Depuis la Coupe du monde en Afrique du Sud, l’état de santé de Oscar Tabarez, qui souffre d’une neuropathie, s’est dégradé. Il est contraint de se déplacer en fauteuil électrique sur le terrain, ou avec l’aide d’une béquille

Uruguay: Tabarez, le «Maestro» en chaise roulante

NIJNI NOVGOROD — En chaise roulante ou avec une béquille, Oscar Tabarez s’active toujours autant à 71 ans pour diriger «son» Uruguay, qu’il a relancé en douze années passées à l’entraîner, à l’aube de débuter, contre l’Égypte vendredi (8h), un quatrième Mondial.

Et si la star, c’était lui? De Diego Forlan à Luis Suarez, la tête d’affiche de la Celeste a changé, mais pas l’homme derrière ses succès : le «Maestro» Tabarez, ancien maître d’école devenu le cerveau du renouveau de la sélection sud-américaine.

«Le groupe sait qu’il n’a pas besoin d’élever sa voix pour te dire ce qu’il faut faire», a expliqué l’attaquant star du Barça, à la télévision uruguayenne.

Après un premier passage entre 1988 et 1990, le respecté entraîneur a repris du service en 2006, au sortir d’un Mondial... regardé à la télévision par les Uruguayens, éliminés en tirs de barrage.

Depuis sa nomination, la Celeste s’est élevée : une 4e place en 2010, puis une Copa America remportée en 2011, et deux nouvelles qualifications pour la compétition reine. Trois Coupes du monde de suite, ça n’était plus arrivé à l’Uruguay depuis plus de quarante ans.

En Russie, les hommes en bleu ciel endosseront un costume de grands favoris dans un groupe A à leur portée, aux côtés de l’Égypte, du pays hôte et de l’Arabie saoudite.

Physiothérapie et traitements

Mais depuis l’Afrique du Sud, l’état de santé de Tabarez, qui souffre d’une neuropathie, s’est dégradé. Contraint de se déplacer en fauteuil électrique sur le terrain, ou avec l’aide d’une béquille, le «Maestro» doit d’abord jouer un match contre la douleur.

«Je fais beaucoup de physiothérapie, avec des médecins et des traitements, car je n’ai pas l’intention de partir», a-t-il expliqué.

Certains avaient annoncé son départ après le Mondial 2014 mais, quatre ans plus tard, il est toujours bien là.

Avec plus de 180 matchs aux commandes de la sélection, Tabarez a su bâtir une formation à son image, qui sait résister. L’Uruguay s’appuie ainsi sur son assise derrière, avec notamment des joueurs comme Diego Godin et José Maria Giménez, qui évoluent ensemble pour l’Atlético Madrid.

«Nous avons toujours été une équipe forte défensivement et cela, nous n’allons pas le perdre», a-t-il prévenu avant le départ en Russie.

Le «Maestro» n’a donc pas fini de se démener...