Mercredi, l’Américain Bryson Dechambeau a économisé ses forces en se laissant porter en voiturette dans les allées du Golf National, où la Coupe Ryder se tiendra à compter de vendredi matin.

Une équipe américaine pleine de champions

SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES — Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Mais là, avec en plus Tiger Woods dans ses rangs, l’équipe américaine n’a jamais semblé aussi armée pour renverser l’Europe sur ses terres.

La formation américaine en vue de la Coupe Ryder est l’une des plus fortes de l’histoire. Elle compte neuf joueurs ayant remporté un total de 31 tournois majeurs, dont près de la moitié par Woods. Elle compte aussi sur Dustin Johnson, de retour au sommet du classement mondial. L’une des trois recrues de l’équipe est Justin Thomas, qui a déjà gagné un tournoi du Grand Chelem et a été numéro un mondial.

L’équipe d’Europe? C’est habituellement celle qui gagne la compétition, surtout quand elle est disputée chez elle. Elle n’est pas composée de mauvais joueurs non plus avec cinq gagnants de majeurs et quatre joueurs parmi les 10 premiers au monde. Certains disent qu’il s’agit de la meilleure formation depuis l’époque du Big Five de la fin des années 1980, quand Seve Ballesteros, Nick Faldo, Bernhard Langer, Ian Woosnam et Sandy Lyle ont amorcé cette ère de domination européenne.

Mais il ne s’agit pas de savoir ce qu’ils ont accompli avant de jouer en Coupe Ryder. Il faut savoir quel genre de joueur ils seront quand ils défendront leur drapeau.

«Je pense que la force de l’Europe est que nous nous rangeons tous les uns derrière les autres. Que peu importe les différends que nous puissions avoir, nous les mettons de côté pendant cette semaine», a souligné Rory McIlroy. «C’est toujours ce que nous tentons de faire.»

Disette de 25 ans

La Coupe Ryder comptera donc cette semaine sur deux des meilleures équipes jamais constituées. Et pour la première fois, la compétition verra les 10 premiers au monde s’y faire la lutte.

L’action se mettra en branle vendredi, au Golf National, où l’estrade principale peut loger moins de 7000 personnes. Les Américains tenteront d’y défendre leur titre, seulement la troisième fois depuis 2002 qu’ils se retrouvent en pareille position.

Au final, la Coupe Ryder sera remportée par l’équipe qui laissera le plus souvent la balle en jeu, surtout en raison de l’épaisse couche d’herbe longue du parcours, et par celle qui jouera le mieux sur les verts. L’Europe bénéficie toutefois d’un important intangible : elle est parfaite à domicile depuis 25 ans.

Plus de cohésion

C’est un peu en raison de cette hégémonie que les Américains tentent depuis quelques années d’avoir plus de continuité. Ils souhaitent qu’en copiant le modèle européen, ils puissent mettre fin à cette disette.

Cela aidera sûrement que la plupart de leurs jeunes joueurs se côtoient à l’extérieur de cette semaine, même à l’extérieur du golf. Thomas et Jordan Spieth sont proches depuis qu’ils ont 14 ans, alors qu’ils avaient été sélectionnés pour représenter les États-Unis au Tournoi des maîtres junior Evian, en France. Thomas et Rickie Fowler sont voisins en Floride. Brooks Koepka a passé son samedi soir la veille de sa victoire à l’Omnium des États-Unis au téléphone avec Dustin Johnson, bien qu’il souligne qu’il ne s’agissait pas d’une longue conversation.

«Il y a un peu plus de cohésion au sein de la formation américaine depuis quelques années. Je crois que ça a réellement à voir avec l’arrivée des plus jeunes golfeurs, qui prennent très au sérieux la compétition», a expliqué McIlroy. «Vous voyez Jordan, Rickie et J.T. ensemble. Ils passent beaucoup de temps ensemble. Ça ressemble un peu à la camaraderie que nous avions dans les années 1990 et 2000.»

L’Europe aime toujours son rôle de négligé, même si elle a gagné huit des 11 dernières éditions. Elle a toutes les raisons de se sentir de la sorte avec l’équipe dont disposent les Américains. Mais c’était aussi la même chose en 1997, à Valderrama, avec cinq champions de majeurs et huit joueurs du top 15 chez les Américains, contre seulement deux pour l’Europe : Faldo et Colin Montgomerie. L’Europe avait gagné.

«Sommes-nous les négligés? Probablement que sur papier, nous le sommes», a reconnu le capitaine Thomas Bjorn. «Mais nous croyons tout de même pouvoir l’emporter. On croit en nos chances, mais surtout, on se concentre sur ce que nous pouvons faire.»

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