Warren Barguil a remporté la 13e étape du Tour de France, qui reliait Saint-Girons à Foix.

Une victoire d'étape pour la fête nationale!

Les Pyrénées sont françaises! Après Romain Bardet, Warren Barguil a enlevé la 13e étape du Tour, vendredi, à Foix, le quatrième succès d'un coureur français depuis le départ.
Dans ce second acte pyrénéen, passionnant de bout en bout, rapide et tactique, le champion d'Italie Fabio Aru a été souvent attaqué. Bien qu'esseulé, le Sarde est parvenu à conserver le maillot jaune de meneur.
Pour gagner, Barguil, qui est le 16e Français à gagner le 14 juillet, jour de la Fête Nationale, depuis la reprise de l'après-guerre, a réglé au sprint ses trois compagnons d'échappée, le Colombien Nairo Quintana et les Espagnols Alberto Contador et Mikel Landa.
«J'avais de super jambes!» s'est exclamé Barguil, vainqueur pour la première fois sur le Tour. Dimanche dernier, il avait été battu de justesse par le Colombien Rigoberto Uran après un examen de la photo d'arrivée à Chambéry.
«Je prends du plaisir comme jamais sur mon vélo, à attaquer comme je le faisais en amateur», a ajouté le jeune Breton (25 ans), originaire du Morbihan et passé pro en 2013 dans son équipe actuelle.
Barguil a conforté sa position en tête du classement de la montagne et a laissé exploser sa joie après cette victoire de prestige, la première pour lui depuis ses deux étapes de la Vuelta 2013. «J'aime bien ces étapes courtes, nerveuses. On ne calcule pas, ça attaque de partout!»
Cette étape longue à peine de 101 kilomètres, mais comportant trois cols de première catégorie, a été très tôt enflammée par Contador et Landa.
Froome se sent mieux
Les duettistes, partis à 71 kilomètres de l'arrivée, sont passés en tête au sommet du col d'Agnes, mais ont été rejoints avant le sommet du mur de Péguère, la dernière difficulté, par Barguil et Quintana.
Dans Péguère, puis dans la longue descente vers Foix, les quatre premiers du Tour (Aru, Froome, Bardet, Uran) se sont neutralisés malgré maints démarrages.
Sur le final, l'Irlandais Dan Martin puis le Britannique Simon Yates ont faussé compagnie à leurs compagnons pour grignoter quelques secondes.Aru et ses rivaux ont franchi la ligne avec un retard de 1 min 48 sec. 
«C'était une journée difficile pour moi hier [jeudi]», a déclaré Froome. «Aujourd'hui, je me sentais beaucoup mieux. Avec notre équipe, on a joué un peu, car Landa [son lieutenant] n'est pas loin au classement général».
Le danger Landa 
Bardet a évoqué «une étape très tactique» et a regretté «des calculs d'apothicaire». Non sans raison, l'Auvergnat a souligné que Landa «va être très dangereux».
«On laisse revenir dans le jeu beaucoup de monde. J'espère qu'on s'en mordra pas les doigts à Paris», a-t-il glissé.
Nairo Quintana, désormais à 2 min 07 sec du maillot jaune, a dressé un bilan satisfaisant de cette chaude journée ariégeoise. «Je reviens dans le classement général. Ne perdons pas espoir et espérons qu'il y ait des jours semblables», a déclaré le «Condor» colombien.
Contador, combatif du jour, s'est dit surtout en quête, pour sa part, d'un succès d'étape. «Je donne tout ce que je peux et je lutte. J'aime tellement le Tour!»
Barguil a porté à quatre les succès d'étape français depuis le départ de Düsseldorf. Arnaud Démare (4e étape, Vittel), Lilian Calmejane (8e, Les Rousses) et Romain Bardet (12e, Peyragudes) l'ont précédé au tableau d'honneur de cette 104e édition qui sourit franchement au cyclisme national.
David Moncoutié, en 2005, était le dernier Français à s'être imposé le jour de la Fête Nationale.
Samedi, la 14e étape relie sur 181,5 kilomètres Blagnac à Rodez et se conclut par un «mur» de 570 mètres à 9,6 %, à l'avantage des puncheurs. En 2015, le Belge Greg Van Avermaet, futur champion olympique, avait devancé Peter Sagan.
***
Fabio Aru, capitaine abandonné d'une équipe amochée
FOIX - Maillot jaune depuis à peine un jour, l'Italien Fabio Aru a vu son équipe Astana voler en éclats, avec l'abandon vendredi de Jakob Fuglsang, pour se retrouver esseulé et en grand danger.
Cinquième au général après l'étape de Chambéry dimanche, le Danois était l'atout maître du Sarde dans la lutte pour la victoire. Mais le récent vainqueur du Dauphiné, qui souffre de deux micro-fractures au scaphoïde et à la tête du radius après sa chute de mercredi, n'aura pas passé les Pyrénées. Distancé dès le début de l'étape ariégeoise vendredi, il a fini par abandonner.
«Une grosse perte pour l'équipe», a souligné Dmitriy Fofonov, directeur sportif d'Astana. D'autant plus grosse que l'Italien Dario Cataldo, qui devait lui aussi aider Aru en montagne, avait déjà abandonné mercredi après la même chute.
Voilà donc Aru, qui compte seulement une poignée de secondes (6) d'avance sur Christopher Froome au classement général, condamné à défendre seul son maillot jaune. Ce qu'il a réussi à faire entre Saint-Girons et Foix. «Mes équipiers se sont blessés et je savais donc que j'allais être seul. Mais je suis resté très calme. Ce qui compte, c'est arriver le soir de bonne humeur et tranquille», a-t-il souligné.
Le vainqueur de la Vuelta 2015, âgé de 27 ans, a montré en effet une grande sérénité et une grande lucidité en ne s'affolant pas par exemple lors de l'attaque du coéquipier de Chris Froome, Mikel Landa, revenu à 1 minute 09 sec et la 5e place au classement général.
Reste à voir s'il pourra continuer à défendre de la sorte face à Froome et l'armada Sky et à ses autres adversaires. Des rivaux face à qui il n'aura même pas un lieutenant capable de lui amener un bidon selon les circonstances de course.