Will Power est devenu dimanche le premier Australien à remporter les 500 milles d'Indianapolis.

Un dimanche historique pour l'Australie

SYDNEY — Deux pilotes australiens, à des milliers de kilomètres l’un de l’autre et encore plus loin de chez eux, se sont retrouvés au pinacle du monde de la course automobile après avoir remporté les deux plus prestigieuses épreuves, dimanche.

Quelques heures après le triomphe de Daniel Ricciardo au Grand Prix de Monaco de Formule 1 dans les rues étroites de la Principauté, son compatriote Will Power a remporté les 500 milles d’Indianapolis, devenant le premier Australien à remporter le «plus grand spectacle des courses automobiles».

Seulement deux autres pays — la Grande-Bretagne (1965 et 1966) et le Brésil (1989 et 1993) — ont connu un tel doublé la même année. Mais l’Australie est devenue la première nation à remporter les deux courses le même jour.

«Un petit rappel à la presse australienne... s’il vous plaît, n’hésitez pas à faire vos manchettes avec les succès à Indianapolis et à Monte-Carlo», a déclaré Mark Webber, vainqueur à Monaco en 2010 et en 2012, sur son compte Twitter.

Webber n’avait pas à s’inquiéter. Les médias australiens n’ont pas tardé à se faire l’écho des exploits de Ricciardo et Power avec un flot d’émissions télévisées et radiophoniques à une heure où le football australien et le cricket monopolisent normalement l’attention des nouvelles sportives du pays.

Seul pilote australien en F1 actuellement, Ricciardo est déjà bien connu dans son pays natal, en partie à cause de ses précédents succès, mais surtout en raison de la longue et fière tradition de l’Australie en F1. L’Australie compte deux champions du monde  — Jack Brabham (1959, 1960 et 1966) et Alan Jones (1980) — et accueille le premier Grand Prix de la saison.

Plus connu en Amérique du Nord

Ricciardo, âgé de 28 ans, a terminé troisième au championnat des pilotes en 2014 et en 2016. Power, âgé de 37 ans, a connu encore plus de succès, mais il a obtenu beaucoup moins de reconnaissance en Australie.

Présentée pendant près de 20 ans, la Gold Coast Indy a en effet été retirée du calendrier en 2009, privant Power de l’occasion de courir devant ses partisans. Sa ville natale de Toowoomba, dans l’État du Queensland, n’était qu’à deux heures de route de la piste de Gold Coast.

Power a été couronné champion de la série IndyCar en 2014 et il a remporté 34 courses en carrière, mais il est plus connu en Amérique du Nord. Il espère que cela changera après la victoire la plus prestigieuse de sa carrière. «C’est très spécial d’être le premier Australien à gagner les 500 milles d’Indianapolis. Peut-être qu’on me reconnaîtra davantage maintenant. Je ne crois pas que beaucoup de gens savent qui je suis là-bas», a-t-il avoué.

Des similitudes

Ils ont beau conduire dans des championnats différents, il y a néanmoins beaucoup de similitudes entre Ricciardo et Power, comme en témoignent leurs façons très spéciales de célébrer leur victoire.

Devant des membres de la famille princière de Monaco, Riccciardo y est allé de son fameux «Shoey», buvant le champagne de la victoire dans son soulier de pilote. Plus tard, toujours en combinaison de course, il a plongé tête première dans une piscine lors d’une fête de l’équipe Red Bull.

Pour ne pas être en reste, Power a célébré sa victoire tant attendue à Indianapolis en hurlant quelques jurons dans la radio de son équipe. Puis, dans l’aire du vainqueur, la tradition de la course s’est poursuivie lorsqu’on lui a tendu une bouteille de lait. Il en a bu une gorgée, puis il a versé le reste sur sa tête et sur celles de ses équipiers.

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RICCIARDO FAIT MONTER LES ENCHÈRES

Quelques heures avant que Will Power ne l'emporte à Indianapolis, Daniel Ricciardo triomphait au Grand Prix de Formule 1 de Monaco.

MONACO — En gagnant dimanche le Grand Prix de Monaco, Daniel Ricciardo, en fin de contrat chez Red Bull, a fait monter davantage encore les enchères sur son avenir.

Ce n’est pas un hasard si l’Australien de 28 ans a parlé de «rédemption» après son premier succès monégasque. D’abord traité en variable d’ajustement, il est désormais un pitbull dans le jeu de quilles du marché des pilotes de F1 et poursuit deux objectifs : un baquet lui permettant de prétendre au titre et un salaire à huit chiffres.

Même s’il est revenu à 32 points de la tête, sa monoplace actuelle ne lui offre que peu d’espoir. Il est peu probable de le voir rester chez Red Bull, au portefeuille dégarni et qui risque de perdre à court terme son motoriste Renault, après avoir perdu son génial directeur technique Adrian Newey. Seul hic, sur le plan du marketing, primordial en F1, son image sied parfaitement à un vendeur de boissons énergétiques à base d’eau sucrée, moins à des constructeurs de voitures de luxe.

Ricciardo a démenti les rumeurs d’un pré-contrat déjà signé avec Ferrari, très intéressé par celui dont le père Giuseppe est né en Sicile et la mère Gracia a des origines calabraises. Lors de sa conférence de presse dimanche, il a d’ailleurs répondu en italien à quelques questions, démontrant une aisance plus grande que Sebastian Vettel, ce qui n’est pas compliqué.

L’Allemand de Ferrari s’accommode très bien de Kimi Raikkonen en second — anticipant une possible éviction, le Finlandais discute toutefois avec Toyota pour l’an prochain — et se souvient avoir été dominé par Ricciardo lors de leur saison commune chez Red Bull en 2014. Toutefois, s’il ne ramène pas le titre à Maranello à sa quatrième saison, il aura peu voix au chapitre.

De plus, Liberty Media prévoyant pour 2021 une réduction drastique des budgets, Ricciardo fait aussi figure de très bonne affaire comparé aux rémunérations de Lewis Hamilton (Mercedes) et de Vettel, qui avoisinent 68 millions $CAN par année.