Tyrone Crawford augmentera sans aucun doute son bassin d'admirateurs chez les partisans des Cowboys si ses coéquipiers et lui réussissent à freiner le quart Aaron Rodgers.

Un Canadien sur le front

Le Canadien Tyrone Crawford a rejoint les Cowboys de Dallas juste à temps pour affronter le casse-tête que représente Aaron Rodgers. Le quart étoile des Packers a lancé 22 passes de touché contre aucune interception au cours de ses huit dernières rencontres.
«Ce gars-là est un animal», a déclaré Crawford aux journalistes rassemblés à Frisco, au Texas, mercredi. Les Cowboys seront les hôtes des Packers de Green Bay, dimanche (16h40), dans un match éliminatoire de la Conférence nationale.
Crawford, qui sera de retour après avoir raté les deux derniers matchs des Cowboys en raison de problèmes à l'épaule et aux ischio-jambiers, éprouve un profond respect pour le mobile quart des Packers. «Mais je crois que si on peut le garder au sein de sa pochette protectrice, on peut le rabattre. Notre couverture tiendra suffisamment longtemps pour qu'on puisse le mettre au sol», assure l'ailier défensif, qui a récolté 28 plaqués et 4 sacs cette saison.
Crawford ne croit pas que les Cowboys utiliseront un plan de match défensif bien différent de celui qui leur a permis de compiler un dossier de 13-3 cette saison et de terminer au sommet de leur conférence. «Le coordonnateur Rod Marinelli nous martèle chaque jour à propos des revirements, des sacs, des échappés et tout le reste. Nous travaillons beaucoup là-dessus. Souhaitons que nous puissions donner de nouveau des occasions à notre attaque.»
Les Cowboys comptent sur la défense la plus étanche contre la course (83,5 verges par match, 3,9 par course). Si les Packers n'ont que la 20e attaque au sol du circuit, ils ont la septième meilleure attaque aérienne. Les Cowboys ont eu plus de difficultés contre la passe, alors qu'ils ont conclu au 26e rang. C'est une mauvaise nouvelle quand vous affrontez un quart qui a terminé quatrième pour les verges (4428) et premier pour les touchés (40) cette saison.
La formation du Texas devra donc se fier à sa pression défensive et à son jeu au sol - deuxième de la ligue avec une moyenne de 149,8 verges par match - pour garder Rodgers hors du terrain. Les Cowboys se fieront donc à la sensation Ezekiel Elliott pour engranger les verges : la recrue a terminé au premier rang dans la NFL avec 1631 verges de gains au sol.
Si Elliott et le quart Dak Prescott - lui aussi une recrue - ont retenu la majeure partie de l'attention cette saison, Crawford, qui a signé une prolongation de contrat de cinq ans en 2015, croit que la défense des Cowboys a été très efficace. «Elle est tout feu tout flamme. Notre couverture est incroyable, nos secondeurs jouent du gros football et je pense que notre ligne défensive fait beaucoup mieux qu'au début de la saison. Nous devons garder le même rythme, nous assurer que nos jeunes joueurs continuent leur bon travail et fassent de gros jeux, et que nos vétérans fassent ce qu'ils ont fait depuis le jour 1.»
Duel entre le vétéran et la recrue
Aaron Rodgers a été intraitable pendant une séquence de sept victoires qui a mené les Packers de Green Bay (11-6) jusqu'à la première ronde des séries de la NFL. Même chose pour Dak Prescott, le quart recrue des Cowboys (13-3), qui a aidé Dallas à signer 11 gains d'affilée en saison régulière.
Dimanche, Rodgers évoluera dans le domicile des Cowboys (13-3) pour la première fois depuis qu'il a remporté son seul Super Bowl en carrière, le 6 février 2011. Peut-être se souviendra-t-il de son tout premier match éliminatoire, l'année précédant son plus grand triomphe, pendant qu'il surveillera son jeune rival.
«Il y a beaucoup de nervosité lors d'un premier match éliminatoire, ce fut le cas pour moi», a relaté Rodgers en parlant d'un revers de 51-45 contre les Cardinals de l'Arizona, il y a sept ans. «Je pense que j'ai été victime d'une interception dès le premier jeu. Alors oui, il faut parvenir à trouver sa zone de confort.» Le double lauréat du titre de joueur le plus utile à son équipe possède une bonne mémoire. Il a en effet trouvé sa zone de confort lors de cette défaite, complétant quatre passes de touché après avoir lancé sa seule interception de l'affrontement.
Et Prescott, qui a présenté le plus bas taux d'interceptions pour un quart recrue dans l'histoire de la NFL, sait qu'il faut effacer rapidement de son esprit les mauvais souvenirs. «Nous ne nous imposons pas trop de pression. Nous demeurons les mêmes individus que pendant la saison. Quand ce sera le temps, croyez-moi, nous serons prêts.»
Prescott et Ezekiel Elliott, meilleur porteur de ballon dans la NFL cette saison, tenteront de devenir le premier duo de recrues occupant les postes de quart et de demi offensif à gagner un match éliminatoire depuis la création du Super Bowl. «Je ne vois pas ces deux joueurs comme des recrues», a déclaré le vétéran ailier rapproché Jason Witten. «Ils ont eu beaucoup d'opportunités de se faire valoir. Ils ont montré pendant 16 matchs qui ils étaient et de quelle façon ils jouaient. Je pense qu'ils comprennent qu'ils doivent demeurer eux-mêmes.»
Match revanche
Les Packers tenteront de venger l'échec de 30-16 lors de la sixième semaine d'activités au Lambeau Field. Prescott a mené une poussée offensive de 97 verges en seulement 33 secondes à la fin de la première demie, Rodgers a été victime d'une interception et les Packers ont commis trois revirements à la suite de ballons échappés. «C'était très tôt en saison et je suis sûr qu'ils seront meilleurs, tout comme nous», a dit Elliott.
Par ailleurs, les Packers devront se débrouiller sans les services de l'ailier espacé Jordy Nelson, victime d'une blessure aux côtes dimanche dernier contre les Giants de New York. «Même quand Jordy était en uniforme, notre attaque n'était pas axée vers un seul joueur», a rappelé Rodgers. Les receveurs Randall Cobb et Davante Adams ont d'ailleurs amassé 241 verges par la passe et marqué quatre touchés lors de la victoire de 38-13 contre les Giants de New York, dimanche dernier. Associated Press