La présente saison aura constitué pour Marie-Michèle Gagnon une autre étape dans son projet de quatre ans où elle souhaite se concentrer sur les épreuves de vitesse, à savoir les Super G et la descente.

Une pause pour la skieuse Marie-Michèle Gagnon

Après une saison écourtée sur le circuit de la Coupe du monde en raison des craintes liées à la maladie à coronavirus COVID-19, la skieuse alpine Marie-Michèle Gagnon est de retour au Québec depuis quelques jours avant de reprendre le collier à la fin du mois au centre de ski Panorama, en Colombie-Britannique, pour la finale de la série Nor-Am et les championnats canadiens.

«Oui, le coronavirus a troublé un peu la fin de la saison. Non seulement les finales de la Coupe du monde à Cortina d’Ampezzo ont été annulées, mais aussi une course en Chine chez les hommes. La course en Allemagne qui a été annulée parce qu’il n’y avait pas assez de neige n’a pas été reportée ou transférée ailleurs en raison du coronavirus», explique la skieuse de Lac-Etchemin en entrevue avec Le Soleil.

Main fracturée

Ces décisions ne l’ont cependant pas affectée puisqu’elle avait décidé de mettre fin à sa saison sur le circuit de la Coupe du monde le 26 février après s’être fracturé une main. «Durant une compétition, j’avais accroché ma main à la base d’une porte à un endroit où ça passait de plat à pente. Ma main est restée prise sur la porte et mes gants de vitesse ne sont pas rembourrés», explique l’athlète, qui avoue ne pas avoir réalisé l’ampleur de sa blessure sur le coup.

«Au départ, je pensais que ce n’était qu’un bleu. Je suis très résistante à la douleur, alors je ne l’ai pas réalisé avant le lendemain, quand je suis allé passer une radiographie», explique-t-elle.

La skieuse de 30 ans a tout de même disputé une autre course avec sa main cassée. «Ça faisait plutôt mal quand je touchais les portes, disons que c’était un bon timing que ça arrive à la fin de la saison», poursuit celle qui aurait espéré disputer le Super Géant la fin de semaine suivante pour se qualifier pour la finale de la Coupe du monde. «Mais voilà, en fin de compte, ça a été annulé.»

Jeudi, Marie-Michèle s’entraînait à Stoneham pour tester sa main, dont la guérison est bien entamée. «J’aurai ensuite d’autres radiographies et, dans une semaine, je devrais pouvoir retirer mon attelle, ce qui signifiera que ma main sera totalement guérie», confie-t-elle.

Vers la vitesse

Pour elle, la présente saison aura constitué une autre étape dans son projet de quatre ans où elle souhaite se concentrer sur les épreuves de vitesse, à savoir les Super G et la descente.

«Je suis contente, car j’ai été dans le top 30 pour toutes mes épreuves de descente cette année alors que je n’y étais pas arrivée une seule fois l’an passé. Cependant, en Super G, j’ai fait beaucoup de sorties de piste», analyse-t-elle.

Après coup, elle réalise qu’elle a peut-être été un peu trop agressive sur les pistes. «Je ne voulais pas faire comme la saison dernière où j’avais été vingtième à presque toutes les courses. Jusqu’au début du mois de février à Sotchi, j’attaquais trop. Ainsi, j’avais des intervalles très rapides, mais ça entraînait un peu trop souvent des sorties de piste. Par la suite, j’ai commencé à me concentrer sur le fait de me qualifier pour l’équipe A plutôt que de viser les podiums», signale-t-elle.

La fin de saison ayant été bouleversée par l’annulation d’épreuves, Marie-Michèle devra se résigner à ne plus être de l’équipe A, où elle s’était qualifiée depuis 11 ans. «Concrètement, tout ce que ça signifie, c’est que ça me coûtera plus cher pour faire partie de l’équipe», indique celle qui a participé aux Jeux olympiques de Vancouver et Sotchi, mais avait raté ceux de PyeongChang en raison d’une blessure. Au milieu d’un cycle olympique, elle a d’ailleurs déjà les yeux bien tournés vers les Jeux d’hiver de Pékin en 2022.

«Je veux me rendre au moins jusque là après avoir fait le switch vers la vitesse. Il y a une période d’adaptation que je traverse présentement, mais je sens que je suis vraiment proche d’avoir de bons résultats, surtout après avoir réussi une treizième place en décembre», conclut celle qui a un peu mis de côté le slalom et le slalom géant pour se concentrer dorénavant sur les épreuves de super g et de descente en plus de faire quelques combinés.