Congédié après seulement une saison à Vancouver, John Tortorella profite d'un nouveau souffle à Columbus. Plus posé, celui qui a remporté sa 500e victoire dans la LNH dimanche se dit conscient d'être plus proche de la fin de sa carrière d'entraîneur que du début, ce qui l'a amené à se réinventer.

Un «Torto» nouveau genre

Debout à l'endroit où il a vécu un des moments les plus marquants - voire affreux - de son bref passage avec les Canucks de Vancouver, John Tortorella semble devenu un homme plus posé près de trois ans plus tard.
L'entraîneur-chef des surprenants Blue Jackets de Columbus a toujours ce feu ardent à l'intérieur de lui, mais cette fois, il a dirigé un entraînement avec un grand sourire au visage.
Évidemment, les succès des Blue Jackets y sont pour quelque chose, mais Tortorella prend un peu plus le temps de voir le bon côté des choses après un passage difficile derrière le banc des Canucks.
«Je suis sur le dernier neuf en ce qui concerne ma carrière d'entraîneur», a mentionné Tortorella, beaucoup plus serein. «Tu changes certainement ta façon de gérer les choses.»
L'incident est survenu au Rogers Arena, le 18 janvier 2014. Une mêlée générale a éclaté seulement deux secondes après le début d'un affrontement entre les Canucks de Tortorella et les Flames de Calgary.
Furieux de ce qui s'était passé, Tortorella a tenté de s'en prendre à l'entraîneur-chef des Flames, Bob Hartley, au vestiaire de l'équipe, entre deux périodes. Ce geste lui aura finalement valu une suspension de 15 jours.
Les Canucks ont ensuite raté les séries pour une première depuis 2008 et ils ont congédié Tortorella après seulement une saison. Ce dernier ne savait pas ce que l'avenir lui réserverait. «Ça fait partie de l'emploi, a-t-il affirmé. Ça te donne l'occasion de prendre du recul et de faire une introspection.»
L'occasion qu'il attendait est arrivée au début de la saison 2015, quand les Blue Jackets ont limogé l'entraîneur-chef Todd Richards après un départ de 0-7. Ils ont malgré tout raté les séries, mais Tortorella a établi les bases pour un groupe qui présente maintenant une fiche de 20-5-4 cette saison.
Exigeant, mais juste
Fort d'une conquête de la Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay, en 2004, et d'une 500e victoire en carrière dans la LNH, acquise contre les Canucks, dimanche, Tortorella est exigeant envers ses joueurs et ceux-ci répondent de la meilleure façon possible.
«Si tu travailles fort et que tu joues de la façon dont il veut que tu joues, il n'y aura pas de meilleur entraîneur-chef», a insisté le capitaine des Blue Jackets, Nick Foligno. «Je n'ai pas répondu aux attentes la saison dernière et il y a eu des tensions, mais nous avons eu une discussion franche pendant la saison morte et j'ai pu lui montrer quel genre de joueur j'étais.»
«Il veut que tous les joueurs soient bons chaque soir, a exprimé l'attaquant Scott Hartnell. C'est ce que tu veux entendre de la part de celui qui mène le bateau.»
Les Blue Jackets ont remporté leurs neuf derniers matchs et ils ont obtenu au moins un point au cours de leurs 11 derniers. Ils possèdent également le meilleur jeu de puissance de la LNH et leur gardien Sergei Bobrovsky domine le circuit Bettman avec 19 victoires.