Lexon Mathieu a été dominant face à un adversaire moins fort techniquement, mais qui encaissait bien ses coups de poing.

Une victoire, mais pas de K.-O. pour Lexson Mathieu

THETFORD MINES — Lexson Mathieu (5-0, 4 K.-O.) a signé une cinquième victoire chez les professionnels samedi soir lors du gala de boxe d’Eye of the Tiger Management à Thetford Mines. Il n’a cependant pas réussi à passer le K.-O. au Mexicain Jair Sena (8-3, 2 K.-O.), qui a tenu les six rounds contre le jeune boxeur de Québec.

Mathieu a été dominant face à un adversaire moins fort techniquement, mais qui encaissait bien ses coups de poing. Sena a mis le genou au sol à deux reprises et il avait le visage tuméfié à la fin du combat, mais il a tenu jusqu’au bout et les juges ont donné une carte de 60-54 favorable à Mathieu.

«C’est sûr que je suis déçu de ne pas avoir un autre K.-O., mais j’ai appris plein de choses, j’ai pris de l’expérience. Je ne suis pas fatigué, mais j’ai du travail à faire. Ce combat a été filmé, alors je vais le regarder à répétition», a déclaré le jeune boxeur.

«Il bougeait la tête de gauche à droite, il roulait bien avec les coups», ajoute celui qui espérait faire quelques rounds, mais qui n’avait pas imaginé que Sena tiendrait les six rounds dans le ring.

À l’école

Son entraîneur François Duguay ajoutait que ce combat allait être bon pour son poulain. «C’est un combat très payant pour nous. Aujourd’hui, Lexson est allé à l’école. Il a affronté un gars qui était capable de prendre ses coups. Il faudra qu’il utilise davantage ses jabs au corps», a-t-il résumé.

Le jeune frère de Mathieu, Wilkens, 14 ans, se battait lui aussi dans le volet olympique du gala. Chez les 135 livres, il affrontait le Montréalais Jacob Blais, qui lui avait infligé son unique défaite aux Gants Dorés en 2016.

Le deux boxeurs se sont livrés un furieux combat, Blais ayant le dessus dans le premier round. Wilkens, chaudement encouragé par son grand frère, reprenait toutefois graduellement du poil de la bête et a finalement pu arracher une victoire aux points de 29 à 28 à son adversaire de 15 ans sur décision partagée des juges.

«C’était vraiment quelque chose de spécial de voir Wilkens se battre. J’étais encore plus motivé pour mon combat après ça», a avoué Lexson à propos de la performance de son frangin.

Roy l’emporte

La grande finale mettait aux prises le favori local, le Thetfordois Sébastien Roy (7-0, 1 K.-O.), et le Français Mehdi Kasimi (10-8-2, 1 K.-O.). Dans une vraie bagarre de chats de ruelle, Roy s’est imposé aux points en touchant plus souvent un adversaire qui ne manquait pas de lui rendre la pareille.

«Il était coriace, je m’attendais à un combat très difficile en six rounds. J’avais hâte que ça finisse car c’était très chaud et humide», a-t-il déclaré après la soirée.

Avouant que ce combat, sa première finale, était celui qui l’avait rendu le plus fébrile de sa carrière, il se félicitait d’avoir gardé la tête froide sous les encouragements de ses partisans.

«Malgré ses attaques cette semaine, je suis content d’avoir réussi à garder mon focus face à mon adversaire. C’est sûr que les attaques avant le combat, ça te joue dans la tête un peu, mais ça fait partie de la boxe.»

«Maintenant, je ne sais pas ce qui va se passer avec moi, mais mon patron était très content de mon combat et je suis pas mal sûr qu’il va me réserver quelque chose cet automne», a conclu Roy en parlant du promoteur d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan.

Filière Russo-Kazakh

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la filière des pays de l’Est d’Eye of the Tiger Management se porte bien. Chez les poids moyens, le Russe Artem Oganesyan (10-0, 8 K.-O.) l’a emporté par K.-O. technique en 1:38 seulement face à l’Argentin Ramon Rodriguo Maizares (8-5).

Le Kazakh Sadriddin Akhmedov (9-0, 8 K.-O.) a eu besoin d’une seconde de plus pour obtenir le K.-O. technique contre le Mexicain Daniel Vega Cota (14-4-1, 11 K.-O.) qui ne faisait pas le poids lui non plus.

Du côté des super mi-moyens, Nurzat Sabirov (10-0, 9 K.-O.) s’est aussi débarrassé assez facilement du Hongrois Lazlo Toth (7-1, 6 K.-O.) par K.-O. technique au deuxième round.

Duval solide

Le franco-ontarien Avery Martin Duval a été solide à son deuxième combat professionnel chez les poids super-plume, l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1:21 du premier round après avoir envoyé son adversaire mexicain, Juan Francisco Ovalle, au tapis.

«Il était très lent, il était incapable de me toucher. Je voulais que ce soit rapide, que ce soit expéditif et c’est ce qui s’est produit ce soir», a-t-il déclaré après son combat.

Âgé de seulement 18 ans, Duval a ajouté qu’il aimerait encore avoir quelques combats comme celui-là. «Pour monter ma fiche un peu car je n’ai jamais boxé senior chez les amateurs, je suis passé pro dès que j’ai eu 18 ans», a-t-il expliqué.

Chez les super-moyens, le Kazakh Aman Kazankapov l’a eu plus difficile que ses compatriotes à ses débuts professionnels. La nouvelle recrue d’Eye of the Tiger Management a soutiré un match nul au Mexicain Ismael Molina Romero, qui avait toutefois porté plus de coups. Visiblement plus fort, Kazankapov semblait cependant épuisé en fin de combat.

Deux combats ont dû être rayés de la carte principale. Blessé au dos, le Beauportois Clovis Drolet n’a pu se mesurer au Jamaïcain Richard Holmes. Quant au combat entre Raphaël Courchesne et l’Argentin Juan Adrian Monzon, il a été annulé parce que ce dernier avait un abcès au visage.

Volet olympique

Quant au favori local du volet olympique, Thomas «The Ghost» Chabot, il n’a pas raté sa sortie à son dernier combat amateur devant ses partisans. Le pugiliste thetfordois de 19 ans se frottait à Matthew Luneau de Victoriaville, qu’il avait déjà battu deux fois en 2017.

Luneau lui a offert une meilleure opposition cette fois, mais Chabot s’est encore sauvé avec une victoire aux points de 29 à 28, lui qui prendra part aux qualifications olympiques nord-américaines au cours des prochains mois.

À l’intérieur

D’abord présenté comme «La boxe sous les étoiles», le gala qui devait avoir lieu à l’extérieur au Stade Desjardins a plutôt été déplacé à l’intérieur, au Centre Mario-Gosselin, en raison du temps incertain.

Camille Estephan était très satisfait de la foule de près de 2200 amateurs à ce premier gala majeur à Thetford Mines. «On pourrait revenir. On a 24 boxeurs professionnels à faire boxer alors on fait le tour du Québec», a-t-il résumé.