Présentement en quarantaine, Mikaël Grenier retournera en Europe pour une nouvelle séance de deux jours d’essais la semaine prochaine.
Présentement en quarantaine, Mikaël Grenier retournera en Europe pour une nouvelle séance de deux jours d’essais la semaine prochaine.

Un calendrier de course automobile presque complet pour Mikaël Grenier

Obligé de revenir au Québec après que l’écurie Emil Frey Racing ait abruptement mis fin à ses essais présaison à cause de la COVID-19, le Québécois Mikaël Grenier a enfin pu retrouver le volant de sa Lamborghini. Et bonne nouvelle, le nouveau calendrier 2020 de la série GT World Challenge Europe, qui s’amorcera à la fin du mois de juillet à Imola, comptera presque autant d’épreuves qu’il en avait avant la crise.

«On a pu recommencer à rouler», a expliqué le Québécois de retour au Québec pour quelques jours après avoir participé à des essais à Imola (Italie) la semaine dernière. «Et ç’a fait du bien. Au moment où notre troisième séance de deux jours d’essais avait été arrêtée, c’était autour du 20 mars, personne ne savait si nous aurions la chance de courir cette année parce que la situation n’était pas très encourageante. Mais on n’est plus inquiet depuis que l’on connaît le nouveau calendrier.

«C’est certain, ça fait un peu drôle d’être encore en essais présaison alors que normalement, nous aurions cinq week-end de courses de faits. Mais on est surtout heureux d’avoir recommencé.»

Présentement en quarantaine, Grenier retournera en Europe pour une nouvelle séance de deux jours d’essais la semaine prochaine. Au moment d’écrire ces lignes, il ignorait cependant sur quel circuit les essais seraient tenus.

Sécurité obligeant, Grenier a expliqué que les équipes devaient respecter certaines règles afin de se protéger des risques de contagion du coronavirus. Ainsi à cause de la présence de nombreuses personnes, les mécaniciens doivent porter des masques dans les garages. Et la température de tous les membres des équipes est prise régulièrement quand ils sont au circuit. Il est aussi possible que pendant les courses, les écuries doivent composer avec du personnel limité. «Il y a des mesures, mais rien de trop exagéré», a confirmé le pilote de Stoneham.

Un 25 heures à Spa

Retardé de deux mois, le calendrier de la série GT World Challenge Europe comptera presque autant d’épreuves qu’il en aurait eu s’il s’était amorcé en avril. Quatre fins de semaine de courses, 10 épreuves au total, sont au programme en sprint au lieu de cinq, mais deux week-end auront trois épreuves au lieu de deux. Quatre courses seront courues en endurance au lieu de cinq sauf que la course de Nürburgring durera six heures au lieu de trois. Les pilotes auront donc le même temps de piste qu’il devaient en avoir avant la crise et même plus, les 24 heures de Spa, parce qu’ils sont présentés lors de la dernière fin de semaine d’octobre, la fin de semaine lors de laquelle les Belges reculent montres et horloges d’une heure, durera exceptionnellement 25 heures.

«Ça va être assez particulier. En Belgique à cette période de l’année, les risques de pluie sont très grands. De plus, la nuit va être super longue. Et pas juste à cause de l’heure de plus que durera la course. À la fin du mois d’octobre, le jour se couche tôt et il se lève tard. On pourrait devoir rouler de nuit pendant 12 heures. Ça va donc être un challenge de plus. Mais c’est le fun de rouler la nuit.

«Au niveau pilotage, une heure de plus ça ne changera pas grand chose. Par contre, ça serait juste dommage que l’on soit en avant après 24 heures et que l’on ait un problème pendant la 25e. Une heure de plus de course dans une épreuve qui en compte déjà 24, ça peut quand même être assez difficile au niveau mécanique. Tout le monde sera dans l’inconnu. Les voitures étant tellement fiables nous n’aurons pas à les ménager au niveau du moteur, par exemple. Mais nous devrons assurément moins couper certains vibreurs afin de ne pas endommager la voiture.»

C’est avec une épreuve d’endurance de trois heures, présentée à Imola, que s’ouvrira la saison 2020 de la série GT World Challenge Europe. Une épreuve spéciale parce qu’elle sera présentée au moment où devait initialement être couru les 24 h de Spa mais aussi parce qu’il n’y aura pas de spectateurs dans les estrades. Il en sera ainsi deux semaines plus tard à Misano (Italie). L’accélération du déconfinement en Europe pourrait permettre la présence d’un nombre limité d’amateurs lors des épreuves disputées à l’automne. Tout dépendra de l’évolution de la COVID-19.

«Ça va être un feeling assez bizarre de faire des courses sans la présence de spectateurs. Ça va faire vide. Surtout à l’intérieur des équipes. Généralement, nous avons beaucoup d’invités. Les courses sont l’occasion de rencontrer les commanditaires de l’écurie. C’est une ambiance le fun. Mais parce que ce sera à huis clos, on aura même pas le droit d’avoir de la famille. Et j’imagine que la cérémonie présentée pour lancer la course, alors que nous sommes tous sur la grille de départ, sera différente parce qu’on ne voudra pas que l’on soit regroupé. Le format du week-end va donc changer. Mais dès que la course sera commencée, je ne crois pas que l’on va penser à ça.»

Questionné sur la décision de retarder la saison de la GT World Challenge l’affecterait, Grenier n’a pas caché que les premiers tours de ses essais de la semaine dernière avaient été difficiles, mais que rapidement il avait retrouvé tous ses moyens. Il a ajouté que parce qu’il n’avait pas eu accès à un gym pendant le confinement, il avait pris un peu de retard dans son entraînement physique, retard qu’il compte combler à son retour en Europe.

«Malgré tout, les essais ont super bien été. Et avec les deux autres journées en piste que nous aurons la semaine prochaine, nous aurons réussi à faire tous les essais que nous avions au programme de 2020. C’était important que nous puissions avoir toutes ces journées compte tenu que nous serons chaussés avec de nouveaux pneus, des Pirelli. Ça nous oblige à apporter des ajustements à la voiture. Je remercie donc l’équipe de ne rien avoir coupé. L’automne sera vraiment chargé, mais après ce que l’on a vécu, on ne peut vraiment se plaindre d’avoir des courses back to back