Le coordonateur défensif des Titans, Dick LeBeau, détient le record pour le nombre de saisons consécutives comme entraîneur avec 45.

Un rare duel de maîtres entre LeBeau et Belichick

NASHVILLE — Dick LeBeau et Bill Belichick. Pour les connaisseurs de jeu défensif, ces deux noms sont synonymes d’excellence.

«Il n’y a pas de doute que ce sera toute une bagarre entre ces deux maîtres», a affirmé le secondeur des Titans du Tennessee Wesley Woodyard.

«Ce sont deux entraîneurs du Temple de la renommée, car pour moi il n’y a pas de doute que Belichick y sera élu un jour. Et coach LeBeau en a vu d’autres, il a de l’expérience en séries, alors on se fie sur lui pour nous concocter un bon plan de match.»

Si LeBeau fait déjà partie des immortels du panthéon situé à Canton, en Ohio, c’est en qualité de joueur qu’il s’y trouve, lui qui a disputé 14 saisons comme demi de coin. Mais son apport comme entraîneur et coordonnateur aurait pu également lui permettre d’être intronisé pour son travail sur les lignes de côté. LeBeau, 80 ans, détient également le record pour le nombre de saisons consécutives comme entraîneur, avec 45, deux de plus qu’un certain... Bill Belichick.

Dans ce qui s’annonce de prime abord comme un duel inégal — les Patriots sont favoris par 13,5 points pour l’emporter — les Titans (10-7) misent beaucoup sur le plan défensif de LeBeau pour freiner les Patriots (13-3), champions en titre.

Grand respect mutuel

D’ailleurs, Belichick en est bien conscient et n’aborde pas ce duel contre LeBeau comme une partie de plaisir. «On devra travailler fort. LeBeau est un grand de sa profession et son palmarès, autant comme joueur ou comme entraîneur, le prouve. Il a vraiment contribué à révolutionner notre sport et son système a passé avec succès le test du temps», a déclaré le patron des Patriots.

Pour prouver ses dires, Belichick souligne que la défensive des Titans a été une des plus solides de la NFL contre la course au cours des deux dernières saisons (2e en 2016 et 4e cette année), en plus de mener la Ligue cette saison pour le plus petit nombre de jeux accordés de 20 verges ou plus. 

On a d’ailleurs bien senti que Belicick éprouve énormément de respect pour l’homme qu’il considère comme étant un ami. 

«C’est une bonne personne, un homme très humble et modeste malgré tout ce qu’il a accompli. J’ai appris beaucoup en étudiant ses schémas défensifs et en observant comment il fait les choses. Il est sans doute l’un des meilleurs de l’histoire de cette ligue», ajoute Belichick, admiratif.

Des compliments que LeBeau a d’ailleurs accueillis avec son humilité habituelle. «Peu d’entraîneurs ont un palmarès aussi éloquent que Bill. En fait, il doit être considéré parmi les meilleurs de tous les temps», a répliqué celui qui dirige la défensive des Titans depuis 2015, après avoir occupé les mêmes fonctions avec les Steelers de Pittsburgh de 2004 à 2014.


J’ai appris beaucoup en étudiant ses schémas défensifs [...]. Il est sans doute l’un des meilleurs de l’histoire de cette ligue
Bill Belichick, au sujet de Dick LeBeau

Être au bon endroit

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les chemins de LeBeau et de Belichick ne se sont croisés qu’une seule fois en séries : c’était le 23 janvier 2005, et malgré la grande expertise des deux hommes en matière de défense, la finale de la Conférence américaine avait été un festin pour les attaques, alors que la Nouvelle-Angleterre avait vaincu Pittsburgh 41-27.

Questionné à savoir comment il se préparait à affronter Belichick et son redoutable adjoint Matt Patricia (le coordonnateur de la défensive des Pats depuis 2012), LeBeau a simplement mentionné qu’il a dit à ses joueurs qu’ils ne devaient pas se battre eux-mêmes en se positionnant de la mauvaise façon face aux formations offensives que Brady leur présentera. 

Les joueurs de la brigade défensive des Titans, d’ailleurs, ont confiance que leur coordonnateur saura bien les préparer et s’ajuster. Le secondeur Derrick Morgan relève avec justesse que c’est ce que LeBeau a fait avant la deuxième demie du match de première ronde, samedi dernier, permettant à l’équipe de museler l’attaque des Chiefs dans un gain de 22-21, l’offensive explosive de Kansas City ayant été limitée à seulement 61 verges et aucun point dans les 30 dernières minutes de la rencontre.

«Il a tellement d’expérience, il a bien dû participer à une bonne cinquantaine de matchs en séries. Nous avons confiance en lui, on sait qu’il saura bien nous diriger», conclut Morgan.