Christian Lemelin (à gauche) et François Trout font partie d'un groupe qui aimerait voir Québec se doter d'un vélodrome.

Un vélodrome au Colisée?

L'idée de recycler le Colisée de Québec en vélodrome s'avère séduisante. Mais c'est loin d'être une finalité pour le groupe nouvellement formé pour organiser et promouvoir le projet. Le site de la centrale de police du parc Victoria est aussi dans la mire.
Oubliez les économies au Colisée. Difficile de croire qu'il en coûterait moins que les 40 à 50 millions $ nécessaires à l'érection d'un vélodrome neuf pour remettre l'aréna désaffecté aux normes et aménager le tout aux désirs des cyclistes.
Et une piste aux dimensions internationales, soit d'une longueur de 250 mètres, grimperait au centre jusqu'au sommet des mezzanines, le deuxième des trois niveaux de sièges. À partir d'un plancher plus élevé que la patinoire, jusque sous l'anneau de loges corporatives. Pour ne pas retirer de gradins, la piste doit avoir au plus 166 mètres de long et des virages inclinés à 50 degrés, contre 42 degrés pour une construction standard.
Ça discutaillait pas mal samedi matin à l'Archibald Duplessis, où une dizaine de gars de bicycle étaient réunis. Le journaliste à la retraite Christian Lemelin et l'ancien président du centre national d'entraînement de Saint-Augustin-de-Desmaures, François Trout, mènent le groupe. Des gens du Tour de Beauce, du Tour du Silence, un conseiller de Lévis, un ancien coureur qui veut démarrer un club cycliste Rouge et Or, le père d'un coureur d'élite.
Moment bien choisi
Trout rappelle que le vélodrome extérieur de Saint-Augustin est tombé sous le bulldozer en 2007, victime de la fusion-défusion. Montréal a eu son vélodrome intérieur en béton pour les Jeux olympiques de 1976; on y trouve aujourd'hui lynx et manchots, c'est le Biodôme. Bromont abrite à ce jour la seule piste au Québec, à l'air libre.
Le Colisée a déjà hébergé une piste cycliste. En mai 1964, les Six-Jours avaient mis aux prises huit pays et leur équipe nationale dans une compétition enlevante, selon les journaux de l'époque. Les normes de course internationale étaient alors plus souples.
Samedi, quelqu'un a lancé l'idée d'une campagne baptisée «J'ai ma piste», à la blague. On doute de la seule possibilité de réutiliser le Colisée pour quelque activité que ce soit. L'endroit serait irrécupérable, selon l'homme qui a vu l'ours.
Le moment reste bien choisi pour porter l'idée que Québec doit avoir son vélodrome, estiment-ils néanmoins. Le gouvernement du Québec veut promouvoir davantage l'activité physique et y mettre l'argent; les élections municipales ont lieu l'automne prochain; un anneau de glace couvert verra bientôt le jour à Québec; le Canada sportif souhaite investir dans les chances de médailles, plus favorables sur piste que sur route.
Un projet de vélodrome intérieur avec quatre courts de tennis au centre a été développé par Trout au lendemain de la mort du complexe de Saint-Augustin, mais sans suite. Aussi vers 2008, Saint-Georges de Beauce avait franchi plusieurs étapes vers la construction d'une telle infrastructure, l'entreprise Canam en appui, mais le maire avait opposé une fin de non-recevoir.
Lubie d'un groupe d'enthousiastes ou début d'un réel projet porteur? L'Australie compte six vélodromes intérieurs sur son territoire, les États-Unis, un seul, à Los Angles. Le Canada en compte deux, plus un sous dôme gonflé. Seul celui de Milton en Ontario, érigé pour les Jeux panaméricains de 2015, répond aux normes de l'Union cycliste internationale.