L’homme de baseball en Michel Laplante est déçu du rendement de l’équipe, mais l’administrateur se réjouit de l’affluence au Stade Canac, où les guichets ont tourné à pleine vitesse lors des deux derniers mois du calendrier.

Une saison de misère pour les Capitales

La saison a pris fin comme elle avait commencé : par une défaite. Et entre les deux, plus de mauvaises nouvelles que de bonnes. Résultat, les Capitales de Québec ont connu la pire saison de leur histoire avec une fiche de 38-59. «On va s’assurer que ça n’arrive plus», disait le président de l’équipe Michel Laplante, mardi, au lendemain du dernier match disputé à Ottawa.

Pendant que les Miners de Sussex, les Aigles de Trois-Rivières, les Jackals du New Jersey et les Boulders de Rockland se préparaient pour le début des séries éliminatoires de la Ligue Can-Am de baseball indépendant, ça sentait la fin de saison hâtive dans le vestiaire des Capitales. Déjà, quelques joueurs sont retournés à la maison, des casiers sont vides.

«Quand tu te retrouves parmi les trois ou quatre plus belles villes à jouer dans le baseball indépendant, ce genre de saison ne peut pas arriver. On entend ce que nos partisans disent, on trouve aussi qu’il est inacceptable d’être 23 matchs sous la barre de .500. On espère qu’il s’agit seulement d’un accident de parcours et que ce n’est pas contagieux», ajoutait Laplante.

L’homme de baseball était déçu du rendement de l’équipe, mais l’administrateur se réjouissait de l’affluence au Stade Canac, où les guichets ont tourné à pleine vitesse lors des deux derniers mois du calendrier.

«La réaction des spectateurs m’a étonné et encouragé. Il y a 10 ans, on rêvait à un stade plein tous les soirs, et on l’a presque eu depuis deux mois. Ça nous motive d’avoir eu autant de monde avec une équipe perdante, le support envers le club a été incroyable. Nous réalisons que les gens viennent aussi pour l’ambiance, mais on est trop orgueilleux pour se contenter de ça, on veut offrir du baseball de qualité, une équipe gagnante», ajoutait-il.

Tout croche

Dans son bureau à l’intérieur du vestiaire, le gérant Patrick Scalabrini regarde le tableau blanc où l’on retrouve son alignement. Plusieurs noms seront effacés à tout jamais, quelques-uns seront invités à revenir. Trop tôt pour les identifier, mais on peut penser que les Karl Gélinas, T.J. White, Jonathan De Marte, Yordan Manduley, David Salgueiro et Brandon Fischer seront du nombre.

Au début de la saison, Scalabrini n’aurait jamais pensé faire appel à 52 joueurs pour passer à travers la «pire saison de ma carrière de gérant», admettait-il.

«Pourtant, j’aimais l’équipe qu’on avait en début de saison. Nous étions contents d’avoir quatre vétérans canadiens pour retrouver notre identité des bonnes années. Mais je n’avais pas prévu que ça parte aussi croche avec les blessures, l’absence des Cubains, etc. Bon, je savais qu’on était un peu vieux, mais il y avait aussi quelques joueurs que nous avions surévalués. On a utilisé des joueurs qui n’étaient pas des réguliers, on n’a jamais pu “survivre” jusqu’au retour des joueurs des Jeux panaméricains», analysait Scalabrini.

Il avait espéré que son club soit en position pour le dernier droit, mais les Capitales ont trébuché trop vite. Il a effectué des changements pour relancer l’équipe, en vain, et il en a apporté d’autres pour améliorer la qualité du spectacle.

«Ç’a parti croche et on n’a pas pu ramener le navire. À l’origine, notre rotation devait être dominante, mais ce ne fut pas le cas, à l’exception de Scott Richmond, qui a lancé à la hauteur du partant numéro 3 qu’il était. Mais Karl a été blessé et n’a eu que deux victoires, ce fut plus difficile pour [Arik] Sikula, notre quatrième n’est jamais venu et le cinquième a été blessé. Tout ce qui pouvait aller mal a mal été. On tourne la page et on va rebâtir ça», convenait celui qui fera le deuil de la saison au cours des prochains jours avant de se remettre à la tâche pour reconstruire une équipe à la hauteur des attentes des Capitales.

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FUSION: LES DISCUSSIONS SE POURSUIVENT DANS LE BASEBALL INDÉPENDANT

Dans quelle ligue les Capitales de Québec joueront-ils, la saison prochaine? Les discussions vont bon train à propos d’une fusion entre les ligues Can-Am et Frontier. Un mariage entre les différents circuits du baseball indépendant est aussi dans l’air.

«Nous en saurons plus dans trois semaines, mais depuis le match des étoiles, je n’ai pas cessé de parler avec les gens de la Ligue Frontier. Tout le monde est conscient qu’il vaut mieux se réunir tous ensemble, un peu comme l’a fait la Ligue de la East Coast, dans le hockey mineur professionnel», reconnaît Michel Laplante.

Le président des Capitales est l’un des plus farouches partisans d’une fusion entre les ligues indépendantes. Mais les intérêts de tous et chacun ont souvent mis un frein à ses ambitions, qui n’ont rien de personnel. Il rêve d’une ligue à 12 ou 16 équipes, plus encore, tandis que la Ligue Can-Am ne parvient pas à sortir de son moule à six clubs.

«Présentement, je dirais que chacun met de l’eau dans son vin. Chacun semble d’accord pour faire des concessions. Maintenant, est-ce que ce sera pour 2020 ou 2021, il est important de prendre son temps et d’arriver avec la meilleure solution pour tout le monde. Si j’étais le seul à décider, je voudrais que ça se fasse vite. Mais ce qui est urgent pour moi ne l’est pas nécessairement pour un autre. J’ai juste hâte qu’on soit regroupés tous ensemble», plaidait-il.

Le coût des franchises selon la ligue qui regrouperait tout le monde, le nombre de joueurs vétérans, l’âge maximum pour y évoluer, tous ces points sont à l’ordre du jour des discussions entre les propriétaires des ligues.

Pour l’instant, Laplante est en mode analyse. Les Capitales ont innové, cette saison, en réduisant le prix dans les concessions à l’intérieur du Stade. Il en va de même pour l’équipe sur le terrain.

«Je ne suis pas le genre à analyser chaque élément un par un, je préfère une analyse dans son ensemble. Ce que je sais, c’est qu’à la mi-juin, on s’en allait vers la pire saison de notre histoire aux guichets, mais ç’a viré de bord à partir du 1er juillet», ajoutait celui qui n’a pas l’habitude d’être privé de baseball en septembre, comme c’est le cas.