Diego Costa a permis à l'Espagne de récolter trois points, mercredi.

Un troisième but pour Costa, l’Espagne bat l’Iran 1-0

KAZAN — L’Espagne a percé le mur persan : la Roja a souffert, mais elle a trouvé la clé pour vaincre l’Iran 1-0, mercredi, sur un but chanceux de Diego Costa, rejoignant le Portugal en tête du groupe B et se rapprochant des huitièmes de finale du Mondial.

Déjà auteur d’un doublé dans le match nul de 3-3 contre les Portugais, Costa a marqué à la 54e minute son 3e but dans cette Coupe du monde presque sans le vouloir, un défenseur iranien lui ayant dégagé le ballon sur le genou.

«J’ai eu un peu de chance sur le but, mais j’en suis heureux parce que c’était un match très disputé», a savouré l’Hispano-Brésilien. «Les Iraniens étaient repliés derrière et nous savions qu’il fallait être patients.»

Ce but peu esthétique a parfaitement résumé un match poussif où l’Iran a défendu avec acharnement, étouffant le séduisant jeu espagnol. Et l’équipe entraînée par Carlos Queiroz est venue bien près de créer l’égalité, un potentiel but égalisateur de Saeid Ezatolahi à la 63e minute ayant finalement été refusé pour hors-jeu après consultation des arbitres vidéo, alors que la Team Melli célébrait déjà son exploit.

Cette joie frustrée résume bien le ressenti des spectateurs devant cette bouillie de football, servie dans le bourdonnement entêtant des vuvuzelas, ces trompettes popularisées au Mondial 2010 en Afrique du Sud qui ont dû rappeler de bons souvenirs aux Espagnols, sacrés cette année-là.

Une nulle suffirait

Pour la Roja, l’essentiel est là : cette première victoire permet à l’Espagne de rejoindre le Portugal avec 4 points en tête, devant l’Iran (3 pts). Et lors de la dernière journée, elle aura l’avantage d’affronter le Maroc, déjà éliminé, pour tenter de se qualifier et de s’assurer la première place du groupe B. Un match nul lui assurerait en tout cas une place dans le tableau final.

Les Portugais, bourreaux des Marocains dans l’après-midi (1-0) grâce à Cristiano Ronaldo, devront pour leur part se coltiner l’Iran et ce ne sera sûrement pas agréable, tant l’Espagne a peiné mercredi.

La première demie a ressemblé à une mauvaise caricature d’attaque-défense, les Iraniens dégageant à l’emporte-pièce tandis que l’Espagne, tournant autour de la surface, cherchait en vain l’ouverture.

Les défenseurs centraux Gerard Piqué, dont c’était la 100e sélection, et Sergio Ramos se sont souvent retrouvés dans les quarante mètres adverses à apporter en vain le surnombre face au mur iranien. Et le temps de jeu effectif de la première demie a été incroyablement bas à mesure que l’Iran cassait le jeu...

Inaction payante

Confronté au premier casse-tête de son tout frais mandat de sélectionneur, Fernando Hierro a choisi... de ne rien changer.

Et la suite lui a donné raison puisque son maître à jouer Andrés Iniesta, qui n’avait plus d’essence dans le moteur à l’heure de jeu, a tout de même trouvé l’inspiration pour percer plein axe et servir Costa. Ce dernier a pivoté et contré sans le vouloir le dégagement d’un défenseur, expédiant le ballon au ras du poteau.

Après avoir outrageusement dominé, la Roja aurait pu tout perdre si l’arbitre avait validé le but d’Ezatolahi. Mais alors que tous les remplaçants iraniens envahissaient la pelouse comme pour célébrer un titre mondial, l’homme au sifflet a écouté dans l’oreillette ce que lui glissaient ses collègues installés devant la vidéo et a annulé la réussite.

«Je pense que nous méritions un peu plus à la fin du match», a déploré Queiroz, saluant «l’attitude guerrière de [ses] joueurs, qui auraient dû ramener quelque chose».

Mais l’Espagne tenait sa victoire et ce 22e match consécutif sans défaite pour la Roja récompense l’équipe qui a voulu créer, face à celle qui a souhaité détruire.