Laurent Dubreuil et sa famille sont finalement débarqués à Québec lundi. Ils se soumettront à l’isolement de 14 jours, comme le demande le gouvernement

Un retour au pays rocambolesque pour Laurent Dubreuil

Le patineur de vitesse Laurent Dubreuil a vécu une épopée rocambolesque avant de pouvoir enfin rentrer au pays lundi avec en poche ses titres de vice-champion du monde de sprint et sa troisième place à la Coupe du monde sur 500 m et 1000 m.

«Comme notre saison finissait le 8 mars, aucune compétition n’a été annulée. On a quand même été chanceux», a raconté au Soleil l’athlète de Lévis qui a vécu les derniers jours au rythme de l’évolution de la pandémie de la COVID-19 en Europe.

Le patineur de vitesse devait prendre des vacances en sol européen avec sa femme et ses parents avant de rentrer au pays le 21 mars, un projet prévu depuis novembre. Nul besoin de dire que ses plans ont été plutôt chamboulés.

«Imagine, nos vacances étaient prévues... en Italie! Évidemment, on a décidé de ne pas y aller et, de toute manière, tous nos vols vers l’Italie avaient été annulés. On avait ensuite pensé aller en France, mais là aussi il y avait des restrictions», raconte-t-il.

Retour compliqué

Dubreuil et sa famille se sont donc résignés à passer quelques jours au Luxembourg étant donné que le grand duché n’est pas situé bien loin des Pays-Bas, où se déroulait la dernière course de la saison.

C’est quand ils ont décidé de rentrer au Canada que la situation s’est compliquée davantage. «On a essayé de changer nos vols pendant trois jours. Mon père a même attendu neuf heures avant de pouvoir parler à quelqu’un chez Air Canada!» raconte Dubreuil.

Le patineur sera soumis à une période d’isolement de 14 jours comme tous les Canadiens arrivant de l’étranger.

«En Europe, je n’ai pas vraiment été dans les pays qui étaient les plus touchés. Les deux dernières fins de semaine de la Coupe du monde avaient lieu en Norvège et aux Pays-Bas et le coronavirus n’était alors pas très répandu dans ces pays.»

Saison d’exception

Malgré toutes les complications liées à son retour au pays, Laurent Dubreuil ne peut que garder sa bonne humeur après une saison aussi exceptionnelle, qui s’est conclue par trois médailles d’argent en autant de courses aux finales de la Coupe du monde à Heenrenveen qui lui ont permis de rafler la troisième place sur 500 m et sur 1000 m.

«Avoir une aussi bonne saison, j’avoue que ça m’a un peu surpris, mais en même temps je me sentais super bien sur mes patins après m’être entraîné tout l’été», analyse Dubreuil, qui avait vécu un automne difficile marqué par les blessures.

«Quand la forme physique est revenue, j’ai réalisé de bonnes performances. Et il n’y a pas de chance dans notre sport : quand tu fais un temps une fois, tu sais que tu peux le faire deux fois, trois fois», poursuit-il.

«J’ai réalisé mes meilleurs temps sur 1000 m plusieurs fois et je suis passé très près de mes meilleurs temps sur 500 m aussi», poursuit celui qui a été bien chanceux que les dernières compétitions ne soient pas annulées car c’est en finale qu’il a réussi à se hisser sur la troisième marche du podium.

«Maintenant, je vais me reposer. Je serai deux semaines en isolement mais, de toute manière, je prends toujours deux à trois semaines de congé à cette période-ci de l’année. Pour moi, on peut dire que la “pause forcée” tombe bien. J’ai de bonnes pensées pour les athlètes d’été pour lesquels il y a beaucoup d’incertitude et les Jeux olympiques qui seront peut-être annulés... Ce n’est pas évident quand tu t’es entraîné pendant quatre ans pour ça!» conclut-il.