L'entraîneur-chef Marc-André Dion et le Notre-Dame tenteront de remporter un deuxième Bol d'or consécutif, du jamais vu depuis les Cheetahs de Vanier en 2006 et en 2007.

Un titre à défendre pour le CNDF

Pour la première fois depuis 2012, une équipe de football collégial de Québec entame une saison comme championne en titre du Bol d'or en division 1. À l'aube de la saison 2017, la pression est-elle sur les joueurs du Notre-Dame du Campus Notre-Dame-de-Foy de répéter leur exploit de l'automne dernier ou encore est-ce Limoilou, Garneau et Lévis-Lauzon qui se doivent de les imiter s'ils veulent continuer d'attirer les meilleurs espoirs de la grande région de Québec? Alors que la saison s'amorce vendredi soir à Lévis et Saint-Augustin, Le Soleil s'est entretenu avec les entraîneurs-chefs de chaque formation : Marc-André Dion, Dave Parent, Claude Juneau et Pierre-Alain Bouffard.
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Notre-Dame : de chasseur à chassé
«C'est sûr que c'est quand même spécial, tout le monde va vouloir notre peau.»
À pareille date l'an dernier, Marc-André Dion avait les yeux bien fixés sur un premier Bol d'or en division 1 pour le jeune et dominant programme de football du CNDF. Avec une formation vue par plusieurs comme favorite pour les grands honneurs, l'entraîneur-chef du Notre-Dame se plaisait à rappeler que l'équipe à battre demeurait les champions en titre de la saison précédente, les Cougars de Lennoxville.
Suivant la même logique, on peut dire que la cible est maintenant sur le dos de sa troupe. De chasseur en 2016, le CNDF est maintenant chassé. 
«C'est un nouveau groupe, mais c'est sûr que notre but est de défendre notre titre. Une fois que tu as goûté à la victoire, tu sais encore plus que les autres à quel point c'est bon. Le défi est plus élevé que l'an dernier, mais si tu ne joues pas pour gagner le Bol d'or, tu n'es pas à la bonne place», admet l'entraîneur.
D'une bonne équipe, les siens pourraient devenir une grande équipe, croit Marc-André Dion, s'ils parviennent à remporter deux Bols d'or consécutifs, du jamais vu depuis les Cheetahs de Vanier, en 2006 et en 2007.  
La commande n'est cependant pas facile pour le Notre Dame, qui a vu son noyau de vétéran graduer et rejoindre en vaste majorité le Rouge et Or, ce printemps. Du nombre, le plaqueur Samuel Maranda-Bizeau, le botteur David Côté, le porteur de ballon Luca Perrier, le centre Nicolas Guay et le quart-arrière David Pelletier étaient tous dominants à leur position. 
N'empêche, Dion peut encore compter sur le meilleur receveur au Québec, Vincent Forbes-Mombleau. Le pilote a également confiance en ses vétérans qui attendaient leur tour depuis un an ou deux. Il cite en exemple le porteur de ballon Gloire Muganda, révélation de la fin de la saison dernière, et le quart-arrière Philippe Charpentier, qui a transféré de Lanaudière au milieu de son parcours collégial. «Un gars de 6'4'' avec un excellent bras qui travaille fort.»
Pour ce qui est de remplacer la puissante jambe de Côté, le Notre Dame a reçu un cadeau un peu inespéré, ce printemps. Nommé joueur par par excellence sur les unités spéciales en division 1 à sa deuxième saison à Lennoxville, l'an dernier, le botteur Vincent Blanchard désirait changer de branche et entamer des études pour être pompier. C'est ce qui l'amène au CNDF cet automne, ayant obtenu sa libération des Cougars.
Fiche l'an dernier : 8-1 (champions du Bol d'or)
Recrues à surveiller : Francis Bouchard (secondeur), Vincent Carbonneau (receveur), Grégoire Martin (porteur de ballon)
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Le nouveau visage des Faucons
Joueur et entraîneur adjoint chez les Faucons durant le long règne de Richard Savoie, Pierre-Alain Bouffard a été à l'école de celui qu'il remplacera cette saison comme entraîneur-chef. Mais attention, prévient le nouveau venu, en terme stratégique, les deux hommes ne se ressemblent pas. 
C'est que Bouffard adhère à ce que l'on pourrait appeler le nouveau football. L'idée est de «conserver le ballon le plus longtemps possible en offensive», explique-t-il. Ce qui veut dire régulièrement essayer d'obtenir un premier jeu sur un quatrième essai plutôt que de dégager ou tenter un placement. 
Partisans de la vieille école au coeur sensible s'abstenir. «C'est comme ça que je dirigeais chez les Corsaires de Pointe-Lévy et c'est une philosophie que je veux amener à Lévis-Lauzon. Prendre des chances et vivre avec», lance celui qui a été catapulté dans ses nouvelles fonctions au milieu de l'été à la suite du départ surprise de Savoie.
Pierre-Alain Bouffard, le nouvel entraîneur-chef des Faucons de Lévis-Lauzon
La saison dernière en était une de reconstruction pour les Faucons, qui venaient de perdre plusieurs joueurs marquants du programme. Cet automne, Bouffard voit plutôt une tertiaire à maturité sur laquelle la défensive pourra s'appuyer. Même chose avec la ligne offensive, qui donnera le ton de l'autre côté du ballon, mené par le futur Rouge et Or Philippe Robitaille, l'un des meilleurs gros bonshommes au pays. Ajoutez à cela le porteur de ballon Joanik Masse, meneur du circuit en 2016 pour les verges au sol, et Lévis-Lauzon devrait courir beaucoup, cette saison. Car à la position de quart-arrière, un point d'interrogation demeure. Le Français Grégoire Noël, intercepté 16 fois la saison dernière, s'est beaucoup amélioré, assure Bouffard, mais la recrue Adrien Guay pourrait aussi lui ravir le poste.  
«Je pense que l'on a une équipe pour faire les séries, mais je n'ai pas d'objectif en tant que tel. On va mettre l'accent sur un match à la fois, même un jeu à la fois.» 
Fiche l'an dernier : 2-7 (exclus des séries)
Recrues à surveiller : Adrien Guay (quart-arrière), Louis-Pierre Nappert (porteur de ballon), Marc-Olivier Boucher (receveur)
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Les Titans prêts à «redevenir Limoilou»
Les Titans de Limoilou ont longtemps été une puissance du circuit collégial division 2 avant de graduer dans la meilleure ligue de la province, en 2015. Deux ans plus tard, Dave Parent sent qu'il a «tout en place pour redevenir Limoilou» en division 1. C'est-à-dire aspirer annuellement aux grands honneurs. 
Pour se faire, l'entraîneur-chef espère non seulement participer aux séries, comme l'an dernier, mais aussi se classer parmi les quatre premières des dix équipes de la ligue, histoire d'avoir l'avantage du terrain au premier tour des éliminatoires. «Après, tout est possible.»
«L'important pour nous, c'est la continuité. Ne pas faire de pas en arrière. L'an dernier, on a pris un bon pas vers l'avant. Mais depuis que l'on a gradué en division 1, on a toujours eu un point d'interrogation à la position de quart-arrière.»
Résultat, les Titans ont terminé l'automne dernier avec le deuxième plus bas total de points marqués du circuit. Cette fois, le pilote croit avoir trouvé son homme derrière le centre. Recrue l'an dernier, Olivier Bamrounsavath a ravi le poste de quart-arrière au deuxième match de la saison pour le conserver par la suite.
Dave Parent, entraîneur-chef des Titans de Limoilou
Un an plus tard, Parent assure que l'on verra un «jeune d'exception» sur le terrain. «Il a débloqué à la fin de la saison dernière et la partie a vraiment ralenti pour lui durant l'hiver. C'est le joueur le plus rapide de l'équipe et il a un bras puissant. Il a affronté toutes les équipes de la ligue l'an dernier, alors il sait à quoi s'attendre à chaque match. On veut utiliser davantage ses capacités», explique-t-il à propos du petit frère de Félix, demi-défensif du Rouge et Or. 
Avec le départ du receveur Mathieu Robitaille et du porteur de ballon Gabriel Brault, autour de qui l'offensive était centrée l'an dernier, le système offensif sera conçu pour mettre en valeur Bamrounsavath et les receveurs «plus athlétiques que l'an dernier» qui l'entourent. 
Fiche l'an dernier : 4-5 (défaite de 60-27 en quart de finale contre Lennoxville)
Recrues à surveiller : Félix-Antoine Desjardins (ligne défensive), Édouard Doyon (demi défensif), Antoine Pomerleau (secondeur)
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La véritable ère Juneau chez les Élans
Débarqué chez les Élans en janvier 2014 comme entraîneur-chef, Claude Juneau estime que sa première propre cohorte de recrutement était celle de 2015. C'est donc dire que pour la première fois, il travaille avec une équipe dont l'ensemble des joueurs est issu de son régime.
«C'est un groupe de joueurs que j'ai bâti. C'est plaisant parce qu'ils ont tous grandi ensemble dans la nouvelle ère du programme», explique l'ancien joueur de ligne du Rouge et Or. La chimie dans l'équipe s'est donc installée plus facilement au camp d'entraînement, cette année. 
Les Élans se relèvent d'une saison difficile qui les a laissés à une victoire des séries. «On cherche à gagner, mais on met l'emphase sur la progression. On va avoir un bon mélange de vétérans établis dans la ligue et de jeunes qui ont faim», croit Juneau. 
Chez les vétérans de troisième année, notons la présence du quart-arrière Joé Hudon et du secondeur Frédéric Pongo, qui devrait continuer à hanter les pivots adverses. Des joueurs de deuxième année comme le demi-défensif Thomas Landry, membre d'Équipe Canada U-19 cet hiver, et le secondeur Ian Leroux devront aussi prendre un plus large rôle à la suite de la graduation de plusieurs vétérans.
Claude Juneau, entraîneur-chef des Élans de Garneau
Jusqu'à l'an dernier, Garneau était le seul cégep de Québec à avoir remporté un Bol d'Or en division 1. La victoire du CNDF met-elle de la pression sur les Élans pour revenir à l'avant-plan parmi les équipes de la région? 
«Dans un circuit aussi compétitif, tous les matchs du calendrier sont encerclés», répond Juneau. «Un relâchement d'une semaine peut coûter une participation aux séries. N'empêche, rivalité oblige, les parties contre les trois rivaux régionaux sont "doublement encerclés"», admet-il, ne serait-ce que pour aider à convaincre les meilleurs espoirs de Québec de joindre son programme. 
Fiche l'an dernier : 3-6 (exclus des séries)
Recrues à surveiller : Émile Malenfant (porteur de ballon), Raphaël Godbout (receveur), Ayman Cissé (ligne défensive)