C’est sous le dôme hivernal du Stade Canac, mercredi, que les Capitales ont procédé au lancement de leur 20e saison. La mascotte Capi, entourée du gérant Patrick Scalabrini et du président Michel Laplante, sera bien sûr de la partie cet été.

Un gros défi pour la 20e saison des Capitales

Pour leur 20e saison, les Capitales pourraient-ils être encore meilleurs que l’an dernier? Seul l’avenir le dira, mais même le gérant de l’équipe reconnaît qu’il sera difficile de reproduire les moments magiques ayant mené au septième championnat de la formation québécoise.

«Honnêtement, je ne pense pas qu’on puisse améliorer ça. On peut le dire aujourd’hui : on était trop forts [à la fin de l’année]», a lancé Scalabrini, mercredi midi, lors de la conférence de presse du lancement de la saison, sous le dôme du Stade Canac.

«Tout a cliqué. […] On ne peut pas refaire ça. En 19 ans, on ne l’a jamais fait. C’est la seule année où ç’a été spécial et magique comme ça», a-t-il ajouté, parlant du parcours éliminatoire parfait, en septembre dernier.

Au monticule et en défensive, le gérant n’est pas inquiet. «On a le potentiel d’être aussi bons. Peut-être même un peu meilleurs», n’hésite-t-il pas à dire. Chez les partants, les retours de Karl Gélinas, Lazaro Blanco, Arik Sikula et Brett Lee assurent continuité et solidité. Chez les releveurs, le duo Trevor Bayless-Sean Donatello devrait s’occuper des dernières manches avec brio. Ancien des saisons 2014 et 2015, Jay Johnson pourrait aussi faire un retour dans l’enclos.

Offensivement, Scalabrini émet certaines réserves, du moins en comparaison avec 2017 : «On ne sera pas aussi magiques.» Le départ de Jordan Lennerton (retraite) et de Yurisbel Gracial (Japon) est difficile à combler, mais le puissant et populaire Kalian Sams sera de retour, tout comme le receveur Maxx Tissenbaum, qui ratera toutefois quelques matchs en début de campagne pour terminer ses études. L’embauche de Josh Vitters pourrait aussi s’avérer payante.

La retraite du vétéran Lennerton pourrait toutefois avoir des répercussions bien au-delà du cercle des frappeurs. Scalabrini n’a pas caché son inquiétude devant l’absence d’un tel meneur. «‘‘Lenny’’, c’était un entraîneur dans la chambre des joueurs, c’était un vrai bon leader. Un vrai guerrier. Il traînait tout le monde. J’espère que certains qui l’ont connu prendront [le relais]», a indiqué le gérant, nommant Sams et Lachlan Fontaine.

Le(s) Québécois

Par ailleurs, le creux de vague se poursuit pour le recrutement de joueurs québécois. Pour l’instant, seul Gélinas sera considéré comme un «produit local» en 2018. 

Il pourrait toutefois être rejoint par Marc-Antoine Bérubé, qui s’entraîne en vue du camp d’entraînement. Le lanceur de Trois-Pistoles, 25 ans, a été libéré par l’organisation des A’s d’Oakland en janvier, après trois saisons dans le baseball affilié. Il a bon espoir de se faire une niche dans la formation. «Tant que mon bras est en santé, je me dis que oui», a-t-il écrit au Soleil. «Je sais que mon stuff n’est pas un problème. Et avec Karl [Gélinas] pour mettre mon cerveau à off, ça ferait un bon mix.»

Quant à Philippe Craig-St-Louis, il semble avoir placé le baseball derrière lui. Auteur d’une moyenne de ,283 en 304 apparitions au bâton avec les Capitales la saison dernière, l’athlète de Gatineau se tourne vers le marché du travail, selon Scalabrini. «C’est une grosse perte pour nous. On essaie encore de le convaincre une fois par semaine. Malheureusement, ça sent la fin.»

Les Capitales débuteront leur camp d’entraînement le 7 mai, quelques heures après la fin du démantèlement du dôme, prévu du 30 avril au 6 mai. Ils lanceront leur saison le jeudi 17 (19h), lors d’un rendez-vous avec les Jackals du New Jersey, au Stade Canac.

LIRE AUSSI : JOSH VITTERS, LE «PARI» DES CAPITALES

+

«C'EST GROS, 20 ANS»

L’aménagement de la place de la Famille, située du côté du champ droit, doit être effectué pendant l’été. L’endroit deviendra l’entrée pour toutes les activités autres que les rencontres des Capitales.

Vingt ans, ça se fête. Mais il a fallu l’intervention de partisans et partenaires pour faire réaliser à l’état-major des Capitales l’importance du moment.

«On n’y pensait pas tant que ça à l’automne. Les gens qui ont gravité autour des Capitales nous ont répété tout au long de l’hiver à quel point c’est gros, 20 ans», a raconté Michel Laplante, rappelant que lors des débuts, en 1999, certains prédisaient une courte vie à la formation.

Selon le président, le timing est parfait pour de belles célébrations. La mise en place d’une surface synthétique le printemps dernier et l’utilisation du dôme pendant l’hiver a permis de multiplier par neuf fois ou presque les heures d’utilisation annuelles du Stade Canac, passées grosso modo de 450 à 3800.

Tout ça pendant que le nombre d’inscriptions de jeunes joueurs est en hausse. Le baseball a la cote, bref. «Il y a vraiment un buzz. […] C’est toute une grande roue qui est en train de tourner positivement», a dit Laplante.

Le 20e anniversaire sera entre autres souligné les quatre lundis de match prévus au calendrier. Les Capitales inviteront alors des personnalités marquantes de l’histoire du club et offriront des promotions aux prix de 1999.

Parmi les grands projets de l’été, l’aménagement de la place de la Famille figure en tête de liste. Cette zone située à l’extérieur de l’enceinte, côté premier but, a mauvaise mine. Mais au terme des travaux, en juin espère-t-on, elle deviendra l’entrée principale pour toutes les activités autres que les matchs des Capitales, pour lesquels la grande porte sera toujours de mise.

La tenue d’un premier spectacle sur le terrain du Stade Canac aura lieu le 25 mai. Ce soir-là, le groupe Karma Kameleons chantera au profit du baseball mineur. Plus de détails suivront sur les différentes activités.

Unification

Par ailleurs, Laplante a réitéré son désir d’une éventuelle unification entre les ligues de baseball indépendant. L’avenir de la Can-Am passe par une union avec l’Association américaine ou la Ligue atlantique, croit-il. Et ce mariage pourrait être célébré «à court terme», quelque part dans les deux prochaines années.

«Ce sont les propriétaires qui disent aux commissaires de chacune des ligues : “On a entendu parler qu’il y avait un désir de l’autre bord, on souhaite ça nous aussi”. […] C’est vraiment de rassembler toutes les équipes pour avoir un produit encore plus le fun à livrer», a affirmé le président, qui ne voit pas les coûts de voyages et l’écart entre la durée des saisons comme un frein à ce développement.