Vincent Thibault (à droite) a renversé l'Argentin Carlos Jerez par décision unanime samedi soir au Centre Vidéotron.

Une bonne dose d'expérience pour Thibault

Contre un pugiliste expérimenté, Vincent Thibault est lui-même allé chercher une bonne dose de sagesse, samedi soir, au Centre Vidéotron. Et une victoire, bien sûr, car il a renversé l’Argentin Carlos Jerez par décision unanime.

«C’est un bon combat d’expérience, je suis vraiment content. Ce sont des combats comme ça qui permettent de progresser», a affirmé le boxeur de Charlesbourg, peu après la confirmation de sa cinquième victoire en autant de combats chez les professionnels.

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En Jerez, il a battu un athlète de 39 ans qui en a vu d’autres, comme l’indique sa fiche de 45-22-4 (18 K.-O.), mise à jour avec sa défaite de samedi. En carrière, il a affronté quatre futurs ou ex-champions du monde: Raul Balbi (2005), «Canelo» Alvarez (2008), Anthony Mundine (2010) et Vyacheslav Senchenko (2013).

«Tu voyais qu’il savait quoi faire dans un ring, qu’il savait quoi faire pour survivre. J’avais de la misère à la toucher avec plusieurs coups en même temps. Il fallait que je donne des coups courts, parce qu’il était imprévisible», a analysé Thibault, un super-moyen (165 livres).

À son premier duel de six rounds en carrière, le Québécois a su gérer ses énergies, même s’il a admis une certaine fatigue au quatrième engagement, pourtant dominé de bout en bout.

Après un premier round remporté par Jerez, Thibault a ouvert la machine aux deuxième et troisième, mais a mieux fait encore au quatrième, où il a bombardé son rival. Jerez semblait soudainement épuisé, ayant perdu toute sa superbe des premières minutes du combat.

L’Argentin s’est malgré tout permis de narguer son rival en lui donnant quelques petits coups sur le nez au moment où l’arbitre demandait aux deux pugilistes de se séparer. Au sixième, il en a ajouté, faisant des signes à Thibault pour qu’il attaque davantage et plus fort. Ce dernier lui a rendu la pareille, jugeant avec raison que l’Argentin avait adopté la fuite comme stratégie dans les dernières minutes. «À la fin, il ne voulait plus. Il n’avait plus rien à donner. Une chance que le ring était petit. [Sinon] ç’a aurait été un marathon», a illustré Thibault.

Au final, les trois juges ont remis des cartes de 59-55, 59-53 et 59-55. Au grand plaisir de la foule, qui comptait quelques centaines de partisans bruyants vêtus aux couleurs de Thibault. Ce dernier a réussi à rester dans sa bulle, mais «c’est vrai que le niveau d’émotion avec la foule, ça donnait un gros high. Au premier round, je me suis dit: “ok, prends le temps de t’installer”.» Il était à la maison, après tout...