L’ex-Remparts Matthew Boucher a retrouvé au Nouveau-Brunswick Alexandre Goulet et Olivier Leblanc avec qui il avait fait le camp des Coyotes de Phoenix.

Un championnat universitaire pour Matthew Boucher

Il y a quelques mois, après avoir terminé son stage junior avec les Remparts de Québec, Matthew Boucher devait faire un choix déchirant entre poursuivre sa carrière au hockey professionnel ou prendre la route du hockey universitaire. Dimanche soir cependant, il ne regrettait pas du tout d’avoir choisi la seconde option après avoir soulevé la David Johnston University Cup dans l’uniforme du Varsity Red de l’Université du Nouveau-Brunswick.

L’ailier, fils de l’ex-entraîneur des Remparts Philippe Boucher, se souvient encore à quel point il hésitait quant au prochain geste à poser dans sa carrière. «Je me rappelle que j’ai été quatre jours dans une chambre d’hôtel au Colorado à tourner et retourner cette question dans ma tête», raconte l’ancien numéro 91 des Diables rouges à propos de cette période qui faisait suite au camp d’entraînement de l’Avalanche du Colorado, où il avait été invité.

Le jeune homme de 21 ans a finalement décidé de s’inscrire au baccalauréat en administration des affaires à l’Université du Nouveau-Brunswick, un établissement reconnu pour l’excellence de son équipe de hockey sur la scène nationale. «C’est sûr que ça faisait partie de mes plans de savoir qu’en allant là-bas, j’aurais une chance de gagner. Cependant, ce n’est pas parce que c’est un des meilleurs programmes au pays que c’est facile. Les gens ne se rendent pas tous compte à quel point il y a eu des efforts et du travail derrière ça», explique Boucher.

Adaptation

Après quatre saisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), une à Drummondville et trois à Québec, Boucher devait également s’adapter à un nouveau calibre de jeu.

«Un calibre beaucoup plus fort que plusieurs ne l’imaginent. C’est de niveau universitaire, alors tu peux affronter des gars de 25, 26 ou 27 ans. J’ai d’ailleurs dû traverser une période d’adaptation au début de la saison», poursuit-il. Boucher a vite retrouvé ses repères puisqu’il a terminé le calendrier régulier avec 13 buts et 16 aides en 28 matchs.

«Nous avons la chance ici d’avoir un entraîneur d’expérience, Gardiner MacDougall, qui est un motivateur incroyable et qui a remporté sept championnats canadiens en 19 saisons. Tous les joueurs savaient à quoi il s’attendait d’eux et il m’a donné un rôle offensif en partant. J’ai aussi joué en désavantage et en avantage numérique.»

Matthew Boucher a aussi revu quelques visages connus avec le Varsity Red, où s’alignent sept Québécois. «Il y a deux ou trois ans, j’avais fait le camp des Coyotes de Phoenix et on était seulement trois Québécois là-bas : Moi, Alexandre Goulet et Olivier Leblanc. On se connaissait un peu, mais sans plus. Eh bien, figure-toi que cette année, on s’est retrouvés tous les trois avec l’équipe de l’Université du Nouveau-Brunswick!»

Championnat

Pour ce qui est de l’après-saison, Matthew a toutefois dû se familiariser avec une formule qu’il n’avait pas connue par le passé. En effet, au hockey universitaire, huit équipes se qualifient pour le championnat national. Un seul match détermine l’issue de chaque ronde, ce qui donne très peu de marge de manœuvre à une équipe qui connaîtrait un passage à vide. «Dans la LHJMQ, dans un 4 de 7, si tu trébuches au premier match, tu peux te relever, mais là, tu n’as jamais de deuxième chance. C’est simple, tu joues trois games et si tu en perds une, tu t’en vas chez vous!» résume Matthew.

Après avoir battu les Ravens de Carleton 2 à 1, le Varsity Red a facilement disposé des X-Men de St. Francis Xavier par la marque de 9 à 1 avant de se frotter aux champions défendants, les Golden Bears de l’Université de l’Alberta, en grande finale.

«Ce sont les deux programmes qui ont le plus souvent participé à la finale canadienne, mais ça faisait un bon bout de temps que les deux équipes ne s’étaient pas affrontées pour la coupe. Les Golden Bears ont fait 1 à 0 tôt en première pendant qu’on passait 10 minutes à écouler des pénalités. Ce n’est pas l’idéal, mais ça nous a donné du momentum puisqu’on est incroyables en désavantage numérique. En fin de deuxième, nous avions déjà remonté la pente et nous menions 3 à 1 et en troisième, on savait ce qu’on avait à faire», raconte Matthew à propos de la victoire de 4 à 2 qui a procuré un huitième titre national au Varsity Red.

Matthew avait un chaud partisan dans les estrades alors que son père Philippe s’était payé un voyage à Lethbridge, en Alberta, pour assister aux matchs de son fils des gradins du ENMAX Centre. «Il était là et il m’a aidé à me préparer mentalement pour tout ça», termine celui qui a déjà hâte à la prochaine saison.