Brady Tkachuk a été un artisan important de la remontée des Sénateurs face au Lightning.

Une victoire grâce à Tkachuk

TAMPA - Brady Tkachuk est déjà un des piliers des Sénateurs d’Ottawa.
Tout au long de la semaine, les joueurs et les entraîneurs de l’équipe l’ont répété. En quittant l’infirmerie, le jeune ailier américain a transformé son équipe.

Ces déclarations ont été reçues avec scepticisme par les journalistes. Tkachuk a fêté ses 19 ans en septembre. Il n’a pas encore joué 10 matches dans la Ligue nationale de hockey.N’est-il pas un peu tôt pour lui mettre autant de pression?

Peut-être pas.Les Sénateurs ont réussi à mettre un terme à une séquence de cinq revers consécutifs sur la route, samedi soir. Ils ont réussi à revenir de l’arrière pour battre le puissant Lightning de Tampa Bay, 6-4, au Amalie Arena.

«On ajoute un seul joueur, ça change toute la dynamique. Ça nous apporte toute la profondeur qui manquait à notre équipe depuis plusieurs semaines», pense Guy Boucher.L’entraîneur-chef des Sénateurs pense comme tout le monde. 

Cette remontée n’aurait simplement pas été possible sans Tkachuk.

Au retour du deuxième entracte, les Sénateurs tiraient de l’arrière par deux buts. On pensait bien que c’était fichu, pour eux. Le Lightning présentait une fiche de 8-1-1, cette saison, quand il détenait l’avance après deux périodes.

En plus, l’équipe de Jon Cooper présentait une fiche parfaite de 8-0-0 contre les équipes de l’Association Est.Tkachuk a marqué un but en traînant dans l’enclave, dans la première minute du troisième tiers.Huit minutes plus tard, il a obtenu une mention d’aide sur le but égalisateur de Colin White.

«Après deux périodes, on tirait de l’arrière contre une des meilleures équipes de la ligue... Il aurait été très facile pour une jeune équipe comme la nôtre de fermer les livres et de commencer à penser à notre prochaine partie, commente Matt Duchene. 

Mais nos jeunes ont du caractère. Ils n’étaient pas question pour eux d’abandonner.Tkachuk a obtenu une chance en or d’inscrire un deuxième but, quand il s’est échappé en fin de match. Andreï Vasilevskiy a résisté.

C’est plutôt Ryan Dzingel qui a marqué le but de la victoire.Mark Stone a inscrit le but d’assurance alors qu’il restait 11 secondes à jouer.«C’était écrit dans le ciel qu’on finirait par réussir une remontée. Il fallait bien que ça nous arrive un jour ou l’autre», croit le jeune Tkachuk.

«Au deuxième entracte, on a parlé franchement. On s’est demandés... 

Pourquoi pas ce soir?»Cette remontée permet d’oublier, plus facilement, la sortie difficile de Craig Anderson.

Le vétéran gardien d’Ottawa est possiblement fatigué. Celui qui disputait un 16e match, cette saison, a connu une autre sortie difficile.Le jeune ailier lavallois Mathieu Joseph l’a déjoué deux fois, ce qui lui a permis de doubler sa récolte de buts dans la LNH.

Ce sont les deux autres buts, marqués par les défenseurs d’expérience Victor Hedman et Braydon Coburn, qui ont fait mal paraître le gardien d’Ottawa.Au moins, Anderson pourra se reposer, dimanche.Il sera assis derrière le banc, quand les Sénateurs compléteront leur voyage-éclair en Floride. Mike McKenna sera d’office dans le match contre les Panthers de la Floride, au BB&T Center.Duchene et Bobby Ryan ont marqué les autres buts d’Ottawa, dans la victoire à Tampa.

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TOUS FANS DE SAINT-LOUIS

Dans les heures qui ont précédé le match, dans les couloirs du Amalie Arena, il était beaucoup question de Martin Saint-Louis.

La jeune légende du Lightning sera intronisée au Temple de la renommée du hockey, lundi.

Dans la ville où il a passé 85 % de sa carrière, beaucoup de gens se souviennent de lui.«Vous voulez que je vous dise combien Martin m’a servi d’inspiration? Je ne dispose pas de suffisamment de temps pour tout dire», a commencé Victor Hedman, au terme de son entraînement matinal.Curieux. Steven Stamkos a dit pratiquement la même chose.

«J’aurais des tas d’histoires à vous raconter», a-t-il commencé.«Martin c’est l’âme de toute notre organisation. Il m’a pris sous son aile quand j’étais un enfant de 18 ans. Il m’a montré à devenir un pro», de dire le centre qui a remporté le trophée Maurice-Richard à deux reprises.

«Les bonnes habitudes de travail de Marty. Son engagement. Il jouait de la même façon chaque soir. Il jouait comme il s’entraînait. Il m’a beaucoup inspiré, sur la glace comme dans la vie en général», d’ajouter le défenseur qui a gagné le trophée Norris le printemps dernier.

Hedman et Stamkos ont été coéquipiers de Saint-Louis alors qu’ils étaient en début de carrière.À un certain moment, ces trois joueurs étaient dirigés par Guy Boucher.L’entraîneur-chef des Sénateurs a profité de son passage à Tampa pour servir une vieille anecdote.

«C’était la fin d’un long week-end. Nous venions de jouer deux matches en autant de soirs. Le dimanche, nous avions congé. Je m’étais rendu à notre aréna d’entraînement pour assister à un match de hockey mineur. Mon fils et le fils de Martin étaient coéquipiers. Quand je me suis rendu dans le bureau des entraîneurs, j’ai entendu du bruit qui provenait du gymnase. Je m’y suis rendu pour découvrir Martin qui s’entraînait, tout seul, avec toute son énergie habituelle.»

«Les gens ont tendance à oublier à quel point il a fracassé des barrières pour simplement atteindre la LNH. En vérité, il serait encore plus facile pour lui de connaître du succès puisque le jeu a évolué à la faveur des joueurs plus rapides et doués.»