La cycliste de 16 ans Simone Boilard souhaite se tailler une place pour les Mondiaux, disputés en Norvège cette année.

Un pied de nez à la pression

Simone Boilard a survolé le huitième Tour de la relève internationale de Rimouski, en fin de semaine dernière. En plus d'arborer le maillot jaune de championne, la cycliste de 16 ans a été la meilleure sprinteur (maillot vert) et la meilleure grimpeuse (maillot à pois) de cette compétition de niveau junior. Un pied de nez à la pression!
Boilard avait déjà remporté tout ça l'an dernier, alors qu'elle était pourtant de niveau cadet. Mais cette année, l'athlète de Québec a dû s'ajuster à son statut de favorite. «C'était vraiment différent. C'est difficile de courir quand t'es la cible. Il a fallu que je la joue plus intelligemment. À la place de gagner chaque étape, j'essayais d'être plus stratégique que l'an dernier», explique Boilard, questionnée lundi par Le Soleil.
Une victoire importante. Car avec cette fameuse cible dans le dos, il y a deux semaines, les choses avaient moins bien tourné. C'était aux Championnats canadiens juniors, à Gatineau, alors qu'elle défendait son titre-surprise au contre-la-montre de l'an dernier.
«C'était les mêmes parcours [qu'en 2016]. Mais c'était vraiment difficile parce que tout le monde était sur moi. J'ai eu un petit peu de misère à gérer cette pression-là, j'étais nerveuse», admet Boilard, troisième de l'épreuve sur route cette année, comme l'an dernier. «C'est nouveau pour moi : j'ai juste 16 ans!» Le Tour de Rimouski devenait donc une excellente occasion de pratiquer l'aspect «pression» de son sport.
Car pour l'aspect «physique», Boilard est une première de classe. Il y a quelques semaines, le directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Louis Barbeau, la vantait ainsi dans un article du collègue Simon Drouin, de La Presse : «C'est toujours difficile de faire de grandes projections, mais ça fait plusieurs années qu'on n'a pas eu une athlète dominante comme Simone, qui se démarque de plusieurs façons.»
Pierre Pelletier, président du Conseil d'administration de l'équipe de Boilard, Desjardins-Ford, peut en témoigner à sa façon. «Pour m'être déjà entraîné avec elle, je peux vous dire qu'elle est vraiment forte. C'est impressionnant», souligne cet ancien cycliste de pointe. «Mais le danger avec ces super athlètes, c'est de sauter des étapes. Le cyclisme est un sport à développement tardif», fait-il remarquer.
L'an dernier, Boilard aurait peut-être pu sauter une telle étape. Son titre canadien lui ouvrait techniquement la porte des Mondiaux juniors, mais elle était... trop jeune pour y participer. Son entraîneuse, Christine Gillard, a préféré ne pas demander de dérogation. C'était la bonne décision, croit toujours Boilard.
Elle a continué de prouver sa valeur, remportant cinq médailles d'or aux Jeux du Québec, en route vers le titre de l'athlète féminine de niveau provincial au gala Sports Québec. En mai dernier, elle prenait la deuxième place du Grand Prix de Saint-Raymond, compétition réservée aux moins de 23 ans. Quelques jours plus tard, elle remportait la deuxième étape de la Killington Stage Race, en Nouvelle-Angleterre, entourée d'athlètes senior.
Chez les moins de 17 ans, elle a aussi déjà gagné le Championnat canadien du sprint par équipe... sur piste. Signe de sa polyvalence et de son amour pour ce sport. «Le vélo fait partie de ma vie depuis plus longtemps que je me souvienne. Ce que j'aime, c'est d'être libre. Aller en vélo me transporte comme rien d'autre ne peut le faire», résume Boilard.
Malgré sa déception aux Championnats canadiens, elle souhaite se tailler une place pour les Mondiaux, disputés en Norvège cette année. «J'espère qu'ils vont se fier à Rimouski et à tout le reste de la saison», lance Boilard, parlant des personnes responsables de déterminer les heureux élus.