L'arbitre en chef Arnaud Gabas reçoit de l'aide après avoir été atteint par une balle durant la troisième manche d'un match de la Coupe Davis entre le Canada et la Grand-Bretagne, dimanche.

Une balle dans l'oeil de l'arbitre... et dans le pied de son équipe

De rage, il frappe la balle... qui fonce pile dans l'oeil de l'arbitre et lui laisse une grosse ecchymose: «gêné et honteux», le joueur canadien Denis Shapovalov a présenté ses excuses après cet incident rarissime qui a valu dimanche à son équipe d'être éliminée de la Coupe Davis.
«Je promets que c'est la dernière fois que ça se produit. J'ai retenu la leçon. Je suis chanceux que l'arbitre n'ait rien de grave, mais c'est quand même inacceptable de ma part», a assuré Shapovalov après sa disqualification et l'élimination de son équipe face à la Grande-Bretagne.
C'est contrit et les yeux rougis que le Canadien de 17 ans, anonyme 251e joueur mondial, a «exprimé son profond regret» après l'incident qui a sonné l'arbitre de chaise, le Français Arnaud Gabas, dont la journée s'est terminée à l'hôpital d'Ottawa avec une jolie ecchymose.
Le Canadien Denis Shapalov se couvre la tête avec une serviette après sa disqualification.
Au cours du cinquième match, décisif, le gamin canadien, largement dominé par le Britannique Kyle Edmund (6-3, 6-4, 3-1), frappe dans un geste d'humeur une balle... qui finit sa course en plein dans le visage de l'arbitre de chaise.
Visiblement sonné, l'arbitre français met quelques minutes à reprendre ses esprits et arrête la rencontre. Le maladroit Shapovalov est logiquement disqualifié, envoyant du même coup les Britanniques au prochain tour, où ils affronteront la France.
Il était jusque-là surtout connu pour avoir sorti le bad boy australien Nick Kyrgios au premier tour du Masters 1000 de Montréal en juillet 2016.
La Fédération internationale de tennis a précisé dans un communiqué que Gabas était allé à l'hôpital par précaution avant de souligner le caractère involontaire du geste d'humeur.
De son côté, le capitaine canadien Martin Laurendeau a également joué l'apaisement.
«Je ne crois pas que c'était intentionnel. Mais c'est une leçon qu'il va retenir pour avancer. C'est un enfant, mais il ne se cache pas, ce n'est pas son genre. Il a énormément de talent, mais c'est juste le début de sa carrière», a confié Laurendeau.
«Savoir contenir ses émotions sur le court, c'est de toute façon quelque chose qu'il va devoir savoir faire s'il veut faire carrière dans ce sport», a-t-il ajouté. «Cette leçon peut lui servir pour le reste de sa carrière et de sa vie.»