Le ring de l’Empire Académie a été transformé en mémorial avec des souvenirs de David Whittom, vendredi.

Un dernier hommage à David Whittom

L’hommage à David Whittom tenu vendredi soir, à l’Empire Académie, a permis d’un peu mieux cerner ce personnage complexe. Ceux qui l’aimaient ne se sont pas gênés pour dire qu’ils l’avaient aussi détesté, par moments.

«C’était comme de l’amour-haine. Tu ne l’aimais pas, mais dans le fond tu l’aimais. Il me tombait sur les nerfs, des fois!» a déclaré son ami Éric Martel-Bahoéli, nouveau retraité de la boxe, taisant certaines anecdotes que «je ne peux pas raconter».

L’invitation de l’ancien entraîneur de Whittom, François Duguay, a permis de combler une forme de vide, plusieurs des visiteurs n’ayant pas pu assister aux funérailles du Sweet Punisher, le 26 mars à Fredericton. 

Vendredi soir, le ring du club de l’avenue Nérée-Tremblay a été transformé en mémorial. Duguay y a placé des souvenirs de Whittom : ceinture, bermudas, trophée et photos. Plusieurs personnes ont pris la parole devant l’assistance, la plupart pour raconter un mauvais coup du défunt boxeur avec le sourire.

Comme cette fois où il a fait fumer du pot pour la première fois à son tout jeune beau-frère. Ou cette autre où il s’est éclipsé en vitesse, car deux filles qu’il fréquentait en même temps discutaient non loin.

Il n’y avait pas de demi-mesures avec Whittom. Même à l’entraînement. «Quand il mettait les gants et qu’il disait : “Heille, le grand, on va y aller molo”… Ça n’arrivait pas!» a rigolé Steven Denis.

Les problèmes de consommation de Whittom sont bien documentés. Mais il avait fait un grand ménage dans sa vie, deux ans avant sa mort.

David Whittom est décédé le 16 mars dernier, à 39 ans, après avoir passé près de 10 mois à l’hôpital, lourdement paralysé. Le 27 mai 2017, au Nouveau-Brunswick, il avait été victime d’une hémorragie cérébrale après avoir été mis K.-O. dans les derniers instants de ce qui devait être son dernier combat. Un combat qu’il était en train de gagner.

Martin a aussi disputé son ultime duel, ce soir-là. Il se souvient avoir parlé avec Whittom après sa défaite. Rien alors n’indiquait que quelque chose clochait. «On parlait. Il était avec sa blonde, on se racontait quelques jokes. On se remontait le moral, parce que moi aussi je venais de subir une défaite par K.-O. On se disait que ça pourrait être pire.» Quelques heures plus tard, Martin apprenait que son ami était mal en point, à l’hôpital.

Une délivrance

Vendredi soir, Duguay est même revenu sur les circonstances entourant le combat. Sur le fait qu’il a insisté pendant deux ans pour que Whittom ne remonte pas sur le ring. Mais pour le Sweet Punisher, l’appel était trop fort. Et pour l’entraîneur, aujourd’hui, pas question d’avoir de regrets.

«Non seulement je referais la même chose, mais je le referais mieux», a lancé Duguay, qui avait été victime de certaines critiques au lendemain de l’affrontement.

Tout le monde s’entendait aussi sur une chose : dans l’état physique où Whittom reposait dans les derniers mois, la mort a été une délivrance, aussi cruelle que cette pensée puisse paraître. «Tu ne peux jamais faire le deuil d’un gars qui est dans une situation comme ça», avait dit Duguay, plus tôt dans la journée. «C’est comme s’il y avait toujours un fantôme qui planait. Tu ne peux jamais vraiment parler du gars au passé, te remémorer des souvenirs. Je pense que c’est plus facile de savoir David mort que de le savoir dans la condition où il était.»

Tard vendredi, au milieu de son club de boxe, Duguay a conclu avec ceci : «Je suis sûr que le Sweet Punisher, ce soir, il est bien content».