Pascale Martineau (mère de Samuel Thomassin), François Vaillancourt (beau-père de Mathieu Betts), Cynthia Cloutier (mère de Betts), Soraya El Goumiri et Judith Grenier (mère de Pierre-Karl Lanctôt) faisaient partie des amateurs présents au stade Tim Hortons, samedi.

Une histoire de sport et d’amitié

HAMILTON — Il était tard quand les plus ardents amateurs du Rouge et Or ont amorcé leur party d’avant-match, samedi matin. Selon leurs propres standards, du moins.

Si 9h peut sembler tôt pour faire cuire un méchoui, déboucher une bière, ou même pour être déjà habillé un samedi matin, c’est l’équivalent d’une grasse matinée pour ces «crinqués», habitués de débuter leur tailgate dès 5h30 lors des matchs disputés au PEPS.

Mais les autorités ne leur ont pas permis de festoyer plus tôt que 9h, samedi, dans un stationnement en bordure du Stade Tim Hortons. Il faut dire que contrairement au stade Telus du PEPS, l’arène de Hamilton est située en plein cœur d’un quartier résidentiel.

N’empêche, l’ambiance était déjà chaude lorsque Le Soleil s’est pointé au cœur du groupe, vers 11h30. Selon Soraya El Goumiri, administratrice de la page Facebook des fans du Rouge et Or, ils étaient entre 500 et 600 dans le stationnement, puis dans les estrades.

«Nous, on est prêts depuis hier!» a-t-elle dit en riant. «On n’a pas dormi beaucoup, on est sortis hier en gang.»

Cette gang, c’est une histoire de sport, mais aussi d’amitié. «Pendant une saison, on fait des connaissances. Des parents vont nous quitter avec la fin de l’année, mais il y en a d’autres qui arrivent l’année suivante. Et ce sont des amis pour la vie», dit Mme El Goumiri.

«Ses chances sont là»

Dans le groupe de samedi se trouvaient plusieurs parents de joueurs portant fièrement les couleurs rouge et or, bien sûr, mais aussi le numéro de fiston, sur le chandail ou dessiné sur la joue. Souvent les deux.

Dont Cynthia Cloutier, maman de Mathieu Betts, joueur de ligne de l’année au Canada pour une deuxième année de suite. Les succès de fiston le destinent à de grandes choses, et Mme Cloutier prévoit déjà l’après-Rouge et Or du plaqueur, que plusieurs voient dans la NFL.

«On va l’encourager, on va mettre de l’argent de côté pour aller voir des matchs. On a déjà commencé à se dire qu’on va avoir besoin d’une plus grande télévision», a-t-elle dit avec le sourire. «Avec ce qu’il donne comme performances en ce moment, je crois que ses chances sont là» d’aller jouer aux États-Unis, a-t-elle ajouté anticipant déjà une période stressante, dans un an et demi, lorsque le football professionnel pourra enfin le courtiser.

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Les Mustangs célèbrent la septième Coupe Vanier de leur histoire.

Gabriel Poulin et les Mustangs savaient...

Les partisans du Rouge et Or à Québec peuvent peut-être se consoler en pensant à la saveur locale dans le triomphe des Mustangs de l’Université Western. D’accord, ce sera peut-être beaucoup demander aux plus ardents fans de Laval. Mais il s’agissait de passer deux minutes avec Jean-Gabriel Poulin pour être conquis par son enthousiasme et sa fierté, samedi après-midi.

«On savait [qu’on allait gagner]. Dans le vestiaire avec le match, on savait», a lancé le secondeur étoile de Lévis, l’un des piliers de la formation gagnante de la 53e Coupe Vanier. «C’est incroyable ce feeling-là. Il y a tellement d’heures de travail derrière ça… C’est incroyable.» Poulin forme avec Nicolas Thériault un duo de joueurs originaires de la région de Québec qui sont désormais champions canadiens avec l’équipe de l’Ontario.

Selon lui, le début de la quête des Mustangs a commencé le 15 novembre 2016, après une défaite crève-cœur de 43-40 contre Laurier, alors qu’ils menaient 40-19 au début du quatrième quart. «On s’est regardés dans les yeux et on s’est dit : “Plus jamais. On ne perd plus un match de football.” C’est le feu qui nous a poussé toute l’année. Je ne connais pas un groupe de gars qui a travaillé aussi fort dans tout le pays.»

Sans surprise, un autre Québécois a joué un rôle-clé dans la rencontre. En plus de ses deux touchés, le porteur Cédric Joseph a grugé 63 verges en 14 courses et 26 grâce à deux attrapés.

«Les mots ne peuvent pas décrire comment je me sens», a dit le Montréalais, impérial pendant les séries éliminatoires. «C’est irréel. Je ne peux pas dire que je suis surpris, mais je suis très heureux du résultat. Évidemment, Laval a une excellente équipe, mais nous sommes arrivés bien préparés.»

Bons mots de Merchant

De son côté, le quart-arrière Chris Merchant n’avait que de bons mots pour ses coéquipiers, de la ligne à l’attaque à ses receveurs, en passant par les porteurs de ballon. «J’avais dit en conférence presse qu’on avait la meilleure équipe au pays, et que j’avais juste à placer le ballon dans les mains de mes athlètes et qu’ils allaient faire les jeux. C’est exactement ce qui s’est passé», a affirmé l’excellent athlète de 6’3’’ et 215 livres.

Le secondeur Fraser Sopik a été nommé joueur défensif de la rencontre, grâce à ses 10,5 plaqués et un sac du quart. Il s’agit d’un septième titre canadien dans l’histoire des Mustangs, qui se rapprochent à deux des meneurs à se chapitre, le Rouge et Or. 

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12: nombre de touchés inscrits par Cédric Joseph en quatre matchs éliminatoires

23: Nombre d’années depuis la dernière conquête des Mustangs