Amoureuse des animaux et passionnée de nage synchronisée, Valérie Welsh a eu le privilège et le bonheur de réaliser ses deux grands rêves d’adolescence, soit de devenir vétérinaire et de prendre part aux Jeux olympiques.

Valérie Welsh: d’un rêve à l’autre

Tout au long de son adolescence, Valérie Welsh a caressé deux grands rêves. Nageuse synchronisée, elle ambitionnait de prendre part aux Jeux olympiques. Passionnée des animaux, elle se voyait aussi pratiquer la profession de vétérinaire. Après avoir réalisé son premier rêve en 2012, elle a fait de même pour le second en 2017 quand elle a gradué de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe.

«Les animaux, c’est ma passion depuis que je suis toute petite, bien avant que j’aie commencé à nager», explique Dre Welsh qui pratique pour le Groupe vétérinaire Vetcom. 

«La plus belle récompense que mes parents pouvaient me faire, c’était de m’emmener à l’animalerie pour me montrer les chiens. Et dans mes cahiers au primaire, je faisais des dessins sur lesquels j’inscrivais : ‘’Plus tard, je serai vétérinaire’’. Au secondaire, j’ai développé une passion pour la médecine. Alors, je ne pouvais pas faire autrement que de combiner les deux», mentionne Valérie qui possède trois chats en plus d’héberger un chien qu’elle soigne.

La Lévisienne dit que son rêve d’aller aux JO était né plus tard que chez la moyenne des nageuses parce qu’elle n’était jamais la meilleure de son club. «J’étais une fille d’équipe qui travaillait fort. C’est quand j’ai commencé à obtenir des top 20 que j’ai pensé que ça serait peut-être possible d’aller sur les équipes nationales. Mon travail acharné et ma persévérance m’ont menée jusque-là. Mais c’est mon équipe qui m’a permis d’avancer comme athlète, de m’améliorer et de me rendre jusqu’aux JO.»

C’est à Londres que Valérie a pu vivre son rêve olympique. Des Jeux où l’équipe nationale a raté le podium de peu en finissant quatrième à quelques points des médaillées de bronze. «Les filles et moi, on était toutes sur la même longueur d’onde à la suite de notre performance. Il n’y a jamais eu une once de déception au sein de l’équipe. On s’était entrainées, au max de notre forme et on ne pouvait pas faire plus. Quand tu as tout donné, tu ne peux pas être déçue. La déception de cette quatrième place, je ne l’ai jamais ressentie. Par contre, je la vis depuis. Chaque fois que je mentionne que je suis arrivée quatrième, j’entends souvent : “Ah quatrième!”. Heureusement, ça ne m’affecte pas.

«Pour moi, ce n’est pas le résultat qui compte, c’est le parcours. Et ce dont je suis la plus fière, c’est la persévérance que j’ai démontrée. Les situations difficiles que j’ai vécues m’ont permis de maturer en tant que femme en général et ont forgé mon caractère.»

La retraite

Valérie a pris sa retraite dans les semaines qui ont suivi les Jeux et c’est sans difficulté qu’elle a tourné la page sur sa carrière. «Les deux premières années, j’ai vu ça un peu comme des vacances. C’est par la suite que le déclic s’est fait. Je n’étais plus Valérie la nageuse. J’étais entraîneure à Saint-Hyacinthe, mais être coach, ce n’est pas comme nager. C’est ce qui m’a incité à former une petite équipe avec d’anciennes coéquipières et on a participé aux Championnats du monde des maîtres, à Montréal. Retourner dans l’eau, recommencer à nager, avoir des entraînements pour le plaisir, ça m’a aidée à passer au travers.

«Aujourd’hui, je suis retournée avec Jojo (Carrier) au club Québec excellence synchro. Les filles avec qui je nage sont toutes de très haut niveau. Et notre coach est Marie-Hélène Morneau, notre entraîneure du temps. Elle connaît notre niveau. Et elle est capable de nous challenger. On a toujours le goût de performer à la hauteur de nos capacités. L’année prochaine, on aimerait prendre part à des compétitions.»

La Dre Welsh dit n’avoir aucun regret sur sa carrière. Pendant ses études, il lui est arrivé de s’ennuyer de l’esprit d’équipe qu’elle chérissait au sein de la formation nationale, mais elle l’a depuis retrouvé dans son job de vétérinaire. En fait, elle ne se pose parfois qu’une seule question. Aurait-elle dû faire quatre ans de plus en synchro? «Je pense que j’aurais eu la passion et que mon corps aurait été capable de le faire. Mais à l’époque, j’ai dû choisir. Et ce n’est pas un regret parce qu’aujourd’hui, je pratique la profession de mes rêves.»

Passionnée par son travail, l’ex-porte-couleurs de l’équipe nationale ne cache pas que celui-ci est parfois difficile. D’abord parce que ses patients ne peuvent pas lui dire où ils ont mal et comment ils se sentent. Mais aussi parce que les gens ignorent comment les soins médicaux peuvent être dispendieux.

«On nous demande souvent de faire de la médecine avec des budgets limités. Mais on ne peut pas poser un diagnostic efficace avec une simple prise de sang. On n’aime pas voir les animaux souffrir et on sait comment les gens qui viennent nous voir les aiment. Quand ils n’ont pas les moyens de les faire soigner, c’est déchirant. Il arrive que l’on ressorte de la salle d’examen les larmes aux yeux. On est souvent très affectés parce que l’on n’a pas été formés pour gérer la tristesse des gens. Mais c’est aussi la beauté des gens de notre profession. On demeure toujours empathiques et passionnés.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Fait marquant

R Ma sélection sur l’équipe nationale en 2008. Dès que j’ai franchi la porte, je savais, à cause de ma personnalité, que j’y resterais et que j’irais loin... jusqu’aux Jeux. Par contre, ç’a été dur. Je suis restée dans le cadre de la porte une couple d’années.

Q Performance qui apporte la plus grande fierté

R Individuellement, la deuxième place en duo avec Marie-Line Linteau au championnat canadien junior alors que j’étais avec Synchro-Élite. En équipe, c’est notre médaille d’or aux Championnats pan-américains (novembre 2011) qui nous a permis d’obtenir notre laissez-passer pour les Jeux de 2012.

Q Plus chat ou plus chien

R Le chat et le chien sont deux individus complètement différents. La beauté du chat, c’est qu’il est indépendant, qu’il fait ses choses. La beauté du chien, c’est qu’il est affectueux et dépendant. J’ai présentement trois chats à la maison. Mais j’ai grandi avec des chiens. Et j’ai un pitbull à la maison. Plus chat ou chien? Les deux.

Q Prochain défi

R Mon  prochain challenge, ça sera d’être mère, d’avoir ma famille. Je ne sais pas si ça sera à court ou moyen terme, mais ça va être le fun parce que je ne serai pas toute seule pour relever ce défi-là. Je vais le faire en équipe avec mon mari.