Débarqué d’Irlande, Mendelssohn possède le bagage génétique qui en fait un des favoris pour remporter le Derby du Kentucky : son géniteur, Scat Daddy, aura quatre fils en piste, samedi, puis sa demi-sœur, Beholder, a remporté quatre prix Éclipse, un peu l’équivalent des Oscars des compétitions hippiques.

Un premier gagnant européen au Derby du Kentucky?

LOUISVILLE — En 143 ans, aucun cheval européen n’a remporté le Derby du Kentucky. Toutefois, l’an 144 de la plus célèbre course de chevaux de la planète pourrait corriger cette situation.

Mendelssohn, coté à 5 contre 1 par les parieurs, est deuxième favori — à égalité avec My Boy Jack — pour remporter la première manche de la Triple couronne équestre. Arrivé d’Irlande, il a foulé la piste de Churchill Downs pour la première fois jeudi matin et, malgré le fait qu’il avait passé deux jours en quarantaine (pour prévenir les maladies qui peuvent survenir en raison du vol et du changement de continent), il n’a pas semblé affecté par le périple.

Cette adaptation rapide représente sans aucun doute une mauvaise nouvelle pour les adversaires surtout que, par le passé, Mendelssohn a déjà démontré qu’il était capable de performer loin de chez lui. 

En effet, après n’avoir remporté qu’une seule de ses quatre premières courses en Europe, Mendelssohn a réussi ses débuts nord-américains en novembre dernier, alors qu’il a remporté une épreuve de la Breeders’ Cup en Californie. 

Ensuite, de retour en sol irlandais, il a remporté sa première course de l’année, avant de se diriger vers Dubaï, en mars, où il a enlevé le Derby des Émirats arabes unis par pas moins de 18,5 longueurs, ce qui lui a valu l’invitation au Kentucky. 

Une invitation qui fait aussi office de retour à la maison car, oui, Mendelssohn a été élevé au Kentucky!

D’ailleurs, le géniteur de l’Irlandais d’adoption, un certain Scat Daddy, maintenant décédé, aura pas moins de quatre «fils» sur la piste samedi.

Somme toute, gagner est une affaire de famille : la demi-sœur de Mendelssohn, la jument Beholder, a remporté quatre prix Éclipse, un peu l’équivalent des Oscars des compétitions hippiques. 

Ce bagage génétique des plus attrayants a fait en sorte que Mendelssohn a été acquis par un trio formé de Derrick Smith, de Mme John Magnier et de Michael Tabor pour la somme de 3 millions $ en 2016. 

«Mendelssohn ressemble vraiment à son père», affirme Fred Mitchell, qui a élevé les deux chevaux à la ferme Clarkland, située à Lexington, au Kentucky. «Les deux n’ont pas grandi très rapidement, puis tout a changé lorsqu’on se préparait à les mettre en vente. Puis, ce cheval a des yeux fantastiques et est vraiment une bonne bête. C’est un cheval de grande classe.»

Un cheval de grande classe qui pourrait aussi s’avérer une aubaine s’il continue à cumuler les victoires et s’il parvenait à permettre à ses propriétaires de mettre la main sur la bourse du vainqueur de samedi, une bagatelle de 1,24 million $US (1,54 million $CAN).

Justify en quête d’histoire

Justify, le favori (à 7 contre 2), pourrait également écrire l’histoire à sa manière. S’il l’emporte, il serait le premier cheval depuis Apollo, en 1882, à gagner la course après n’avoir fait aucune course l’année précédente.

Propriété de Bob Baffer, qui est de retour au Derby après avoir regardé la course de l’an dernier dans son sofa en Californie, Justify s’est imposé dans les trois courses auxquelles il a participé depuis le début de l’année. 

Baffer n’avait pas vraiment choisi de rater le rendez-vous de 2017, sa première absence depuis 2009. C’est que son seul «athlète» était blessé. «Le truc pour gagner le Derby du Kentucky, c’est simplement d’avoir le bon cheval. Ça arrive naturellement : tu as les bons chevaux, tu participes, et tu gagnes. J’ai donc été chanceux d’entraîner de si bons chevaux.»

Les quatre victoires de Baffert à Churchill Downs est le deuxième plus haut total de l’histoire de l’épreuve. Il a également terminé deuxième à trois reprises, dont en 2012 avec Bodemeister, dernière année où il avait deux chevaux en piste la même année. 

Comme Justify, Bodemeister n’avait pas compétitionné lorsqu’il avait 2 ans.