Il y a plusieurs nostalgiques des Expos qui rêvent à un retour du baseball majeur à Montréal.

Une étude ravive les espoirs pour le baseball à Montréal

MONTRÉAL — Même si le groupe se fait discret, le projet de retour du baseball majeur à Montréal progresse bien, affirme Stephen Bronfman.

La publication des résultats d’une étude de marché commandée par son groupe jeudi, 48 heures après que le projet de stade au centre-ville de Tampa eut été abandonné par les Rays, n’a pas manqué de raviver l’espoir des amateurs québécois.

Que les résultats de cette étude soient dévoilés jeudi n’aurait toutefois aucun lien avec l’échec du projet de Stuart Sternberg, le propriétaire des Rays, même si la situation du retour du baseball à Montréal est intimement liée aux dossiers de Tampa et d’Oakland, qui doivent tous deux être dotés de nouveaux stades.

«Ça fait environ 10 jours qu’on a fait circuler ces résultats à nos partenaires», a indiqué Bronfman. «Par la suite, on a fait parvenir une copie au baseball majeur. Ça a pris quelques jours avant qu’ils nous donnent leur appui en raison des Assises d’hiver. Quand on a reçu leur approbation, on a décidé de les publier.»

Cette étude démontre que le projet serait viable à long terme, en plus de confirmer un fort intérêt des partisans, mais surtout de la communauté d’affaires. Ainsi, des entrevues avec 13 dirigeants d’entreprises de premier plan de Montréal ont permis d’apprendre que ceux-ci se porteraient tous acquéreurs d’abonnements de saison, dont 75 % dans des sièges premium. Près de la moitié (46 %) achèteraient quant à eux une loge.

Sans surprise, ils souhaiteraient que le nouveau stade se trouve au centre-ville, qu’il soit facilement accessible par les transports en commun et qu’il puisse avoir «une atmosphère sociale, un design qui s’intègre bien au style architectural local et être une destination accessible toute l’année».

Du côté des partisans, la réponse est encore plus positive. Dans les six groupes de discussion qui ont été mis sur pied, 90 % des participants préfèrent que le stade soit situé proche du centre-ville, et 80 % d’entre eux feraient du vélo, marcheraient ou prendraient les transports en commun pour s’y rendre. Les sièges d’admission générale et les options de sièges premium ont suscité un vif intérêt chez eux.

Au niveau de «l’expérience client», les participants désirent des espaces de rassemblement, une offre relevée d’aliments et de boissons locales, des éléments de design locaux et uniques, des coursives larges et ouvertes et la présence de technologies de pointe.

Le marché potentiel le plus fort

L’étude révèle également que le marché de télévision montréalais se classe dans la moitié supérieure de tous les marchés de la MLB. Montréal serait aussi le marché le plus fort parmi ceux potentiels pour une expansion ou à une relocalisation.

Parmi tous les «marchés potentiels» — l’étude ne les nomme pas, mais les villes de Charlotte (Caroline du Nord), Portland (Oregon), Las Vegas (Nevada), San Antonio (Texas) et Monterrey (Mexique) ont toutes été évoquées dans le passé —, Montréal se classe au premier rang pour la population, le marché de télévision et pour le nombre de sociétés, en plus d’arriver deuxième pour le revenu médian des ménages.

Montréal se classe 15e sur les 27 marchés de la MLB pour la taille de la population métropolitaine, au 18e rang pour le revenu médian des ménages et au 19e rang pour les sociétés dont les ventes annuelles sont d’au moins 5 millions $ et qui emploient au moins 25 personnes.

«On ne sait pas vraiment ce qui se passe à Tampa, mais c’est clair que ça laisse croire que ça pourrait aller plus vite qu’on pensait», a noté Bronfman. «C’est bien. Mais on est aussi prêts pour un projet d’expansion. On est prêts pour tout en fait.»

L’étude de marché et de faisabilité financière a été réalisée par Conventions, Sports & Leisure International. Elle était constituée d’une analyse des données démographiques et socio-économiques qui caractérisent le marché de la région métropolitaine de Montréal. Le processus comportait trois volets : six groupes de discussion constitués à partir de plus de 1300 candidats intéressés, des entretiens individuels avec plusieurs chefs d’entreprise d’envergure de Montréal et un sondage en ligne réalisé auprès de 13 900 personnes.

Si le volet «affaires» apporte un éclairage intéressant, le groupe admet que le sondage s’adressait d’abord aux amateurs de baseball désirant participer au projet. «On n’a jamais dit qu’on cherchait à faire un sondage non partisan», souligne William Jegher, associé chez EY et qui agit comme conseiller auprès du groupe montréalais. «C’était très clair qu’on sondait les gens qui veulent aller voir du baseball à Montréal.»

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LE STADE IDÉAL AURAIT 32 000 SIÈGES

L’étude de marché dévoilée jeudi par le groupe désireux de ramener du baseball majeur à Montréal révèle que c’est un amphithéâtre de 32 000 sièges à un coût moyen des billets de 41 $ qui obtient la cote des partisans ayant répondu au sondage. La configuration idéale serait constituée de 60 loges corporatives, cinq loges pour des groupes, 100 loges ou tables en terrasse et 1400 places de type «club».

On ne sait toujours pas toutefois où serait construit ce stade. «Tout n’est pas entièrement réglé de notre côté, mais quand le terrain sera finalisé, tout sera complet», a dit Stephen Bronfman. «Tout sera bien ficelé et je n’ai aucun doute que l’approbation du commissaire ne sera pas difficile à obtenir.» Une annonce devrait incessamment être faite en ce sens. «C’est la prochaine étape sérieuse qui dira à la MLB et à tous les amateurs que ça avance vraiment, même si ça avance déjà. Mais d’avoir un endroit identifié publiquement pour dire où nous construirons, c’est un message important.»