La Coupe du monde de ski de fond se déroulera cette année avec des mesures de sécurité accrues.
La Coupe du monde de ski de fond se déroulera cette année avec des mesures de sécurité accrues.

Un seul fondeur italien sur les Plaines

Un seul fondeur d’Italie, plutôt que les cinq prévus au départ, sera présent à Québec en fin de semaine pour l’étape de la Coupe du monde FIS de ski de fond qui se déroulera sur les plaines d’Abraham. Les craintes liées à la propagation du coronavirus auraient joué un rôle dans la situation.

Lundi, le nombre de morts liés au COVID-19 en Italie a grimpé à 463, dont 300 en Lombardie, une région du nord de l’Italie frontalière à la Suisse.

Marianne Pelchat, productrice déléguée chez Gestev, responsable de l’événement, a confirmé lundi au Soleil que seul Federico Pellegrino, quatrième au classement de la Coupe du monde en sprint, se présentera à Québec avec son équipe.

Cinq fondeurs italiens devaient au départ s’inscrire, mais ils ont finalement choisi de ne pas le faire avant la date finale d’inscription, dimanche.

Francesco de Fabiani, qui avait pourtant participé aux épreuves d’Oslo et Drammen il y a quelques jours, et les jeunes Simone Daprà, Davide Graz et Anna Comarella seront donc absents de Québec.

Avec Mark Chanloung, qui court pour la Thaïlande mais est né et réside en Italie, les Italiens sont les seuls skieurs qui ont décidé de se retirer de cette épreuve de la Coupe du monde, selon Mme Pelchat.

D’après plusieurs informations, les craintes liées à la propagation du coronavirus et le fait qu’ils n’étaient plus dans la course auraient poussé les autres skieurs et skieuses italiens à se retirer.

«Ce sont eux qui se sont retirés. En tant que comité organisateur local, nous n’avons pas le pouvoir d’imposer des restrictions comme celle-là. C’est une décision qui revient au gouvernement. Peut-être que le fait que nous ne présentions qu’une épreuve de sprint alors que certains skieurs sont meilleurs sur longue distance a aussi joué un rôle», a déclaré Marianne Pelchat.

La semaine dernière, le comité organisateur avait tenu à rassurer la population en indiquant que les membres de l’équipe italienne n’allaient pas être susceptibles de transmettre le COVID-19 plus que les autres puisqu’ils avaient quitté leur pays plusieurs semaines avant l’éclosion de l’épidémie.

Pas d’annulation

Il n’est d’ailleurs toujours pas question d’annuler la Coupe du monde de ski de fond qui se tiendra sur les plaines d’Abraham, assure Mme Pelchat.

«Nous avons eu une conférence téléphonique avec la Fédération internationale de ski [FIS], Ski Nordique Canada et les deux autres épreuves d’Amérique du Nord, à savoir Canmore et Minneapolis, et ni la FIS, ni Ski Nordique Canada n’a suggéré d’annuler une épreuve», explique Mme Pelchat.

La Coupe du monde de Québec se déroulera cependant avec des mesures de sécurité accrues, a précisé Marianne Pelchat, qui admet que la situation est «préoccupante».

«Dans la zone mixte, il y aura une distance de 1 m à 1,50 m entre les athlètes et les médias. Un corridor séparera les athlètes du grand public. Les bénévoles auront comme directive de ne pas entrer en contact physique et de ne pas trop approcher les athlètes et on demandera à ceux qui transportent les vêtements des athlètes de porter des gants», poursuit-elle. «Le risque zéro n’existe pas, mais le public qui assistera aux compétitions n’a pas à s’inquiéter, d’autant plus que les épreuves ont lieu à l’extérieur. En Europe, les organisations qui ont décidé de tenir des épreuves à huis clos, sans spectateurs, étaient surtout pour des sports qui se déroulent à l’intérieur, comme les matchs de soccer», conclut Marianne Pelchat.

Événements affectés

La peur du coronavirus a déjà affecté quelques événements sportifs au Canada. La Fédération internationale de hockey sur glace a déjà annoncé l’annulation du Championnat mondial féminin qui devait avoir lieu à Halifax et Truro, en Nouvelle-Écosse, du 31 mars au 10 avril.

Les Jeux arctiques d’hiver, qui devaient avoir lieu le 16 mars à Whitehorse, au Yukon, ont aussi été annulés. Quant à la Ligue nationale de hockey, elle a interdit à ses employés tout voyage à l’extérieur de l’Amérique du Nord en plus d’imposer une quarantaine de deux semaines à tout membre du personnel de la Ligue qui se trouverait dans un secteur affecté par le virus.

La NBA est allée encore plus loin en analysant la possibilité de tenir des matchs de basketball sans spectateurs ni médias en plus de demander aux joueurs de limiter leurs contacts avec les partisans.