Richard Carapaz est devenu dimanche le premier Équatorien à gagner le Giro.

Un Équatorien rafle le Giro

VÉRONE — Richard Carapaz a raflé la mise : il est devenu dimanche à Vérone le premier Équatorien, le deuxième coureur sud-américain à gagner le Giro, après la 21e étape d’une course qu’il avait abordée dans l’ombre des leaders.

Sa 36place au contre-la-montre final gagné par l’Américain Chad Haga, pianiste à ses heures, a valeur d’anecdote. Carapaz, passé de lieutenant à chef de file de l’équipe Movistar, a dominé la seconde moitié de course, dans la montagne, pour conquérir le maillot rose, à sa troisième saison pleine dans le peloton professionnel.

«On a sans doute commis l’erreur de lui laisser trop d’espace», a reconnu avant les dernières étapes de montagne l’Italien Vincenzo Nibali, deuxième au classement final à 1 min 5 s. Deux fois vainqueur du Giro, le «Requin» s’est fixé jusqu’à l’obsession sur le Slovène Primoz Roglic, devenu le favori numéro un après sa flambée du début de saison (et de Giro).

L’abandon du lauréat 2017, le Néerlandais Tom Dumoulin, après une chute dans la première semaine, l’absence du vainqueur sortant, le Britannique Chris Froome, ont éclairci les rangs des favoris.

Carapaz, qui était sous-estimé malgré sa quatrième place de l’année passée, est resté longtemps en retrait d’autant qu’il avait perdu du temps à cause d’un incident mécanique dans la troisième étape.

L’échec de Landa

Le coureur des hauts plateaux, né aux confins de l’Équateur et de la Colombie à près de 3000 mètres d’altitude, a comblé son retard jusqu’à son coup de force de Courmayeur, son attaque sur le difficile San Carlo dont Nibali et Roglic se sont à tort désintéressés. Maillot rose à huit jours de l’arrivée, il a ensuite contrôlé la situation.

«L’équipe a mérité 10 sur 10», a souligné le vainqueur du Giro, qui a dû justifier son statut dans sa propre formation (déjà victorieuse en 2014 avec le Colombien Nairo Quintana). À cause de la présence de l’Espagnol Mikel Landa, leader au départ de Bologne le 11 mai, mais relégué à l’arrière après sa contre-performance dans le chrono de Saint-Marin.

Landa, censé être «le plus fort en montagne», de l’avis de ses adversaires, a échoué une nouvelle fois. Le grimpeur basque a perdu sa troisième place dans le contre-la-montre de Vérone au profit de Roglic, qui a accédé pour la première fois au podium d’un grand tour. Une consolation pour le rouleur slovène vainqueur des deux premiers contre-la-montre du Giro mais devancé par Nibali dans le dernier.

Carapaz n’a donné aucun signe de faiblesse. Il a été soutenu jusqu’au bout par son équipe, avec laquelle son contrat se termine en fin d’année. À 26 ans, il a intégré le cercle — désormais élargi à neuf coureurs — des vainqueurs de grands tours en activité et fait l’objet, paraît-il, des convoitises de la puissante formation Ineos (anciennement Sky).