Comeneur après une ronde à l'Omnium Bâton rouge, le Tahitien Vaita Guillaume ne veut plus passer des saisons entières sur les parcours de golf.

Vaita Guillaume, le Tahitien qui aime le nord

Vaita Guillaume en avait marre de la précarité, de l’incertitude. Après 10 ans à parcourir les allées des États-Unis, le golfeur a choisi de retourner chez lui, à Tahiti, au terme de la dernière saison. Une quête de stabilité qui ne l’empêche pas de se lancer dans une nouvelle virée québécoise!

«J’avais des choix à faire», explique Guillaume, en marge de l’Omnium Bâton Rouge disputé au club Cap-Rouge, jusqu’à jeudi. «Je n’étais pas satisfait dans tous les secteurs de ma vie, disons. Le golf, c’est bien pour un petit bout de chemin. Mais je ne veux plus avoir à faire des saisons entières. Parce que les autres aspects de la vie normale en pâtissent.» Sa profession se transforme en passe-temps.

Il aura joué dans un tournoi de la PGA, en 2012. Il a accédé au Championnat Wyndham (Caroline du Nord) dès son premier essai lors d’une qualification du lundi. «La chance du débutant», rigole-t-il aujourd’hui, deux jours avant ses 30 ans. Il a aussi participé à une épreuve du circuit Web.com, mais a passé le plus clair des dernières saisons sur le Mackenzie Tour.

Il a connu sa part de succès, comme l’indique son 14e rang au classement général en 2016, mais la vie est difficile dans le troisième échelon du golf en Amérique du Nord. Un stress continuel, dit Guillaume. Rien à voir avec le niveau amateur. «[Quand] t’arrives sur le Mackenzie, tu te rends compte qu’il faut encore bosser beaucoup plus pour sortir de la masse. Dans la masse, on survit à peine, sauf si on a de l’aide extérieure. Vu ma fierté un peu mal placée, j’ai demandé l’aide de personne. J’arrivais à en survivre, mais ce n’est quand même pas une vie», affirme Guillaume, adepte obligé du covoiturage et des maisons d’hôte.

Cette semaine à Cap-Rouge, il estime avoir de bonnes chances de victoire si son fer droit le soutient. Il a d’ailleurs démontré son savoir-faire, mercredi, en ramenant une carte de 67, ce qui le place dans une quintuple égalité en tête (voir tableau).

Un seul terrain

Initié au golf par son père, il a choisi un sport plutôt obscur sur son île du Pacifique. À Tahiti, les jeunes pratiquent davantage le soccer ou le surf. Et «la paresse», rigole-t-il. Le golf n’est pas vraiment une option. Normal, il n’y a qu’un seul terrain sur le petit territoire français de quelque 190 000 habitants. Et il est trop facile pour qui veut s’améliorer, dit Guillaume.

À la fin de son lycée, il s’est donc exilé dans la mère-patrie pendant trois ans. Plus solide au final, il a fait son entrée à l’Université Campbell, en Caroline du Nord, où il a étudié en administration.

Il a entendu parler du golf canadien en côtoyant le Beauceron Max Gilbert sur le circuit Mackenzie. Il y a deux ans, il a reçu une invitation pour l’Omnium Manac, à Saint-Georges, son premier tournoi chez nous. Deuxième grâce à un - 25, Guillaume est tombé amoureux à la fois du pays et du Circuit Canada Pro Tour (CCPT), dont fait partie l’Omnium Bâton Rouge. «Depuis cette semaine-là, où j’ai eu certainement le plus de fun ces dernières années, j’ai toujours voulu revenir», dit-il de sa voix radiophonique.

Il a d’ailleurs chanté les louanges du travail des responsables du CCPT, mercredi. «Chaque fois que je vais sur un tournoi, je me sens bien, je me sens accueilli chaleureusement. On sent que les organisateurs veulent que tu sois là. Ce qui n’est pas forcément vrai partout.»

Dans les prochaines semaines, il va aussi participer à la Coupe Canada Sani Marc–Desjardins de Victoriaville (14 au 19 août) et à l’Omnium du Québec Canam, à Saint-Georges (22 au 26 août).

Des possibilités de boulot attendent Guillaume à Tahiti, mais il souhaite désormais s’installer au nord, au Canada. Il détient déjà tous les papiers pour faire sa demande de citoyenneté. Ne manque qu’une offre d’emploi!