Shinji Kagawa a ouvert la marque sur un penalty à la 6e minute, aidant le Japon à devenir la première équipe asiatique à vaincre une équipe sud-américaine — la Colombie — au Mondial.

Victoire historique du Japon contre la Colombie

SARANSK — À dix contre onze pendant près d’une heure et demie, la Colombie s’est mise toute seule en grande difficulté : elle a perdu contre l’adversaire supposé le plus faible du groupe H, le Japon, par la marque de 2-1, mardi à Saransk. La perspective d’un deuxième tour s’éloigne déjà.

Le Japon est ainsi devenu la première équipe d’Asie à battre une équipe sud-américaine dans l’histoire de la Coupe du monde.

Les Cafeteros restaient sur une belle Coupe du monde 2014 : après un festival contre ces mêmes Japonais en phase de groupe (4-1), l’aventure s’était achevée en quarts de finale contre le Brésil avec un James Rodriguez en état de grâce.

Comme un symbole, la star du Bayern, de retour de blessure, était remplaçante au coup d’envoi. Et 90 minutes plus tard, l’édition 2018 commence bien mal pour les partenaires de Radamel Falcao, avec une défaite concédée malgré un joli coup franc de Juan Quintero (39e), sur des buts de Shinji Kagawa sur un penalty (6e) et Yuya Osako de la tête (73e).

Voilà déjà la Colombie en difficulté, alors que ses prochains adversaires, la Pologne de Robert Lewandowski le 24 juin et le Sénégal de Sadio Mané le 28, semblent encore plus redoutables que le Japon. D’autant qu’elle sera privée au moins pour le premier des deux matches de son milieu Carlos Sanchez, premier joueur exclu de cette Coupe du monde dès la 3e minute du match.

À dix dès la troisième minute

Le joueur de la Fiorentina s’est rendu coupable d’une main dans sa surface de but, pour contrer un tir de Kagawa alors que le gardien colombien, David Ospina, venait d’aller à terre. Annihilation d’une action de but évidente dans la surface, la sanction est claire : carton rouge et penalty.

«Nous sommes venus pour autre chose, nous voulions des débuts avec la victoire. Un match se prépare à 11 contre 11, et perdre en trois minutes un joueur aussi important n’est pas simple», a pesté le sélectionneur José Pékerman.

Le penalty a été transformé par Kagawa et la Colombie, à 10 contre 11 pendant le reste du match, a peiné pour revenir, malgré leurs efforts de son capitaine Falcao. Auteur d’une déviation poussant le gardien japonais Eiji Kawashima à une belle parade (12e), il n’est toutefois pour rien dans l’égalisation colombienne, œuvre de Quintero.

Joueur de River Plate, ce dernier a tiré à ras de terre, sous le mur, et Kawashima a laissé le ballon rentrer dans son but malgré ses dénégations. À 1-1 à la mi-temps, les Colombiens pouvaient s’estimer heureux, mais les assauts du Japon ont fini par être convertis en un but, sur corner et de la tête, donc.

Le résultat est plutôt logique vu le scénario du match, moins au vu du pedigree des deux adversaires. Mais le Japon s’est montré tranchant et s’affirme comme un prétendant aux huitièmes de finale, qu’il n’a atteint que deux fois, en 2002 et en 2010.