chez lui. Il était d'ailleurs bien heureux que les Blue Jays l'aient gardé dans sa formation pour ces deux rencontres.

«Aussitôt que les Blue Jays m'ont dit que j'allais venir, la première personne que j'ai appelée est mon père. Bien sûr que j'aimerais qu'il soit ici, mais je suis certain qu'il est très fier de moi.»

Élu au Temple de la renommée du baseball, où il portera toutefois la casquette des Angels d’Anaheim, papa Guerrero est possiblement le dernier Expos qui fera son entrée à Cooperstown. L’ex-voltigeur de droite a prétexté des raisons familiales pour son absence à Montréal, mais il appert que les communications et les négociations ont été difficiles avec le clan du Dominicain.

Plus discipliné que papa

Le paternel n'a pas donné beaucoup de conseils à son fils, mais le jeune Vladimir en retient un en particulier. «Il m'a dit de demeurer humble et d'avoir du plaisir à chaque fois que je joue au baseball. C'est ce que j'ai toujours fait et que je ferai toujours.»

Une chose est certaine : il montre une bien meilleure discipline que son père au bâton. «Quand j'étais petit, mon père me lançait la balle et un jour que j'ai frappé un lancer bas, la balle a rebondi sur mon nez. Je me suis alors juré que je ne m'élancerais que sur des lancers dans la zone des prises», a-t-il expliqué. «C'est ce que je tente de faire depuis.»

Il est déjà acquis que Guerrero et l'autre jeune sensation des Jays, Bo Bichette, amorceront la saison au niveau AA, avec les Fisher Cats du New Hampshire. En 2017, le premier a maintenu une moyenne de ,323 dans le A et le AA (13 circuits, 76 points produits), tandis que le second a frappé pour ,362 dans le A et le A fort. Il n'est toutefois pas exclu que les deux hommes puissent être rappelés en cours de saison.

«Tout ce qu'ils m'ont dit, c'est que j'allais dans le AA, et je trouve que c'est une très bonne décision», a sagement répondu Guerrero. «Je m'en vais y faire mon travail, et contrôler ce que je peux contrôler. Cette décision revient à l'équipe et je vais tenter de l'aider de toutes les façons dont je peux.»

«Je ne l'ai pas vu beaucoup, mais c'est un jeune qui a beaucoup potentiel», a indiqué Russell Martin. «Il a énormément de puissance, et il est très fiable défensivement. C'est un gars qui a un talent naturel, avec un peu plus de discipline que son père. C'est un joueur différent de son père, mais je crois qu'il sera très bon. Il ne manque pas grand-chose, peut-être juste un peu d'expérience dans les ligues mineures.

«Bo Bichette et lui, je crois que ce sont eux qui vont dicter leur date d'arrivée dans les majeures. S'ils ont du succès [au niveau AA], je ne crois pas que les Jays vont les faire attendre.»

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RETOUR DES EXPOS: RUSSELL MARTIN RESTE PRUDENT

Russell Martin souhaite le retour du baseball majeur à Montréal, mais ne sait pas à quel point de bonnes foules aux rencontres présaison disputées au Stade olympique peut faire une différence aux yeux des dirigeants du baseball majeur.

Russell Martin souhaite évidemment un retour du baseball majeur à Montréal. Mais il a préféré ne pas se mouiller à quelques heures du premier de deux matchs préparatoires entre les Blue Jays de Toronto et les Cardinals de St. Louis, lundi au Stade olympique.

«C'est complexe comme situation. Le fait qu'il y ait moins de billets vendus, je ne sais pas si c'est ce qui va changer quoi que ce soit. Même si ça avait été salle comble, je ne sais pas si ça changerait de quoi non plus. C'est une grosse business le baseball. Ce sont des questions pour Robert Manfred [le commissaire] : il en sait beaucoup plus que moi.

«En tant que Montréalais, j'aimerais ça avoir un club ici un jour. Je ne sais pas si le fait qu'on ait une mairesse et que ce ne soit pas une priorité pour elle... je ne sais pas si ça change quelque chose. Mais c'est sûr que ça aide si le maire est impliqué», a ajouté le receveur des Blue Jays.

Il admet que la question lui est souvent posée par ses propres coéquipiers. «Pas plus tard qu'aujourd'hui, les gars me demandaient si Montréal retrouverait son équipe. J'aimerais tellement avoir la réponse à cette question. Il y avait une équipe avant, alors sûrement qu'il pourrait y en avoir une de nouveau. Mais ce n'est pas ma décision. Que les partisans assistent aux matchs préparatoires, ça ne peut qu'aider le dossier.»

Martin n'a pas manqué de souligné que si le baseball devait revenir à Montréal, il aimerait être impliqué. Mais il n'a pas pour le moment pensé à une autre sorte d'implication, comme avec la Ligue Can-Am ou encore la Ligue de baseball élite du Québec. «Pour le moment, je n'ai pas pensé à ça. Je vais essayer de finir ma carrière en force, quand le moment viendra, ce seront des idées que j'explorerai. Mais je suis concentré sur les Jays et ma préparation pour la prochaine saison.»  La Presse canadienne