Le pilote Red Bull Max Verstappen (à droite) croit qu'il sera en mesure de bien faire sur le circuit Gilles-Villeneuve cette semaine.

Verstappen optimiste à l'approche du GP du Canada

MONTRÉAL — C’est un secret de Polichinelle : l’équipe Red Bull disposera d’une amélioration moteur juste à temps pour le Grand Prix de Formule 1 du Canada. Sans entrer dans les détails sur cette innovation, le pilote Max Verstappen semblait optimiste à l’aube du week-end.

«Oui, j’ignore jusqu’à quel point nous pourrons augmenter notre vitesse, mais une chose est certaine, c’est que c’est toujours agréable de pouvoir compter sur davantage de chevaux-vapeur», a-t-il déclaré.

Verstappen espère ainsi que Red Bull pourra rétrécir l’écart de puissance qui persiste entre son moteur Renault et ceux de Ferrari et Mercedes. «Je crois que nous avons une bonne voiture, et si nous réduisons un peu l’écart, alors nous pourrons être compétitifs. Mais je ne crois pas que nous soyons encore au niveau de Ferrari et Mercedes», a expliqué celui qui avait été contraint à l’abandon l’an dernier à Montréal.

Verstappen pourrait bénéficier d’un bref moment de répit puisque du côté de Mercedes, Valtteri Bottas a laissé entendre jeudi matin que l’équipe devait compter également sur une amélioration moteur au Grand Prix du Canada, mais que les plans avaient finalement été changés à la dernière minute.

«Cette amélioration nous aurait permis de gagner un petit avantage, mais nous avons trouvé de petits pépins, donc pour éviter des ennuis nous avons décidé de la reporter à dans deux semaines. Notre nouveau moteur risque d’être meilleur, mais nous voulons nous assurer qu’il soit fiable.»

Ce petit délai pourrait donc être favorable à Verstappen, mais encore faudra-t-il qu’il évite de se tirer dans le pied comme il l’a fait si souvent depuis le début de la campagne.

Le principal intéressé ne s’en cache pas, il connaît des difficultés sur le circuit cette saison. À l’aube de l’épreuve sur le circuit Gilles-Villeneuve, le pilote de 20 ans occupe le sixième rang du championnat avec 35 points, loin derrière son coéquipier, Daniel Ricciardo, troisième à 72.

Verstappen a commis des erreurs de pilotage inhabituelles cette saison, dont la plus spectaculaire s’est produite au Grand Prix d’Azerbaïdjan. Il a alors été coupable d’un accrochage avec Ricciardo qui a coûté la course aux deux pilotes Red Bull.

Puis, il y a deux semaines à Monaco, il a été victime d’une sortie de piste à la toute fin des essais libres, une bourde survenue trop tard pour que les mécaniciens de l’écurie autrichienne puissent réparer son bolide à temps pour les qualifications. En conséquence, Verstappen s’est élancé de la toute dernière position sur la grille de départ.

Agacé par certaines questions

En conférence de presse jeudi, Verstappen a paru exaspéré de devoir revenir sur ses erreurs passées. Les membres des médias lui ont demandé à répétition pourquoi il commettait autant d’erreurs, au point où il a fini par lâcher : «Je vais finir par donner un coup de tête à quelqu’un!»

Chose certaine, elles ne sont pas passées inaperçues aux yeux du patron de Red Bull, Christian Horner, qui a effectué une sortie publique virulente envers son jeune pilote à Monaco. «Il faut qu’il apprenne de ça et qu’il arrête de faire ces erreurs», avait prévenu le patron de Red Bull, après son énième faute de pilote dans la principauté monégasque.

L’agacement de Horner était tout autant perceptible que compréhensible dans la mesure où il s’agissait du huitième incident dans lequel était impliqué le Néerlandais depuis le début de la saison.

«Seuls deux de ces incidents sont de ma faute», a-t-il protesté. «J’en avais commis trois pendant le même week-end à Monaco en 2016. Ce n’est pas aussi dramatique que ce que vous voulez le faire entendre. Ça pourrait être mieux, mais ce n’est pas si dramatique.»

L’ingénieur de Red Bull Adrian Newey a d’ailleurs déclaré en début de semaine que Verstappen s’était remis en question entre Monaco et Montréal. Mais ne lui dites surtout pas qu’il connaît une saison frustrante, car il se braquera immédiatement.

«Ce n’est pas une saison frustrante, c’est une saison malchanceuse», a-t-il rectifié. «C’est décevant, mais la saison est encore jeune et je sais que j’aurai la chance de me reprendre. C’est d’ailleurs ce que je compte faire à Montréal; je veux me recentrer sur moi-même et tenter de retrouver ce que je faisais correctement l’an dernier. Il faut que je trouve le bon rythme, et je tenterai de bâtir là-dessus dès ce week-end.»