Jesse Bélanger célèbre après avoir marqué contre le gardien Arthurs Irbe, des Hurricanes, le 18 mars 2000. Le Beauceron a récolté 135 points, dont 59 buts, en 246 matchs dans la LNH en plus de remporter la Coupe Stanley avec le Canadien en 1993.

Un honneur qui boucle la boucle pour Jesse Bélanger

En voyant ses numéros 26 et 29 hissés dans les hauteurs du Centre sportif Lacroix-Dutil de Saint-Georges, samedi soir, Jesse Bélanger pourra contempler le chemin parcouru pendant ses nombreuses années de hockeyeur. Tout ça avec famille, amis et concitoyens.
Jesse Bélanger dans l'uniforme de Saint-Georges lors d'un match de la Ligue nord-américaine en septembre 2009
«Je suis très flatté. C'est une façon de venir fermer les livres sur l'ensemble de ma carrière. De me remémorer ce que j'ai fait et par où je suis passé», affirme Bélanger, 47 ans, au sujet de cet honneur initié par un citoyen, Stéphane Poulin. Avant le match entre les Prédateurs de Laval et le Cool FM de sa ville natale, il observera deux bannières à son nom rejoindre les immortels : l'une soulignant son passage dans la LNH, l'autre celui dans la Ligue nord-américaine (LNAH).
Car il en a fait du chemin, ce joueur non repêché! Entre son stage junior à Granby et ses dernières saisons à Saint-Georges, Bélanger a vu Montréal (deux fois), la Floride, Vancouver, Edmonton, Québec (deux fois), Cleveland, Las Vegas, Chicago, Long Island, l'Allemagne, la Suisse... Et on en passe.
Une carrière riche en rebondissements, dont le plus beau moment demeure sa conquête de la Coupe Stanley avec le Canadien, au terme de la saison 1992-1993. Lui, le partisan des Nordiques, se retrouve «à la bonne place au bon moment». Il reçoit alors le précieux trophée des mains de l'entraîneur Jacques Demers.
«C'est le plus beau feeling. T'as la Coupe Stanley devant toi, elle se retrouve dans tes mains. Mais tu ne sais pas comment ça pèse, tu ne sais pas trop à quoi t'attendre!» rigole Bélanger. Les 35 livres du légendaire objet lui ont finalement paru très légères.
Quelques semaines plus tard, déception. Une nouvelle équipe, les Panthers de la Floride, en fait l'un de ses choix lors du repêchage d'expansion. «On venait de gagner la Coupe Stanley. Et du jour au lendemain, j'appartiens aux Panthers de la Floride. C'est quoi ça, les Panthers de la Floride? [...] Mais ç'a été une de mes plus belles expériences.»
Bélanger y connaît ses meilleurs moments dans la LNH, dont une campagne de 50 points en 1993-1994, la première des Panthers. À la fin de la saison 1995-1996, son temps de glace diminue toutefois au profit des jeunes de l'organisation. Il demande une transaction, faveur accordée. Il rejoint les Canucks de Vancouver. Quelques semaines plus tard, les étonnants Panthers atteignent la finale de la Coupe Stanley.
«J'aurais jamais pensé qu'ils se rendraient en finale! J'aurais peut-être attendu avant de demander à être échangé!» lance-t-il en riant. «Mais je n'ai aucun regret.»
400 points en Europe
La carrière de Bélanger prend ensuite des allures de longue épopée. Il joue quelques matchs avec les Oilers d'Edmonton et les Islanders de New York, entrecoupés d'un bref retour avec le Canadien. Dans la LNH, il récolte 135 points en 246 matchs. Il passe aussi du temps dans la Ligue internationale, dont 47 rencontres avec les Rafales de Québec au cours desquelles il amasse 62 points. Dans la Ligue américaine, il joue entre autres 36 parties avec les Citadelles. 
S'amorce en 2001 un séjour en Europe, où il s'ajuste rapidement à l'inconnu. Quatre saisons en Suisse, deux en Allemagne (et un championnat!). Dans les vieux pays, il récoltera 400 points en seulement 249 rencontres!
Retour chez lui, en 2007. Il reprend le collier avec l'équipe de Saint-Georges de la LNAH et y terminera sa carrière en 2013, à 43 ans. 
Il est déjà question d'une cérémonie en son honneur environ un an et demi plus tard. Mais Bélanger ne se sent pas prêt. «Parce que, dans le fond de moi, j'avais encore un goût pour le hockey. Ça aurait mal paru d'avoir mon chandail au plafond et de revenir au jeu!»
Mais tout désir d'un retour est aujourd'hui derrière lui. Celui qui travaille pour une entreprise de transport beauceronne vivra la soirée de samedi en famille, avec celle qui le suit partout depuis 1991, Sonia, et leurs trois enfants de 21, 18 et 14 ans.