Un triplé historique pour ABM [VIDÉO]

Médaillé de bronze à PyeongChang en slopestyle, le skieur acrobatique de Québec Alex Beaulieu-Marchand vient de réaliser un triplé historique des XGames en remportant samedi, la veille de son anniversaire, le bronze à l’épreuve de ski urbain Real Ski. Avec ses médailles d’argent en slopestyle et au Big Air remportées aux XGames de Aspen en janvier, il devient le premier skieur à décrocher une médaille dans chacune de ces épreuves la même année.

L’épreuve Real Ski est en fait un concours où les participants doivent présenter une vidéo de 90 secondes de ski en environnement urbain. Celui qui est surnommé ABM y avait été invité par le jury et comptait dans son équipe deux autres résidents de Québec, Antoine Caron qui se chargeait de filmer ses prouesses et Raphaël Desharnais, responsable du montage.

La vidéo où on peut voir Alex sauter et pirouetter par-dessus des estrades, un camion minier et même un bac de récupération et descendre sur des rampes d’escalier a mérité la troisième place au concours qui a été remporté par un autre Québécois, Philippe Casabon de Shawinigan. 

«C’est vrai que c’est difficile de remporter des médailles au slopestyle, au Big Air et au Real Ski. D’abord parce qu’au Real Ski, à moins d’avoir gagné l’année précédente, tu dois être invité par le jury. Il y a aussi le fait que pour le Real Ski, tu dois vraiment te consacrer presque uniquement au ski urbain pendant trois mois, ce qui est difficile quand tu t’entraînes aussi pour les deux autres épreuves», explique-t-il en entrevue téléphonique avec Le Soleil depuis Whistler, ajoutant qu’en faisant des cascades en milieu urbain, un skieur augmente aussi les chances de se blesser.

«J’ai commencé le 13 novembre et je n’ai presque fait que ça en novembre, décembre et janvier. J’ai choisi de ne faire aucune des épreuves de la Coupe du monde pour me concentrer là-dessus. J’y ai vraiment mis toute mon énergie. C’était un peu un rêve, après avoir grandi en faisant du ski urbain, de participer à une épreuve comme celle-là. Après une année olympique, je me disais que c’était un bon moment pour le faire », indique celui qui, avec son équipe, a tourné ses prouesses au Saguenay, en Gaspésie et bien sûr dans la capitale.

Vive la neige

Et alors que plusieurs pestent contre les grandes quantités de neige qui se sont abattues sur le Québec cette année, Alex avoue que la météo a sûrement joué un rôle dans sa dernière médaille de bronze. «Au Québec, nous sommes vraiment choyés. Nous avons eu beaucoup de neige et très tôt dans la saison. En plus, les gens comprennent et sont corrects quand on leur demande la permission pour filmer chez eux. Je n’ai vraiment pas eu de difficulté à obtenir les autorisations nécessaires pour filmer aux endroits qui m’intéressaient», souligne l’athlète qui fêtait ses 25 ans dimanche.

Finalement, la «pause» prise par Alex dans son entraînement pour les autres épreuves lui aura été bénéfique puisqu’il est sorti des XGames avec deux médailles au cou en janvier. «Ce n’est pas compliqué, j’ai fini avec la meilleure saison de ma vie. Je pense qu’en faisant beaucoup de ski urbain, après ça quand tu arrives en slopestyle, plus rien ne te fait peur. J’avais probablement moins peur que les autres d’essayer certaines choses.»

Sera-t-il tenté alors de répéter la même routine l’an prochain? «Malheureusement, comme je n’ai pas terminé premier, ma seule chance de revenir dans l’épreuve de Real Ski sera si je suis le choix du public. Pour les invitations, le jury tente de varier les compétiteurs d’une année à l’autre. Par contre, si je suis le choix du public, c’est certain que je vais le refaire.»

Retour au bercail

Pour l’instant, Alex a surtout hâte de rentrer à la maison pour la Coupe du monde de snowboard et ski freestyle qui aura lieu à Québec dans quelques jours. Il prendra part à l’épreuve du Big Air. «Je l’ai fait il y a deux ans et c’est vraiment un bel événement. Le seul point négatif est que le saut est sur des échafauds et qu’on est un peu restreints sur la grosseur du saut. C’est assez petit par rapport au Big Air des XGames ou des championnats du monde et on a environ une seconde de moins dans les airs. Ça rend beaucoup plus compliquée la possibilité de faire des manoeuvres plus difficiles comme le triple flip, que je crois un seul skieur a déjà réussi à Québec», indique-t-il.

Par contre, Alex ne raterait pour rien au monde cette occasion de compétitionner dans sa ville devant ses proches. «C’est toujours une émotion particulière. Il y a deux ans, il y avait aussi une épreuve de slopestyle à Stoneham où j’avais fini troisième. Malheureusement, cette épreuve n’est plus là. J’aurais bien aimé ça y participer encore», conclut-il.