Après un jeu controversé qui a fait chuter le gardien des Foreurs, Patrick Roy a passé un savon à l’officiel Jonathan Trudel. Les propos du coach ont entraîné son expulsion du match.

Val-d’Or 3/Québec 2: rien ne sourit aux Remparts

Tout semble jouer contre les Remparts lorsqu’ils sont au Centre Vidéotron. Non seulement ils se sont fait refuser un but alors qu’il restait trois secondes à jouer en prolongation, mais quelques instants plus tard, les Foreurs de Val-d’Or se sont sauvés avec la victoire lors des tirs de barrage. Finalement, les Diables rouges ont encaissé un septième revers en 10 matchs à la maison, une défaite de 3 à 2 qui leur a quand même procuré un point au classement.

Le jeu controversé est survenu alors que les Remparts mettaient de la pression en territoire ennemi. Au moment où Anthony Gagnon décochait un boulet, Darien Kielb, qui était derrière le but, a créé de l’interférence aux dépens du gardien Jonathan Lemieux se dirigeant devant le filet. Le cerbère des Foreurs a chuté sur la patinoire et a perdu son casque. Il a mis un peu de temps à se relever. La décision a soulevé l’ire de Patrick Roy qui a passé un savon à l’officiel Jonathan Trudel. Les propos aigres-doux du coach québécois à l’arbitre ont entraîné son expulsion.

«C’est sûr que je ne suis pas d’accord avec la décision sur la glace, a plaidé Roy. Ce avec quoi j’ai de la misère, c’est qu’il y a trop de différences au niveau des jugements des arbitres. On joue contre Chicoutimi : il y a un but, Lapierre [Hendrix] est dans le cercle du gardien de but et le filet est accordé. On arrive aujourd’hui, le gardien de but est à l’extérieur de son cercle, notre joueur passe en avant, le gardien se tire à terre, il y a un but et il est refusé.

«Mais ce n’est pas ça qui est gênant. Ce qui est gênant, c’est que Bibeau n’est pas sur la glace mais l’officiel dit que c’est lui qui a passé devant le but. Là, soudainement, on dit : on va en nommer un autre parce qu’il n’était pas sur la patinoire. Faque on en nomme un autre. On décide que c’est le 92. Là, on passe du numéro 21 au 92. Ce n’est pas tout à fait dans la même braquette de numéro. Pis là, après ça, on dit que c’est Gagnon. Et après ça, on ne sait plus. Il reste trois secondes, moi, je veux gagner en tirs de barrage et je veux que Bibeau puisse y aller. Ne viens pas me faire accroire que tu as vu le jeu si tu ne sais pas c’est qui [qui a commis l’infraction] et que ça finisse avec Kielb qui est pénalisé.»

Expliquant que le gardien des Foreurs était sorti de sa cage au moment où son joueur passait, Roy a indiqué que l’arbitre avait interprété ce qui s’était passé sous ses yeux. Interrogé si son expulsion pourrait lui valoir une suspension, il a tout simplement lancé : «Il arrivera ce qu’il arrivera.»

En avant par deux fois

Les Remparts avaient brisé la glace avec un filet de Gabriel Montreuil (6e) en fin de première. Les visiteurs ont égalé la marque en milieu de troisième avec un filet de David Noël, mais 50 secondes plus tard, Bibeau (13e) a redonné les devants aux Diables rouges. Jérémy Michel a renvoyé les deux équipes à la case départ en comptant avec un peu plus de cinq minutes à jouer en troisième. En tirs de barrage, Lemieux a stoppé Bibeau et Andrew Coxhead lorsqu’Alexander Mirzabalaev et Michel ont déjoué Emerik Despatie.

«Je suis très satisfait de la performance de l’équipe», a mentionné Roy. On a largement dominé au niveau des chances de marquer. On a été très bons. On a fait deux erreurs qui nous ont coûté des buts mais, autre que ça, on n’a rien donné aux Foreurs. Pour moi, c’était une victoire de 3 à 2 avec le dernier jeu. Je pense que si on joue comme on l’a fait aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on va gagner des matchs à domicile et que l’on va faire plaisir à nos partisans.»

L’entraîneur-chef a salué le retour d’Andrew Coxhead qui a fait une différence pour les Remparts. Il a aussi mentionné qu’il avait bien aimé la performance de Despatie. «Il n’a rien à se reprocher. Le but de Noël, c’était un lancer parfait et il ne voyait absolument rien. Et sur le deuxième but, on a échappé un gars qui s’est retrouvé tout seul sur le côté du filet. On ne peut donc pas critiquer le travail de notre gardien de but. Il a été excellent dans certaines situations. Mais ce que je retiens, c’est la performance de l’équipe.»

+

RETOUR REMARQUÉ POUR COXHEAD

À l’écart du jeu lors des neuf derniers matchs des siens afin de soigner les symptômes de la commotion cérébrale qu’il avait subie, Andrew Coxhead était de l’affrontement contre les Foreurs. Et il a fait sentir sa présence dans l’alignement des Remparts.

«J’étais un peu rouillé au début du match mais j’étais bien heureux d’être de retour sur la patinoire et de pouvoir disputer une première rencontre depuis ma blessure, a avoué le numéro 20. Mes premières séquences sur la patinoire ont été plus difficiles mais, par la suite, les choses se sont replacées et ç’a été plus facile pour moi de suivre le rythme. À partir de là, je me suis senti très bien.»

Interrogé sur les insuccès des Diables rouges à la maison et si c’était plus difficile de gagner au Centre Vidéotron que ça l’était sur la route, le vétéran a indiqué que non. «Nous avons présentement des difficultés à la maison, c’est certain. Mais nous avons une jeune équipe. Le building est tellement grand, il y a tellement d’atmosphère et il y a tellement de gens qui nous regardent que les jeunes sont peut-être un peu plus nerveux ici. Mais je pense qu’à partir du moment où nous serons habitués à tout ça, ça va être plus facile et nous allons commencer à gagner plus régulièrement.»

Rhéaume soulagé

Pascal Rhéaume semblait être un homme soulagé lorsqu’il a rencontré les journalistes. Obligé de composer avec une séquence de cinq revers consécutifs et aux lendemains d’une défaite de 7 à 0, il avait vu ses hommes battre les Remparts sur leur patinoire. «Ça fait du bien, a-t-il lancé. Nous étions sur un petit slump. Et venir ici, à Québec, en sachant que ça allait moins bien pour les Remparts à la maison, on savait qu’ils allaient sortir forts. Mais on est revenu de l’arrière. C’est un gros deux points pour nous autres.»

L’entraîneur-chef des Foreurs a vanté le travail de ses hommes. Il a expliqué que sa troupe avait dû composer avec cinq désavantages numériques et que cette situation l’avait obligé à surcharger certains joueurs. «Mais les gars n’ont pas lâché, ils avaient confiance et Jérémy Michel est allé chercher un gros but pour égaler le match. C’est un gros deux points.»

Interrogé si, à son avis, Darien Kieb avait commis de l’obstruction aux dépens de son gardien en prolongation, l’entraîneur-chef a simplement dit qu’il ne l’avait pas vu en direct.

«On l’a vu sur la reprise. Et je ne dirais pas qu’il n’y a pas eu d’obstruction parce que nous avons gagné le match. Mais regarde, c’est toujours une décision qui est difficile à prendre pour un officiel et, aujourd’hui, ç’a tombé de notre bord.» Jean-François Tardif