Après quelques combats amateurs, Vincent Auclair, qui sera dans le coin de Vincent Thibault, samedi, s’est rendu compte qu’il pourrait faire une meilleure carrière dans le monde de la boxe comme entraîneur que comme combattant.

Vincent Auclair, l'homme derrière l'autre Vincent

Dans le ring il y a Vincent et dans le coin, aussi Vincent. Vincent Auclair dirige Vincent Thibault et d’autres boxeurs pros, dont Clovis Drolet. Le natif de Beauport compte parmi les jeunes entraîneurs en ascension dans la boxe québécoise.

«C’est spécial de préparer quelqu’un à aller se battre, c’est quelque chose de très sérieux. Ce n’est pas conventionnel», observe d’entrée de jeu Auclair, pour signifier à la fois toute l’attention qu’il porte à son travail et tout le respect qu’il voue à ceux qui montent dans le ring.

Auclair sera en action samedi soir, au Centre Vidéotron. Son protégé et homonyme Thibault (4-0, 2 K.-O.) affronte l’expérimenté Argentin Carlos Adan Jerez (45-21-4, 18 K.-O.) en prélude du choc opposant David Lemieux à Karim Achour.

Il s’agit d’un retour à la maison pour l’entraîneur de 27 ans exilé à Montréal depuis 2015. Moment où après avoir appris les rudiments de la boxe d’abord comme athlète, puis comme entraîneur principalement auprès de Rémi Bizier et de sa famille au club Le Cogneur, Auclair a choisi de voler de ses propres ailes.

«J’avais besoin de quelque chose de nouveau», résume celui qui souhaitait se rapprocher d’un autre mentor, Rénald Boisvert, entraîneur-chef du club Champion, dans le quartier Rosemont.

Détenteur d’un baccalauréat en intervention sportive de l’Université Laval, il allait s’outiller d’un diplôme avancé en entraînement à l’Institut national du sport, situé au parc olympique.

Alors en préparation pour les Jeux panaméricains de 2015 et avec les Jeux olympiques de 2016 comme principale cible, Drolet était à ce moment son premier protégé d’élite. Le duo se connaissait depuis leurs débuts d’adolescents au club de boxe du quartier Courville, une succursale du club des Bizier de Saint-Émile menée par Patrick Claveau.

Trouver sa vraie place

Bon joueur de soccer et de basketball, Auclair avait entre-temps quitté la boxe pour mieux la retrouver quelques années plus tard. Vite convaincu, après sept combats amateurs, que sa place dans un gym de boxe se trouvait davantage au bord du ring.

«J’ai toujours aimé jongler avec les aspects tactique, technique et la planification qui mène au combat», explique celui qui a gagné son premier championnat canadien senior avec Drolet, en 2013.

«Quand je suis parti pour Montréal, ça allait de soi pour Clovis qu’il me suivait. On faisait déjà deux allers-retours Québec-Montréal chaque semaine pour du sparring, alors il comprenait les bénéfices.

«Mais je n’étais pas encore l’entraîneur principal de Vincent», poursuit Auclair. «C’était Samuel Décarie-Drolet, aussi au Cogneur. Puis Sam a déménagé à Montréal lui aussi, parce qu’il avait une offre avec Marc Ramsay. On est d’ailleurs colocataires, depuis. Vincent Thibault a suivi peu de temps après, quand il a vu les avantages pour l’entraînement et tout.»

D’abord unis dans la capitale, les quatre as sont maintenant bien établis dans la métropole, en tout ou en partie sous l’égide d’Eye of the Tiger Management, promoteur de la soirée de samedi.

Auclair a la responsabilité de quatre boxeurs professionnels en Thibault, Drolet, Terry Osias et Roodsy Vincent. Et avec Boisvert, qui lui conseille Junior Ulysse et Steven Butler, ils dirigent une trentaine de boxeurs amateurs de haut niveau «qui requièrent chacun autant de temps qu’un boxeur professionnel», calcule Auclair.

Luis Santana et Derek Pomerleau comptent parmi les espoirs les plus prometteurs du lot. La boxeuse de Saint-Émile Marie-Jeanne Parent, qui vient de participer aux Jeux du Commonwealth, s’ajoutera bientôt au groupe. 

Il s’inspire beaucoup de Boisvert, mais aussi d’un Ramsay, d’un Stéphan Larouche ou encore de l’Anglais Robert McCracken, qu’il a épié au quotidien pendant un camp d’entraînement international aux côtés de Drolet. Ancien coach de l’équipe olympique britannique, McCracken a été dans le coin de Carl Froch et maintenant d’Anthony Joshua, actuel roi des lourds.

Auclair reconnaît que comme les boxeurs, les coachs aussi rêvent de combats de championnat du monde. «On espère continuer sur notre lancée avec Clovis et Vincent, et si on place bien nos pions, tout est possible», conclut celui qui pourrait revoir ses deux poulains remonter entre les câbles le 23 juin, au Casino de Montréal.

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SOIRÉE LONGUE ET FERTILE EN VUE

Avec 12 combats au programme, l’affrontement entre le Québécois David Lemieux (38-4, 33 K.-O.) et le Français Karim Achour (26-4-3, 4 K.-O.) pour les titres WBC international et francophone des poids moyens (160 lb) pourrait s’amorcer autour de minuit, samedi, au Centre Vidéotron. La soirée s’annonce longue et fertile avec la première cloche à 18h.

La demi-finale entre le Néo-Écossais devenu Montréalais Custio Clayton (14-0, 10 K.-O.) et l’Anglais Stephen Danyo (14-0-3, 6 K.-O.) soulève l’intérêt, tout comme la présence en sous-carte de Batyr Jukembayev (12-0, 10 K.-O.) et d’Erik Bazinian (18-0, 13 K.-O.), que le promoteur Camille Estephan aimerait voir bientôt affronter Jean Pascal. Vincent Thibault (4-0, 2 K.-O.), chouchou local, Sébastien Roy (3-0, 1 K.-O.), de Thetford, Raphaël Courchesne (2-0, 1 K.-O.), de Saint--Hyacinthe, Ariane Goyette (débuts), de Longueuil, le géant Arslanbek Makhmudov (2-0, 2 K.-O.), Nurzat Sabirov (5-0, 5 K.-O.), Sadriddin Akhmedov (1-0, 1 K.-O.) et Andranik Grigoryan (5-0, 1 K.-O.) auront aussi la faveur du public. Thibault, Roy, Sabirov, Makhmudov et Akhmedov ont tous livré leur combat précédent à Québec, le 7 avril.