L’ancien joueur de ligne offensive de la NFL Evan Mathis, un collectionneur de cartes sportives, a besoin d’argent liquide pour acheter la maison qu’il convoite. La solution à ce problème de liquidités? Vendre son plus précieux item, une version presque parfaite de la carte de 1952 du légendaire baseballeur Mickey Mantle.

Vendre une carte... pour acheter une maison

Après avoir pris sa retraite, il y a un peu plus d’un an, l’ancien de la NFL Evan Mathis a décidé de se rapprocher du lieu où il a grandi, en Alabama.

Pour pouvoir se payer la maison que sa femme et lui désiraient, Mathis doit trouver de l’argent liquide. Pour ce passionné collectionneur de cartes sportives, cela signifie simplement qu’il doit se départir de sa plus précieuse possession : la carte de 1952 de Mickey Mantle. 

«Cette photo du jeune Mickey Mantle est devenue en quelque sorte le symbole de mon passe-temps», dit Mathis, qui a disputé 12 saisons dans la NFL. «C’est, d’une certaine façon, la Mona Lisa des cartes sportives.»

Publiée dans la première série de cartes de la compagnie Topps, la carte du mythique voltigeur des Yankees était l’item le plus recherché lors de l’encan printanier tenu par la compagnie Heritage Auctions.

Celle que Mathis détient est une des six versions certifiées «Mint 9» (sur 10 dans l’échelle qui détermine l’état d’une carte) par la compagnie Professional Sports Authenticator (PSA). Seulement trois copies de cette même carte ont reçu la cote «Mint 10». 

Wagner détrôné

Heritage estime que, dans un état parfait, la carte de 1952 de Mantle vaut environ 3,5 millions $. Jusqu’à maintenant, le prix le plus élevé payé pour une carte sportive est de 3,12 millions $, montant déboursé pour une autre «légende» : la carte de 1909 d’Honus Wagner. 

«Cette carte [celle de Mantle] représente le nouveau visage de l’industrie des ventes de cartes», affirme Chris Ivy, directeur des encans sportifs chez Heritage. «Pendant des décennies, l’ultime carte était celle de Wagner. Mais, avec l’émergence des baby-boomers et d’une nouvelle génération de collectionneurs, c’est celle de Mantle qui s’est imposée.»

Cette carte de Mickey Mantle de 1952 de la compagnie Topps est devenue la pièce la plus recherchée des collectionneurs.

Ivy explique que la copie détenue par Mathis a une grande valeur en raison de la qualité de l’impression, des coins qui ne sont pas arrondis et du fait que la photo est bien centrée. Le spécialiste précise que cette combinaison est rare, «considérant que le contrôle de la qualité était loin d’être une priorité» chez Topps dans les années 1950. 

«Que cette carte soit sortie de l’usine en très bon état, qu’elle soit encore en bon état et qu’elle n’ait pas été jetée aux poubelles par maman est en quelque sorte un petit miracle», ajoute Ivy. 

La passion de Mathis, choix de troisième ronde des Panthers en 2005, pour les collections de cartes date de son enfance, alors qu’il était un grand fan de Bo Jackson, originaire lui aussi de l’Alabama. C’est à l’âge de six ans que Mathis a commencé à rechercher tout ce qu’il pouvait trouver sur Jackson, y compris ses cartes de baseball et de football.

Après avoir un peu délaissé son passe-temps pendant qu’il était à l’école secondaire, il a replongé dans cet univers pendant sa carrière de joueur, alors que son salaire lui permettait de se payer certaines cartes de haute valeur.

Plan de paiement

C’est il y a environ deux ans qu’un ami collectionneur l’a mis sur la piste du précieux sésame.

Pour l’acquérir, Mathis a expliqué qu’il a dû échanger «la grande majorité» de sa collection et même de s’entendre sur un plan de paiement pour pouvoir mettre la main sur LA carte.

Puis, les plans de retraite qu’il a établis avec sa femme, Katelynn, et sa famille — le couple a deux enfants — ont fait en sorte qu’il devait disposer d’une bonne somme d’argent, le forçant à se départir du précieux objet.

C’est le 20 avril qu’il connaîtra la valeur exacte de sa carte, alors que les enchères se termineront.

L’ancien joueur de ligne vend-il son grand trésor à contrecœur? 

«Je ne crois pas que je le regretterai, car je vivrai dans une maison qui me plaît vraiment», croit Mathis.

Malgré tout, celui qui a porté les couleurs de six clubs de la NFL et remporté le 50e Super Bowl avec les Broncos de Denver n’a pas abandonné l’idée de mettre un jour la main sur l’une des trois copies parfaites de la carte du frappeur ambidextre qui a frappé 536 circuits en 18 saisons avec la célèbre équipe du Bronx.

«Ce ne sera pas pour tout de suite, mais je vais travailler là-dessus dans le futur», avoue Mathis sans détour.