Au spikeball, quatre personnes entourent un étrange petit trampoline, s’échangeant une grosse balle jaune rebondissante.

Un buzz nommé spikeball

Vous les verrez de plus en plus souvent dans les parcs, les gymnases et les cours d’école. Quatre personnes entourant un étrange petit trampoline, s’échangeant une grosse balle jaune rebondissante. Ils jouent au spikeball, mélange de volleyball et de balle au mur pimenté d’une bonne dose de folie.

Le Soleil a rencontré certains des meilleurs joueurs au Québec, dimanche après-midi, au parc Saint-Mathieu de Sainte-Foy. Parmi eux, le couple formé de Marie-Ève Bergeron et d’Alexandre Martel, pionniers de ce sport auquel ils s’adonnent depuis… trois ans.

Car même s’il a été inventé dans la région de Chicago à la fin des années 80, le spikeball connaît une explosion de popularité depuis peu. Aux États-Unis surtout — le sport est parfois présenté sur les ondes d’ESPN —, mais aussi au nord de la frontière. Et il semble vivre une sorte de moment charnière.

«Cet été, on n’a plus besoin de venir chercher les gens pour venir jouer dans nos événements, constate Bergeron. Les gens arrivent d’un peu partout, en ont entendu parler, se sont fait présenter le jeu par d’autres. On a atteint un certain niveau où ça grossit énormément.»

Martel et Bergeron sont responsables de Spikeball Québec, dont la page Facebook compte environ 600 membres. Ça semble peu, mais le sport se développe aussi dans les écoles, ce qui laisse croire à une recrudescence. Une base de futurs bons joueurs en gestation.

Bergeron et Martel ont découvert le spikeball grâce à un ami, initié lors d’un tournoi de ultimate (frisbee) dans l’Ouest canadien. «On a eu le coup de foudre la première fois qu’on a touché au jeu», raconte Bergeron, dont l’équipe a récemment chauffé les fesses du meilleur duo féminin au monde, des Américaines. Le coup de foudre a été tel que Martel a laissé de côté la course à pied, même s’il était un marathonien. Bergeron a dit adieu au ultimate. Martel est même devenu ambassadeur pour la compagnie Spikeball USA, ce qui lui permet de distribuer les jeux au Québec.

Depuis l’an dernier, le Circuit québécois de spikeball permet à l’élite provinciale de s’affronter au cours d’une série de tournois. L’équipe des Ratons, duo composé de Martel et de Félix-Antoine Lemerise, est d’ailleurs championne en titre de la saison 2017. Mais des plus jeunes poussent et s’améliorent. Les Ratons ont d’ailleurs fini deuxièmes du premier rendez-vous de la nouvelle campagne.

Le prochain aura d’ailleurs lieu le dimanche 17 juin, au parc de l’Anse-Tibbits, à Lévis. Une cinquantaine d’équipes — une centaine de joueurs — y sont attendues dans les catégories féminine, récréative et compétitive.

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UN SPORT AUX NOMBREUX AVANTAGES

Très divertissant et plus épuisant qu’il en a l’air, le spikeball détient quelques avantages sur plusieurs autres sports. Pas besoin de louer un terrain ou de réserver un grand espace, par exemple. Seuls sont nécessaires le filet, la balle, la présence de quatre joueurs et une surface relativement plate.

Il peut aussi se jouer sur le gazon, sur le sable ou en gymnase. Même sur la neige, si celle-ci est relativement bien tapée.

Deux équipes de deux s’affrontent. Les règles ressemblent beaucoup à celles du volleyball : maximum de trois touches par équipe, puis renvoi de la balle à l’adversaire dans l’objectif de le déjouer. Mais au lieu de traverser un filet, l’objet doit plutôt rebondir sur celui-ci. La balle ne doit toucher ni au sol ni à l’anneau du trampoline. Les manches sont généralement de 21 points; les matchs disputés au meilleur de trois manches.

Le Soleil s’est prêté au jeu. Première constatation : servir est ardu. Une ligne circulaire située à six pieds du filet marque la distance à respecter lors de la mise en jeu. Ensuite, le jeu est ouvert, les participants bougent au gré des mouvements du ballon. Prévoir la direction des coups de l’adversaire demande un bel instinct.

Deuxième constatation : même si les points sont souvent courts, ce jeu est essoufflant. Il exige des déplacements de gauche à droite, d’avant à l’arrière. Et, en ce sens, rappelle un peu le squash ou le badminton.

«C’est un jeu qui est facile à comprendre, explique Marie-Ève Bergeron. Rapidement, on peut s’améliorer. Même des joueurs qui n’ont pas un gros background de sportif réussissent à bien s’en sortir et à avoir du plaisir. Et à deux contre deux, tous les joueurs ont un impact.