Sebastian Vettel a signé sa 46e victoire en carrière, mais non sans peine. Il a dû lutter contre une direction capricieuse, mais bénéficié de l'aide de son coéquipier Kimi Räikkönen, plus rapide, qui a contenu Lewis Hamilton en fin de course.

Vettel peut dire merci à Räikkönen

En remportant dimanche le Grand Prix de Hongrie, Sebastian Vettel a repris un peu d'avance en tête du championnat, mais l'Allemand, victime de soucis mécaniques, peut remercier son équipier finlandais Kimi Räikkönen, qui l'a protégé de la menace des Mercedes.
Cette deuxième victoire en Hongrie de Vettel lui permet de devancer de quatorze points le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes), 4e dimanche, alors que la F1 va effectuer une longue pause estivale avant le prochain GP en Belgique fin août.
Il s'agit du 46e succès en carrière pour l'Allemand, qui a donc à la fois dû lutter contre une direction capricieuse et bénéficié de l'aide de Räikkönen, plus rapide, mais qui a contenu Lewis Hamilton en fin de course.
«Ce n'était pas facile, car après dix tours la direction partait un peu dans tous les sens», a expliqué le quadruple champion du monde.
«Même si vers la fin, c'est revenu un peu, j'ai, pendant une longue partie de la course, été contraint d'éviter les vibreurs pour ne pas abîmer encore plus la voiture», a-t-il ajouté.
L'Allemand, satisfait que Ferrari ait tiré comme prévu le meilleur du tourniquet hongrois, reste mesuré.
Garde du corps un peu spécial
Surtout que si Vettel a remporté dix de ses onze dernières courses débutées en pole, ce succès doit beaucoup à un garde du corps d'un genre un peu spécial.
Qu'il s'agisse de signer de rares autographes ou d'échanger avec les ingénieurs, Räikkönen est, au choix, grognon, bougon ou renfrogné.
Mais en observant sa performance de dimanche, on comprend pourquoi Vettel insiste pour garder le Finlandais de 37 ans comme équipier la saison prochaine.
«Iceman» n'a pas remporté sa première victoire depuis l'Australie en 2013, mais il a amélioré son record de podiums en Hongrie (8 désormais).
«Nous avons gagné en équipe et c'est le plus important», a-t-il sobrement commenté.
Après le mini psychodrame de Monaco, où il avait considéré que la victoire aurait dû lui revenir, le champion du monde 2007 semble désormais déterminé à offrir à Vettel le titre des pilotes, à défaut de décrocher celui des constructeurs pour la Scuderia.
Chez Mercedes, la bonne entente règne aussi : Bottas a laissé passer Hamilton au 46e tour pour qu'il attaque les Ferrari et l'Anglais a sportivement cédé sa 3e place à son équipier, juste avant la ligne, abandonnant dans l'opération trois points qui pèseront peut-être lourd en fin de saison.
Ricciardo écoeuré par Verstappen
À l'inverse, chez Red Bull, les assiettes en porcelaine de Herend risquent de voler.
Ayant prévenu qu'il serait agressif en piste dimanche, Daniel Ricciardo avait annoncé qu'il n'aurait «pas beaucoup d'amis» une fois la course terminée.
L'Australien, qui dansait sur la grille quelques minutes avant le départ, ne pensait certainement pas être pris à son propre piège.
Et comme on n'est jamais mieux trahi que par les siens, c'est son équipier Max Verstappen qui l'a éperonné dès le premier virage.
Le Néerlandais a raté son freinage et heurté le flanc de l'Australien, percutant son radiateur et provoquant son abandon prématuré.
«Je crois qu'il n'aime pas quand son équipier passe devant lui», l'a vertement tancé Ricciardo, évoquant «une erreur d'amateur». «Il n'y a pas d'excuse», a-t-il assuré.
Red Bull va devoir gérer attentivement les relations entre ses pilotes, qui convoitent tous deux une place chez Ferrari, mais dont la rivalité n'avait pas encore éclaté au grand jour.
Festivités chez McLaren-Honda
Bien loin de cette ambiance orageuse, les festivités se poursuivent sans doute chez McLaren-Honda.
Après le 36e anniversaire de Fernando Alonso samedi, l'équipe a récolté dix points en une course, contre deux depuis le début de la saison.
L'Espagnol a terminé 6e et le Belge Stoffel Vandoorne 9e. Pour une écurie à la peine, ce sursaut inespéré a presque le goût du champagne, qui a fait son retour sur le podium à l'occasion du GP de Hongrie.
Stroll 14e
Le Québécois Lance Stroll a terminé 14e au volant de sa Williams. Il partait 17e.
«On ne pourrait pas dire que ç'a été excitant, a dit Stroll. Notre voiture n'était tout simplement pas assez rapide ce week-end. Nous nous y attendions un peu. Sur d'autres types de piste, nous sommes très compétitifs.
«Les circuits de Spa et Monza devraient nous être plus favorables, a dit le Montréalais de 18 ans, en référence aux deux prochaines courses. Cela dit, je prends de l'expérience et je deviens un meilleur pilote à chaque course.»
Le champagne de retour sur le podium
Liberty Media a annoncé un partenariat avec la maison Devavry pour ramener le champagne sur le podium.
Après une saison et demie à se doucher au mousseux, la F1 enregistre le retour du champagne sur les podiums, a indiqué dimanche le propriétaire de la discipline, Liberty Media, et ce dès la fin du Grand Prix de Hongrie.
C'est la maison Devavry, une exploitation familiale située à 20 kilomètres au sud de Reims, qui fournira sa Cuvée Carbon, créée en 2011, rebaptisée Champagne Carbon pour l'occasion.
«Chaque bouteille est entourée d'un revêtement en carbone, un procédé dont la mise au point a duré quatre ans et qui demande au maître artisan une semaine complète pour chaque bouteille et 21 étapes très précises à suivre», précise le président de Champagne Carbon, Alexandre Mea, cité dans le communiqué du Formula One Group.
«Nous sommes ravis d'accueillir le Champagne Carbon dans la liste de nos partenaires», a indiqué Sean Bratches, chargé des opérations commerciales du nouveau propriétaire de la Formule 1, le groupe américain Liberty Media.
«La caractéristique unique d'une bouteille faite en carbone, le matériau si représentatif de la technologie incroyable de notre sport, est un autre élément qui fait de Champagne Carbon le produit parfait pour les pilotes pour célébrer leur succès sur un podium de Grand Prix de Formule 1», souligne-t-il.
Les détails financiers de cet accord de commandite n'ont pas été révélés.
Partenariat avec Mumm
Entre 2000 et 2015, la Formule 1 avait un partenariat officiel avec le champagne Mumm, filiale de Pernod-Ricard.
Celui-ci s'est arrêté lorsque Bernie Ecclestone, alors patron de la F1, a refusé l'offre revue à la baisse, de dix à cinq millions d'euros par an que lui a présentée la prestigieuse maison rémoise à l'orée de la saison 2016.
Les pilotes de F1 se sont alors aspergés un temps avec du mousseux californien Chandon, par ailleurs commanditaire de McLaren-Honda.
Le gagnant des futurs Grand Prix aura le privilège de déboucher une bouteille de Champagne Carbon présentant des reflets dorés, le second aura un exemplaire argenté, et le troisième une bouteille incorporant du bronze.
La tradition consistant à faire sauter le bouchon d'une bouteille de champagne à la fin des courses auto remonte à 1967.
Elle avait été lancée par le pilote américain Dan Gurney qui, cette année-là, avait triomphé avec Ford aux 24 Heures du Mans, aux côtés de son compatriote A.J. Foyt.