Sebastian Vettel de Ferrari et Daniel Ricciardo de Red Bull étaient souriants lors de la conférence de presse après les qualifications du Grand Prix de Singapour. Vettel s'est offert la pole et Ricciardo partira troisième, derrière l'autre Red Bull conduite par Max Verstappen.

Vettel en mission à Singapour

Surprenant tout le monde, à commencer par lui-même, Sebastian Vettel s'est offert avec panache la pole position du Grand Prix de Singapour, samedi, première étape pour reprendre à son rival Lewis Hamilton la tête du Championnat du monde de Formule 1.
Sur le circuit étroit et sinueux de Marina Bay, où les qualifications sont souvent décisives, l'Allemand de Ferrari ne pouvait ignorer la marche à suivre : en neuf Grands Prix dans la ville-État depuis 2008, sept ont été remportés par le pilote s'élançant en pole. Or, une victoire lui assurerait de reprendre la main dans la course au titre mondial, car trois points seulement le séparent du Britannique.
Hamilton n'ayant pu faire mieux que le cinquième temps des qualifications à 635 millièmes de secondes, sur un tracé où la puissance du moteur Mercedes ne saurait faire la différence, le quadruple champion du monde (2010 à 2013) dispose même d'un relatif matelas de sécurité.
«Grande lavoro
Les Red Bull du Néerlandais Max Verstappen et de l'Australien Daniel Ricciardo, qui occuperont les deuxième et troisième positions au départ, n'ont pas facilité la tâche de Vettel. Les deux coéquipiers ont écrasé les essais libres vendredi et samedi, où les Ferrari se révélaient en retrait, s'affichant en favoris des qualifications. Mais l'Allemand a su réaliser le tour qu'il fallait quand il le fallait, en Q3, pour ravir à Verstappen la pole position et le record du circuit (1:39,491).
Il aurait pu se montrer encore plus rapide s'il n'avait pas frôlé le mur à son ultime tentative. «Ce n'était pas une touchette, c'était un contact», a expliqué Vettel. «J'ai été chanceux qu'il ne restait qu'un virage à négocier.»
Il a beau s'agir de la quatrième pole pour Vettel à Singapour, où il s'est imposé à quatre reprises, l'Allemand n'en a pas paru moins surpris. Il a exprimé sa joie évidente en poussant un long cri du coeur, avant de lancer «Grande lavoro!» («Excellent travail!») en italien. 
«Hier était difficile, cet après-midi était difficile, mais ce soir la voiture s'est réveillée», a-t-il ensuite expliqué, tremblant, avouant avoir pleuré la ligne passée. «Je savais que nous pouvions le faire. Nous avons un peu lutté pour en arriver là mais maintenant je suis juste heureux», a ajouté Vettel, qui a signé sa 49e pole position.
Les Red Bull affamées
Dans la nuit singapourienne dimanche (20h heure locale, 8h heure du Québec), les Red Bull tenteront encore de contrecarrer ses plans. «En course, ça ne sera pas simple de le dépasser. On verra ce qu'on peut faire dans le premier tour», a prévenu Verstappen. «J'accepte la défaite d'aujourd'hui, mais je crois encore que nous pouvons gagner demain», a assuré Ricciardo. «Les courses ne se gagnent pas le samedi», a surenchéri leur patron, Christian Horner.
En ce qui concerne Hamilton, Vettel pourra compter sur son coéquipier finlandais Kimi Raikkonen, opportunément intercalé à la quatrième place sur la grille, juste devant le Britannique. «J'ai vraiment tout donné», a expliqué Hamilton. Nous savions que ça allait être difficile pour nous, ça l'est toujours sur ce circuit. Je ne sais pas où Ferrari a trouvé ce rythme. C'est bizarre, cela change d'une course à l'autre entre eux et nous.»
Le circuit, qui comprend 23 virages, réduit considérablement la vitesse et semble favoriser davantage les Ferrari au détriment des Mercedes. Mais pas avec un tel écart. Le directeur technique Toto Wolff hochait d'ailleurs la tête alors qu'il semblait soucieux dans les garages de l'équipe.  avec AP
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Journée de misère pour Stroll
Lance Stroll (Williams) a connu une journée de misère lors des qualifications du Grand Prix de Singapour, se contentant du 18e rang, tout juste derrière son coéquipier Felipe Massa. Le Québécois n'a pas caché qu'il s'agissait d'une journée à oublier pour lui et l'équipe et il n'est guère optimiste en vue de la course. «Je ne suis pas très heureux de ma performance», a reconnu d'emblée le Montréalais de 18 ans, qui a touché le mur lors de son tour rapide. «Nous ne sommes pas assez compétitifs sur cette longue piste. Pour la course, je pars de très loin et, comme il est difficile de doubler ici, je n'entrevois pas trop d'opportunités. Nous allons tenter quelque chose du côté de la stratégie et il faudra éviter les erreurs.»  AP
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Alonso va s'informer avant de décider
Fernando Alonso va «essayer d'en savoir un peu plus sur le projet et le moteur Renault» qui propulsera les monoplaces McLaren la saison prochaine, avant de décider de son avenir au sein de l'écurie britannique de F1. Double champion du monde 2005 et 2006 au volant d'une Renault, l'Espagnol de 36 ans reste prudent devant les performances du moteur français cette saison, inférieures à celles de Mercedes et de Ferrari. «J'espère que cela replacera McLaren là où nous pensons tous qu'est sa place», a-t-il également souhaité, ajoutant qu'il était «fier» du partenariat avec Honda. «Nous avons fait de notre mieux, mais sans succès.» Conserver l'Espagnol est désormais la priorité de McLaren, qui ne s'est plus imposé en F1 depuis 2012, a confirmé le directeur exécutif Zak Brown. «Nous discutons beaucoup. Je pense que dans un futur relativement proche, nous devrions pouvoir arriver à un accord. C'est la dernière pièce importante du puzzle.»  AFP