Une balle autographiée par toutes ces légendes du baseball lors de leur intronisation au Temple de la renommée du baseball, en 1939, a été vendue lundi pour une somme record de 623 369 $.

Une balle vendue pour plus de 600 000 $

LOS ANGELES — Si vous étiez propriétaires d’une balle de signée par Babe Ruth et Lou Gehrig, vous auriez tendance à croire qu’aucune autre balle ne pourrait valoir plus cher.

Mais, si vous possédiez une balle signée par Babe Ruth, Honus Wagner, Ty Cobb, Cy Young, Tris Speaker, George Sisler, Walter Johnson, Connie Mack, Nap Lajoie, Eddie Collins et Pete Alexander, le jour où ils ont été intronisés au Temple de la renommée du baseball, changeriez-vous d’avis?

Une telle balle vient d’être adjugée pour 623 369 $, a indiqué SCP Auctions, lundi. Cette vente a écrasé le précédent record de 345 000 $ pour une balle signée, établi en 2013 par la balle Ruth-Gehrig.

Le vendeur n’a pas été identifié, et le plus gros enchérisseur, qui a doublé 28 autres acheteurs potentiels, serait un collectionneur californien.

L’unique immortel qui n’a pas signé la balle est Lou Gehrig, qui se dirigeait à ce moment-là à la Clinique Mayo, au Minnesota, où il allait recevoir son diagnostic de SLA, la maladie qui allait mettre fin à carrière, prendre sa vie et porter son nom. 

Le Temple de la renommée du baseball a ouvert ses portes pour la première fois le 12 juin 1939, même si les premiers intronisés étaient choisis depuis 1936. La plupart étaient déjà morts.

Marv Owen, un troisième-but pour les Tigers de Detroit, qui y était pour jouer un match de démonstration afin de souligner l’évènement, a eu le flair de reconnaître l’importance du moment. Il a apporté avec lui deux balles qu’il a fait signer par les 11 hommes — une pour lui et une pour son ancien coéquipier Hank Greenberg.

«Il est très difficile de retracer l’origine des balles autographiées, le moment où elles ont été signées, les circonstances de leur acquisition», explique Dan Imler, vice-président de SCP Auctions. «Celle-ci est incroyable. C’est comme si elle nous faisait revivre ce moment, ce qui est rare, très rare pour une balle.»

Plusieurs des balles signées ce jour-là ont survécu, mais la plupart arborent des signatures d’autres joueurs ou d’autres dignitaires qui diminuent leur valeur. 

Signée avec soin

Les noms n’ont pas été gribouillés à la hâte sur la balle non plus. C’est à se demander si Owen a pensé aux futurs collectionneurs quand il a récolté les signatures avec une encre durable et foncée. Et l’emplacement des signatures ne semble pas fortuit non plus. Sur l’un des panneaux de la balle, l’une à la suite de l’autre, on retrouve Cobb, Ruth et Wagner, qui étaient considérés comme les trois plus grands joueurs de tous les temps à l’époque, avec Walter Johnson, considéré alors comme le plus grand lanceur, flottant au-dessus.

«Au final, on peut dire que le panneau de Cobb, Ruth et Wagner donne toute la valeur à cette balle», croit pour sa part Kevin Keating, de Professional Sports Authenticator, qui a authentifié le précieux objet. «Ils sont l’élite de l’élite. Le simple fait qu’il [Owen] ait obtenu ces signatures de cette manière, dans cet ordre précis sur un panneau, ça semble presque voulu.»

Owen a placé la balle dans un coffret de sûreté, et sa famille l’a gardée jusqu’en 1997, lorsqu’elle a été vendue pour 55 000 $.

La balle détenue par Greenberg, lui-même intronisé au Temple en 1956, a été perdue dans l’Histoire.