À gauche, Robert Lee, commentateur sportif à la chaîne américaine ESPN; à droite Robert E. Lee, commandant des troupes sudistes lors de la guerre de Sécession

Victime de son nom, Robert Lee ne commentera pas un match à Charlottesville

À vouloir éviter la polémique à tout prix, ESPN s'en est créé une. La chaîne sportive américaine a retiré à Robert Lee les commentaires d'un match de football, car il est l'homonyme de l'ancien général sudiste au coeur des récents événements dramatiques à Charlottesville.
C'est dans cette même ville de Virginie que le commentateur sportif devait couvrir le premier match de la saison de l'Université de Virginie, le 2 septembre. ESPN n'a pas caché qu'elle avait pris la décision controversée «simplement en raison de la coïncidence de son nom» avec Robert E. Lee, mort en 1870, l'ancien commandant les troupes des états esclavagistes durant la Guerre de Sécession.
Son nom est tragiquement revenu au coeur de l'actualité américaine il y a une dizaine de jours lorsque des sympathisants néonazis se sont rassemblés à Charlottesville, dans l'est américain, pour défendre sa statue menacée d'être déboulonnée. Le rassemblement a tourné au drame après des heurts entre les partisans de la suprématie blanche et des militants antiracistes lorsqu'un jeune suprémaciste a foncé dans la foule avec sa voiture, tuant une femme.
«Nous avons collectivement pris la décision avec Robert de changer de match au moment où les tragiques événements de Charlottesville se sont produits», a expliqué la chaîne dans un communiqué. «À ce moment-là, tout le monde a pensé que c'était la bonne décision.»
Mais la polémique a vite monté et la mésaventure de Robert Lee, qui commentera à la place le match entre Youngstown State et Pittsburgh, a fait l'objet d'innombrables railleries sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, l'internaute @Eric-RaceReview a ainsi écrit : «Si cette société ne peut pas faire la différence entre "Robert E Lee" d'il y a plus de 150 ans et le commentateur asiatique "Robert Lee", nous avons un sérieux problème».