Mathieu Bélanger-Barrette fait partie du circuit de vélo de montagne cross-country depuis son jeune âge. L’athlète s’est davantage tourné vers les courses de longue distance il y a quelques années.

Vélo électrique: loin d’avancer seul!

Mercredi prochain se disputera la première course de vélo de montagne électrique de l’Union cycliste internationale au Mont-Sainte-Anne. Cette discipline en pleine croissance a piqué la curiosité de plusieurs athlètes déjà bien habiles sur le vélo en courses de cross-country (XCO). Ils sont unanimes : les différences sont bien plus nombreuses que l’ajout d’un simple moteur.

Mathieu Bélanger-Barrette, de Québec, est du circuit de vélo de montagne XCO depuis son jeune âge. Adepte aussi de cyclo-cross, l’athlète s’est davantage tourné vers les courses de longue distance il y a quelques années.

«Je voulais faire partie des Championnats du monde et je savais que je ne pouvais même pas espérer faire la sélection chez les élites, ce n’est pas ma discipline normalement. Le e-bike, c’était nouveau alors la sélection n’était pas trop difficile. C’était arbitraire et décidé par Cycling Canada», explique-t-il.

Avec un vélo emprunté, il a commencé l’entraînement quelques semaines avant la tenue des Championnats du monde. Et détrompez-vous, ces vélos sont loin d’avancer seuls.

«En montée ça va plus vite et en descente, c’est plus difficile à manœuvrer parce que le vélo est vraiment lourd. Le comportement est vraiment différent. Les pentes sont très abruptes et nous devons pédaler, ce n’est pas le moteur qui fait tout avancer. Le pilote y est pour beaucoup.»

Les vélos de chaque coureur auront la même puissance. Une sévère vérification des machines sera réalisée par les commissaires avant la course. Bélanger-Barrette n’a pas trop d’attentes pour la course qui approche, il ne connaît pas les autres coureurs. Il espère seulement être en mesure d’offrir une performance dont il sera fier.

«C’est plaisant de faire partie de l’histoire. On ne sait pas trop où ça va s’en aller, le vélo électrique, mais dans l’industrie, présentement, c’est en pleine croissance. On ne sait jamais quelles portes ça peut ouvrir.»

Une discipline à part

Maghalie Rochette est elle aussi participante sur le circuit XCO. Elle détient aussi plusieurs titres en cyclo-cross, dont les courses se déroulent à l’automne. Cette année, elle souhaitait d’ailleurs consacrer son énergie dans cette discipline. Elle n’a donc pas couru sur le circuit de la Coupe du monde XCO, ce qui diminuait ses chances d’être sélectionnée pour les Mondiaux du Mont-Sainte-Anne.

«Je ne suis pas nécessairement déçue de ne pas être classée. Je voulais arriver reposée au début de la saison de cyclo-cross. J’ai roulé beaucoup avec un e-bike cet été. Je dois avouer que j’étais un peu sceptique, mais c’est vraiment un complément à mon entraînement et ça a vraiment été bénéfique. C’est tellement plaisant et vraiment une belle découverte.»

Sans avoir eu son billet chez les élites, elle a pu se classer pour le vélo électrique.

Même s’ils sont habitués à s’entraîner fort pour grimper les pentes avec pour seule aide leurs jambes, Rochette et Bélanger-Barette s’entendent pour dire que le vélo électrique a sa place sur la scène des compétitions internationales.

«Ça va être un effort très intense, le vélo te donne beaucoup de puissance, mais plus tu produis de la puissance avec tes jambes, plus tu vas vite. Je trouve que ça a sa place étant donné que c’est une catégorie à part entière, c’est respectable», croit Rochette, qui s’élancera sur la piste mercredi à 16h30 avec les femmes, alors que Bélanger-Barrette prendra le départ à 14h15 chez les hommes.

«Je trouve que ça ouvre les portes aux personnes qui ont plus de difficultés, ça leur permet de faire du vélo plus longtemps. Je vois ça d’un bon côté. C’est sûr que quand je me fais dépasser par un e-bike, c’est toujours frustrant, mais il faut le voir comme un autre sport complètement», pense aussi Mathieu.

Aspect stratégique

Un vélo plus lourd, une batterie qui s’épuise après un certain temps d’utilisation et un dénivelé élevé amènent un aspect stratégique intéressant à la course.

En plus des habiletés et de la bonne forme physique, la clé est de connaître son bolide.

«Ça va tellement vite dans les pistes, j’ai l’impression que j’ai beaucoup amélioré mes capacités techniques à haute vitesse. Il faut être extra concentrée. Il faut que tu pédales le plus vite possible et que tu utilises ta batterie le plus efficacement possible. On a tous le même genre de vélo, ça revient au coureur de contrôler tout ça», termine Rochette, de Sainte-Adèle.

Avec l’épreuve du relais par équipe et le vélo électrique, la journée de mercredi au Mont-Sainte-Anne risque d’offrir tout un spectacle aux visiteurs.