Charles Philibert-Thiboutot et Jean-Simon Desgagnés tenteront de battre le record québécois sur 5 km dimanche matin à l’Université Laval.
Charles Philibert-Thiboutot et Jean-Simon Desgagnés tenteront de battre le record québécois sur 5 km dimanche matin à l’Université Laval.

Une course au record sur fond de rêve olympique

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
L’un rêve à ses premiers Jeux olympiques, l’autre veut y retourner et faire mieux qu’en 2016 à Rio. Dans une année pas comme les autres marquée par la pandémie de COVID-19, Jean-Simon Desgagnés et Charles Philibert-Thiboutot tenteront tout de même de battre le record québécois sur 5 km à partir de 8h55 dimanche matin même si l’épreuve lors de laquelle leur affrontement devait avoir lieu, les 10km de l’Université Laval, a été annulée jeudi.

Le record de 13 minutes 55 secondes est détenu depuis 2005 par le Sherbrookois Paul Morrison, une performance réalisée à Providence, au Rhode Island. Morrison détient aussi le record intérieur sur 5000 m, soit 13:22.39. 

«C’est notre entraîneur Félix-Antoine Lapointe qui nous a suggéré ce défi. Dans des conditions normales, si j’avais tenté de battre un record, ça aurait probablement été aux États-Unis. C’est spécial de pouvoir faire ça chez nous!», commente Philibert-Thiboutot, qui a repris l’entraînement intensif depuis quatre semaines.

L’olympien de 29 ans a déjà réalisé à deux reprises un chrono de 14:04 sur route et un chrono de 13:30 sur piste. 

«Pour bien performer sur route, il faut un parcours rapide et mon 14:04, ce n’était pas sur un parcours rapide. Le parcours de l’Université Laval est plutôt rapide, alors je suis convaincu que si on ne bat pas le record, on ne sera pas très loin!», indique Philibert-Thiboutot. 

Quant à Desgagnés, il a couru tout juste en bas des quinze minutes sur 5 km il y a trois ans et a réalisé un temps de 13:56 sur piste il y a deux ans. L’étudiant en médecine s’attend toutefois à de bien meilleurs résultats.

«J’ai progressé depuis ce temps-là. Le 21 août, j’ai couru 1500 m en 3:41, un record personnel, et normalement, quelqu’un qui fait ça peut courir les 5 km dans des temps proches du record québécois», ajoute l’athlète de 22 ans qui a été élu cette année athlète masculin par excellence du Réseau sport étudiant du Québec et membre de la première équipe d’étoiles du réseau canadien Usports.

Saine compétition

Ni l’un ni l’autre n’aurait toutefois tenté une course au record seul. «On s’entraîne ensemble et c’est davantage une saine compétition qu’une rivalité entre nous. Me mesurer à Charles, c’est extrêmement l’fun, car plus tu progresses, moins tu as de gens avec qui tu peux t’entraîner. Avoir quelqu’un de son niveau pour me pousser jusqu’à la fin, ça va être parfait», analyse Desgagnés. 

«On se pousse vraiment l’un l’autre», ajoute Philibert-Thiboutot, qui a hâte de tenter le coup contre son partenaire et ami, lui qui a été beaucoup ralenti par les blessures depuis quelques années. 

«Ce sera seulement ma troisième course en deux ans, alors j’ai un peu faim!», enchaîne celui qui a couru un 5000 m sur piste à Boston en décembre et un 1500 m sur piste en septembre 2018. 

Desgagnés, lui, a disputé trois courses uniquement au Québec cette année, dont les 1500 m au PEPS de l’Université Laval le 21 août, alors qu’il participe normalement à de sept à dix épreuves par saison.

Rêve olympique

Les deux athlètes de Québec partagent le rêve des Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’an prochain en raison de la pandémie de COVID-19. «Heureusement, seules les compétitions qui auront lieu après le 1er décembre seront admissibles aux qualifications olympiques. Pour moi, qui suis toujours un peu “en retard” à cause des blessures, c’est du temps gratuit. Je minimise les risques à l’entraînement en sachant qu’il reste encore beaucoup de temps avant que les compétitions commencent à compter», explique Philibert-Thiboutot, un spécialiste des 1500 m qui aimerait faire mieux que sa seizième place des Jeux de Rio.

Desgagnés voit aussi d’un bon œil le report des Jeux de Tokyo, qui pourraient être sa première expérience olympique s’il réussit à s’y qualifier. «Ce n’est pas une mauvaise chose du tout, même que c’est encore mieux pour moi, car je serai plus vieux et, si je continue à éviter les blessures, je continuerai à progresser», explique le spécialiste du 3000 m steeple.

On peut aussi dire que la pandémie aura permis aux deux coureurs de prendre une rare pause bien méritée dans leur routine d’entraînement. «Cette année, ça a été pas mal plus mollo de mon côté étant donné que je n’avais aucune compétition au calendrier. J’ai pu porter attention à tous les détails sans tourner les coins ronds», indique Philibert-Thiboutot à propos de sa remise en forme.

«J’ai quand même bien vécu cette période. Ça m’a permis de m’inculquer une certaine routine avec plus de constance dans mes entraînements même si je n’avais pas de course. J’ai plus un mode d’entraînement d’athlète professionnel qui compétitionne un peu moins souvent», conclut pour sa part Desgagnés.