Samuel Montembeault a aidé les Panthers à récolter un point samedi.

Une journée inoubliable pour Samuel Montembeault

Rimouski — Gamin, quand il rêvait de la LNH, c’est Roberto Luongo qui était l’idole de Samuel Montembeault. Sa figurine trônait dans sa chambre à Bécancour.

Samedi soir à Sunrise, il avait Luongo en chair et en os à ses côtés, pour son baptême dans le circuit Bettman. Il a même eu droit à quelques conseils dans le feu de l’action, après un début de match difficile. Montembeault a finalement livré 18 arrêts aux Panthers, aidant son équipe à récolter un point dans une défaite de 4-3 subie en prolongation face aux Hurricanes de la Caroline. 

«C’est sûr que ce n’était pas le départ que j’espérais. Accorder deux buts sur les trois premiers tirs, ce n’est pas l’idéal. Les deux premières minutes de jeu ont été très longues! Quand je suis revenu au banc (à la pause publicitaire), Roberto m’a encouragé. Il m’a surtout dit de relaxer. J’ai pris deux grandes respirations et après ça, tout s’est placé. Je suis quand même content de mon match», livrait Montembeault, évidemment pas mal plus nerveux qu’à l’habitude samedi. 

«J’ai eu du mal à dormir durant ma sieste avant le match. Le stress était beaucoup plus important. Ça fait partie du jeu. Mes coéquipiers m’ont bien supporté. Ça m’a pris quelques minutes dans le match pour me sentir confortable.»

L’ex-portier des Estacades midget AAA savait depuis son rappel vendredi soir qu’il briserait la glace au cours du week-end. Le plan initial était de lui confier le filet dimanche, mais finalement, il a su samedi matin que ça allait être sa journée. 

Il était reconnaissant envers les Panthers d’avoir manœuvré afin d’avoir ses proches avec lui. Ses parents Mario et Manon, son frère Matthieu, et sa copine Daryanne étaient donc aux premières loges pour assister à ce moment unique. «J’étais vraiment content de vivre ça avec eux. J’ai rêvé longtemps à ce premier match. C’était spécial de le jouer dans le même aréna où j’ai été repêché en 2015. Il ne manquait que la victoire pour que ce soit parfait!»

Montembeault ne pouvait pas passer plus près. Ses coéquipiers ont rapidement rattrapé le retard du début de match. Il n’a cédé qu’une seule autre fois durant les 60 minutes, jouant un rôle important pour pousser ce match en prolongation. Les Panthers ont alors eu trois chances en or fermer les livres. Puis, les Hurricanes ont bénéficié d’un surnombre à deux contre un, qui s’est terminé avec un splendide but de la vedette de l’équipe Sebastian Aho. 

«J’avais anticipé un peu la passe, je pensais pouvoir faire l’arrêt avec la jambière. Il a logé la rondelle juste au-dessus», raconte-t-il, un peu déçu. «Ce n’est pas la fin que je souhaitais… La victoire, ce sera pour la prochaine fois!»

Cette journée l’amène d’ailleurs à croire encore plus fort qu’il sera en mesure de défendre cette forteresse régulièrement à moyen terme. Dans les prochains jours, James Reimer sortira de l’infirmerie, ce qui devrait le renvoyer dans la Ligue américaine. Comptez sur Montembeault pour continuer à pousser afin d’être invité à joindre éventuellement le grand club à temps plein. «La glace est brisée, je sais maintenant à quoi m’attendre. La rondelle sort plus vite de ta zone, mais elle revient plus rapidement aussi. Les gars ont plus de talent, c’est évident. Mais je sais que c’est accessible pour moi.»

À son premier match dans la LNH samedi, Samuel Montembeault, de Bécancour, a reçu les conseils de son idole de jeunesse, Roberto Luongo. Il a terminé sa rencontre avec 18 arrêts, dans une défaite de 4-3 de ses Panthers, en prolongation, sur les Hurricanes de la Caroline.

«Des émotions très fortes»

Après maman de boxeur, le métier le plus dur sur la Terre est peut-être celui de maman de gardien. Toujours sur la ligne de feu. Pas le droit à l’erreur. Tous ces murmures dans les gradins quand un portier semble avoir accordé un but faible…

Pas besoin de vous dire que Manon, la maman de Samuel Montembeault, était sur le gros nerf en début de soirée, samedi, lorsque son fils s’est fait surprendre par deux des trois premiers lancers.

«Nous avons quitté la maison à 3 h du matin pour attraper l’avion, c’est sûr que c’est plus dur gérer ses émotions avec de la fatigue. Je regardais Sam, je voyais bien qu’il était stressé. Ce n’est pas dans sa nature, pourtant! Mais c’est sûr que comme maman, quand tu vois ton gars stressé, eh bien tu stresses aussi!»

Le cocktail d’émotions était assez intense merci. Ce stress se mélangeait avec la fierté de voir un des siens réaliser son rêve. Ajoutez aussi un peu de nostalgie à la recette, avec ces centaines d’heures passées dans les arénas qui ont mené à cette belle soirée en Floride.

«Il a fait le premier tour de la séance d’échauffement seul, c’était beau. Mais ce qui m’a frappé le plus, c’est quand il s’est ensuite préparé pour le match aux côtés de Roberto Luongo. C’était son idole quand il était petit garçon, il essayait de le copier. De le voir à quelques pieds de lui, sur la même glace, c’était émouvant. Nous avons vécu des émotions très fortes en famille.»

Après la journée folle de samedi, les Montembeault se promettaient d’essayer de savourer un peu plus la journée de dimanche, avant le retour au domicile familial lundi matin. «Il fait pas mal beau ici, ça ne donne pas trop le goût de repartir!»

Pariez que Samuel est habité du même sentiment…