Après une fin de carrière décevante avec les Capitales de Québec en 2000, Julien Lépine a eu la chance, en 2002, de réécrire le dernier chapitre de son séjour dans le baseball professionnel. Une chance qu’il n’a pas ratée et qui lui a permis de guérir des blessures.

Une deuxième chance profitable pour Julien Lépine

La vie réserve parfois de belles surprises. Membre de la première heure des Capitales, Julien Lépine a vu sa carrière à Québec se terminer de manière abrupte en 2000. Cette triste fin lui ayant laissé un goût amer, il ne se doutait pas qu’il allait se voir offrir en 2002 la chance de réécrire le dernier chapitre de sa carrière chez les pros et de lui donner une fin heureuse.

«J’allais partir en voyage de camping avec ma blonde, l’auto était paquetée, quand le téléphone a sonné», explique l’ex-joueur d’arrêt-court. «C’était Michel Laplante. Il m’a dit : ‘’ça va pas bien notre affaire, on a des blessés, viendrais-tu nous donner un coup de main? Je lui ai dit que je partais en vacances. Mais quand il a ajouté que je jouerais toute la semaine, j’ai regardé ma blonde et je lui ai lancé : ‘’on change nos plans’’. J’ai passé ma semaine de vacances avec les Capitales. Par la suite, je suis descendu toutes les fins de semaine à Québec. J’ai même joué dans les séries.

«Aujourd’hui, je suis bien heureux d’avoir eu cette chance et de l’avoir saisie. En 2000 avec les Capitales, j’avais un million d’affaires à penser. Là, tout ce que j’avais à faire c’était de jouer au baseball. Ç’a vraiment bien été. Je me suis prouvé que j’étais capable d’évoluer dans la Ligue Northern et j’ai fini ma carrière comme du monde. Ça m’a permis de soigner les blessures.»

Lépine mentionne que son passage avec les Capitales a été le fait saillant de sa carrière. Goûter au baseball professionnel et le faire dans sa ville, dans un stade plein, aux côtés de son frère Olivier et devant les membres de sa famille et ses amis a été pour lui une expérience qu’il qualifie de merveilleuse.

«Je vivais avec les Capitales ce qui se rapprochait le plus de ce que je voyais quand je suivais les Expos. C’était un rêve de petit gars qui se réalisait. Alors, même si je n’ai pas joué dans les majeures, je peux dire que j’ai évolué dans une ligue qui leur ressemblait beaucoup. J’ai été chanceux.»

Complétant le top 3 des faits marquants de sa carrière, Lépine parle de sa participation aux Jeux pan-américains (1999) et de son passage chez les Titans de Brevard Community College (Floride). «C’est là que j’ai réalisé à quel point jouer tous les jours pouvait être exigeant. J’étais passionné et je m’entraînais beaucoup, j’ai toujours aimé mieux m’entraîner que jouer. Mais je me suis aperçu qu’il y avait des gars qui pratiquaient encore plus que moi.»

Le Québécois n’a joué qu’une saison avec les Titans. Attendu en Floride l’année suivante, il est demeuré au Québec. Étudiant à l’université, se retrouver dans un junior college était pour lui un pas en arrière. «La vraie raison, celle que je me cachais peut-être à ce moment-là, était que j’avais réalisé qu’il me manquait peut-être un petit quelque chose pour être aussi bon que les meilleurs. Est-ce que j’ai bien fait? J’y pense souvent.»

La retraite

Lépine a joué au baseball jusqu’au milieu de la trentaine. Après son passage avec les Capitales, il a évolué dans la Ligue de baseball senior du Bas-Saint-Laurent et dans la Ligue de baseball majeur du Québec, où il a porté les couleurs du CIEL-FM de Rivière-du-Loup. Il a pris sa retraite en 2013 pour se concentrer sur son travail chez Moulage sous pression AMT à Saint-Cyprien. 

«À mes dernières années, je n’étais plus capable de jouer comme je l’aurais voulu. Pour être bon sur un terrain, il fallait que je sois en pleine forme. Et j’avais moins de temps pour m’entraîner. Je n’étais donc pas content de ce que je faisais. Ça, ça me faisait mal. Je me suis dit qu’il était temps d’arrêter. Je n’ai eu aucun regret par la suite.»

C’est quand il a commencé à coacher que l’ex-Alouettes de Charlesbourg s’est rapproché de nouveau du baseball. Il a dirigé son fils qui, aujourd’hui âgé de 15 ans, évolue pour les Riverains du Bas Saint-Laurent de la Ligue midget AAA.

«Grâce à mon fils, je n’ai jamais manqué de baseball. Le suivre a été très réconfortant. Il a beaucoup plus de qualités que j’en avais à son âge. Est-ce qu’il y a des choses que j’aimerais qu’il fasse différemment? Oui. Mais pour être bon dans quelque chose, il faut aimer ça et avoir du plaisir. Et c’est facile de jouer dans la tête d’un petit gars de 15 ans. Je le laisse aller. Je pense qu’il a une bonne recette pour réussir.

«Avoir la même passion que mon fils m’aide beaucoup à communiquer avec lui. Le baseball me permet de le rejoindre plus facilement. C’est la même chose avec ma fille qui est dans un programme arts-études en danse et membre du District Danza. Elle a gagné plusieurs compétitions et au mois de juillet, elle s’en va à la Coupe du monde au mont Tremblant, où elle va danser avec sa troupe et aussi un solo. Notre passion commune pour l’entraînement me permet d’amorcer plus facilement des conversations avec elle.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Personnalités marquantes

R Il y en a plusieurs. Je dirais Steve Laboissonnière, un très bon joueur d’arrêt-court dans le junior. J’avais toujours été receveur, mais je voulais jouer à l’arrêt-court où je m’entraînais aussi. Je l’ai eu comme coach dans le midget AAA et c’est là qu’il a commencé à travailler avec moi pour que je puisse jouer à l’arrêt-court. Et Denis Bérubé, mon coach à Rivière-du-Loup. C’est lui qui a monté l’équipe qu’on a eue et qui a été capable d’aller chercher le meilleur de chacun pour que l’on gagne un championnat.

Q Rêve

R J’aimerais retourner en Europe avec ma blonde. Ma mère étant d’origine italienne, j’aimerais vraiment aller en Italie avec toute ma famille. Ma blonde et mes enfants, mais aussi mes parents. Juste pour se rappeler qu’on vient tous de là. 

Q Idoles de jeunesse

R Ozzie Smith. J’avais son poster dans ma chambre.

Q Équipe favorite

R Dans le temps, c’était les Expos. Quand on partait en vacances avec mes parents, on était fâchés mon frère et moi parce qu’on savait qu’on allait manquer des parties de baseball à la télé. Ce n’était pas drôle.