Ghislain Vaudreuil, secrétaire-trésorier de la Fédération québécoise de boxe olympique et directeur du Club de boxe pro-am Limoilou

«Une belle victoire» pour les partisans du casque

«C'est une belle victoire pour tous ceux et celles qui prônent le port du casque.» Ghislain Vaudreuil a eu une bonne raison de se réjouir, dans les derniers jours, lorsque Boxe Canada a fait volte-face dans le délicat dossier de cet équipement protecteur.
L'organisme qui régit la boxe amateur au Canada a changé son règlement, vendredi dernier. À l'exception des Championnats canadiens, tous les tournois disputés au Canada se feront avec casques. L'objet était pourtant interdit depuis plusieurs mois chez les hommes de 19 à 40 ans ayant 10 combats d'expérience.
Secrétaire-trésorier de la Fédération québécoise de boxe olympique (FQBO) et directeur du Club de boxe pro-am Limoilou, M. Vaudreuil avait livré en mars 2016, dans Le Soleil, un vibrant plaidoyer pour le retour du casque. Quelques mois plus tard, les membres de la FQBO votaient en grande majorité pour la réintégration de l'objet au Québec, allant à l'encontre de leur fédération-mère.
La présidente de la FQBO, Diane Béchard, a porté avec succès le message de ses membres au niveau canadien, mais elle refuse de prendre le crédit. À sa surprise, c'est d'ailleurs le bureau de direction de Boxe Canada qui a ajouté ce sujet à l'ordre du jour, vendredi, lors d'une assemblée spéciale.
«Je dirais que ç'a été un travail d'équipe, parce que beaucoup de gens le souhaitaient», a-t-elle dit au Soleil, ajoutant que la motion a été adoptée à l'unanimité par les fédérations provinciales. «Ça prouve que les gens ont fait leur cheminement. C'est un heureux revirement. On revient avec ce qu'on avait toujours eu avant chez les amateurs.»
«Je suis très satisfait du travail effectué par ma présidente. Elle a bien défendu le dossier», a réagi M. Vaudreuil, qui avait déjà menacé de créer une nouvelle fédération si la FQBO ne tenait pas compte de l'avis de ses membres.
Données scientifiques contradictoires
Au coeur de la mésentente, les données scientifiques sur les effets du port du casque. En imposant l'interdiction aux fédérations nationales en 2014, l'Association internationale de boxe amateur (AIBA) plaidait qu'une étude démontrait ses effets néfastes, surtout pour les commotions cérébrales. D'autres recherches attestent pourtant du contraire, soutiennent les pro-casques.
L'AIBA a elle-même ouvert la porte aux fédérations nationales pour qu'elles assouplissent leur réglementation. En réintégrant le casque, Boxe Canada se rallie en quelque sorte à USA Boxing, qui a toujours obligé cette protection.
Même si le président de Boxe Canada, Pat Fiacco, continue de soutenir que les athlètes de l'élite sont plus en sécurité sans casque, le virage de la semaine dernière démontre un changement de mentalité, croit Ghislain Vaudreuil. «Il faut croire que les gens de Boxe Canada ont réalisé que notre argumentaire était véridique, qu'ils ont bien réfléchi, car ils ont quand même reculé», soutient-il.