La Belge Alison Van Uytvanck a réussi une savante remontée pour battre la Hongroise Timea Babos 5-7, 6-4 et 6-1 dans la finale de la Coupe Banque Nationale dimanche, ce qui lui a valu son premier titre de la WTA en carrière.

Un premier titre pour Van Uytvanck

Alison Van Uytvanck a été patiente et tenace pour remporter le titre en simple de la 25e Coupe Banque Nationale, dimanche. La Belge a réussi une savante remontée pour battre Timea Babos 5-7, 6-4 et 6-1, en route vers son premier titre de la WTA en carrière.
«C'est un grand plaisir», a souligné la championne, qui empoche un chèque de 43 000 $. «J'ai jamais cru que je pouvais gagner ici. Déjà d'être en finale était très bien. Je suis tellement heureuse», a poursuivi la septième favorite, victime d'un virus entre le US Open et le début du tournoi de Québec.
Une maladie visiblement bénéfique, si une telle chose existe. Elle a permis de faire diminuer la pression, a expliqué dimanche l'entraîneur de Van Uytvanck, Alain De Vos. «Elle n'a pas joué pendant cinq jours. Je lui ai dit : "Écoute, on va utiliser le tournoi afin de se préparer pour le prochain." On a tout à fait enlevé la pression... Et voilà. On a remporté le tournoi. Ce n'est pas facile à comprendre. Je pense que de temps en temps, quand on est un peu plus relaxe, les choses passent peut-être plus facilement», a expliqué le coach, qui travaille avec Alison depuis la Coupe Banque Nationale 2016, où elle avait atteint les quarts de finale.
De son côté, Babos aura échoué dans sa tentative de devenir la première de l'histoire à gagner le simple et le double la même année. Cette joueuse d'une rare intensité sur le court a versé quelques larmes pendant son discours d'après-match.
«Je suis vraiment frustrée», a dit Babos avec un demi-sourire, lors d'un point de presse tenu à la fin de sa longue journée de travail. «J'avais le match en main. Mais si on m'avait dit avant le tournoi que je participerais aux deux finales, j'aurais été heureuse. Maintenant, je suis un peu déçue et triste.»
Revirement de situation
La finale du simple s'est jouée dans la deuxième partie de la deuxième manche. Déjà en avance 7-5, 1-0, Babos a obtenu six chances de briser, sans succès. «Si j'avais réussi, je ne crois pas qu'elle serait revenue», a d'ailleurs analysé la Hongroise.
Celle-ci a malgré tout continué d'être impériale au service... jusqu'à la cinquième partie, un bris à zéro de la Belge qui allait faire la différence dans cette manche.
Dans la troisième, Babos semblait fatiguée. Son langage corporel, habituellement l'image d'une belle confiance, a soudainement perdu de sa superbe. Ne ratant plus rien ou presque, Van Uytvanck a pris les commandes 4-0. «Elle ne faisait pas d'erreur», a remarqué la 63e au classement de la WTA. «Elle était dans la zone. Je n'avais plus de chance de la battre. Elle mérite la victoire.»
Un impressionnant revirement de situation. Car au premier set, la troisième favorite était en contrôle. Les deux femmes y ont conservé leur mise en jeu jusqu'à la toute dernière partie. À sa cinquième balle de bris, Babos a finalement poussé la 98e au monde à l'erreur.
Après la première manche, Van Uytvanck a discuté avec son entraîneur, histoire de trouver des solutions. «J'ai dit : "Tu n'as pas fait un mauvais set. Il faut continuer à se battre." Et c'est ce qu'elle a fait», a souligné De Vos.
Van Uytvanck sera-t-elle de retour l'an prochain? «J'aime bien Québec», a-t-elle répondu. «On verra comment ça se passe et tout ça. On ne peut pas le dire [tout de suite]. Mais on va essayer.»
Réponse similaire de Babos, qui se délecte de la surface du PEPS. «On se voit l'an prochain!» a-t-elle lancé au directeur du tournoi, Jacques Hérisset, en quittant la salle de presse.
Après les pleurs, la victoire
Les premières favorites, Timea Babos et Andrea Hlavackova, ont gagné la finale en double 6-3 et 6-1 face aux étonnantes favorites locales, les Canadiennes Bianca Andreescu et Carson Branstine.
Quelques minutes après avoir subi une défaite crève-coeur, après avoir pleuré devant plusieurs centaines de spectateurs, Timea Babos est revenue sur le terrain. Avec sa partenaire Andrea Hlavackova, elle n'a laissé aucune chance aux adolescentes canadiennes Bianca Andreescu et Carson Branstine, en finale du double.
Les premières favorites ont gagné 6-3 et 6-1 face aux étonnantes favorites locales, qui ont fort bien rentabilisé leur invitation dans le tableau principal du tournoi par équipe. «Yeah!!!» a lancé Babos, faisant rigoler les spectateurs du PEPS au début de son deuxième discours de l'après-midi, plus joyeux celui-là.
Quelques minutes plus tard, devant les journalistes, elle expliquait comment elle a retrouvé sa concentration après sa défaite contre Alison Van Uytvanck en simple. «Le fait de ne pas avoir de temps, c'était l'idéal, a-t-elle dit. Parce que je n'ai pas vraiment eu le temps de penser au match de simple. J'étais prête à y retourner, à essayer de gagner ce match ensemble. C'était important pour nous. J'ai donné tout ce qui me restait.»
De son côté, Hlavackova est devenue la troisième joueuse à triompher deux années de suite dans le double à Québec, après les Américaines Samantha Reeves (2001 et 2002) et Vania King (2008 et 2009).
«C'est toujours plaisant de défendre son titre», a affirmé la Tchèque, septième au monde, gagnante en 2016 avec sa compatriote Lucie Hradecka. «Je suis venue avec l'objectif de gagner, pas seulement de défendre, mais de gagner ensemble, comme équipe. Ç'a été un objectif atteint en beauté.»
Que le début
De leur côté, les Canadiennes n'avaient pas à rougir. Elles ont surpris tout le monde en atteignant leur première finale de la WTA. Et en devenant la première paire toute canadienne dans le match ultime de la Coupe Banque Nationale.
Dimanche, elles ont été déclassées par plus expérimentées qu'elles. Les deux adolescentes de 17 ans, gagnantes des Internationaux d'Australie et de Roland-Garros chez les juniors cette année, viennent toutefois d'ajouter un gros morceau dans leur bagage d'expérience. «Il y a des choses qu'on aurait pu faire mieux», comme le service, mais «elles ont vraiment bien joué. Et je suis heureuse d'avoir pu affronter une équipe de ce niveau», a réagi Branstine.
«Maintenant, nous savons que nous pouvons rivaliser avec ce genre de joueuses», a ajouté Andreescu, assurant, comme son amie, ne pas avoir été nerveuse avant le match.
Le jeu des prometteuses Canadiennes cette semaine a réjoui l'entraîneur de l'équipe nationale, Sylvain Bruneau. Même si le simple demeure leur priorité, elles mettent beaucoup d'efforts pour développer leur savoir-faire dans le double, a-t-il assuré.
«Elles s'entendent très bien, alors elles sont toujours contentes d'aller sur le terrain, de partager les victoires et les défaites. Chez Tennis Canada, on pense que c'est très formateur de jouer en double à ce stade-là dans le développement. Je pense que c'est juste le début. On va voir beaucoup de belles choses dans l'avenir», a prédit Bruneau.
Perçue comme la perle en devenir du tennis canadien, l'Ontarienne Andreescu s'est fait de nouveaux admirateurs, cette semaine. En plus de cette finale, elle a atteint la deuxième ronde du simple, passant à un cheveu d'aller encore plus loin.
Et en prime, ces quelques mots en français, pendant son discours de dimanche : «J'espère que je reviens l'an prochain, parce que j'adore ce tournoi et j'adore Québec.»
Une ou deux journées de pluie auraient été bienvenues
Satané beau temps! Si elle a fait plaisir à plusieurs cette semaine, Dame Nature aurait sûrement aidé les organisateurs de la Coupe Banque Nationale en prévoyant une ou deux journées de pluie.
Car les foules de la 25e présentation du tournoi de la WTA ont été décevantes par moments, surtout lors des programmes en journée. «C'est difficile d'enfermer des Québécois au mois de septembre quand on a la plus belle semaine de l'année», a convenu le directeur du tournoi, Jacques Hérisset.
L'éternelle question est donc revenue sur le tapis. La Coupe Banque Nationale devrait-elle occuper une nouvelle place au calendrier? Idéalement oui, répondent en choeur Hérisset et Eugène Lapierre, vice-président chez Tennis Canada, propriétaire de l'événement. Mais ce n'est pas si simple. «Ça fait des années qu'on regarde la question de la date», souligne Lapierre. «Je l'ai toujours en tête.»
D'un point de vue logistique, la deuxième semaine de septembre est parfaite, car l'élite mondiale vient de terminer le US Open à New York, en banlieue de Québec (ou presque). Le reste de l'année, les joueuses sont en Australie, en Europe ou en Asie. Difficile de les faire revenir pour une petite semaine à Québec. L'option de février a déjà été étudiée, mais «ç'aurait été échanger quatre trente sous pour une piastre», a dit Lapierre.
Malgré tout, pas question de déménager le tournoi, assure ce dernier : «On est très heureux ici.»
D'un point de vue sportif, c'est mission accomplie, disent MM. Hérisset et Lapierre. Le niveau de jeu a été excellent et les filles de la relève canadienne ont brillé. Que ce soit Françoise Abanda (quarts de finale), Bianca Andreescu ou même Carol Zhao, qui a poussé l'éventuelle championne, Alison Van Uytvanck, au bris d'égalité du troisième set, en première ronde.
«Notre job, c'est de développer le sport, de créer l'engouement. Et ça va passer pas mal plus par nos joueuses que par les joueuses étrangères», constate Lapierre.